Selon le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, il sera impossible de vérifier si un policier a consommé du cannabis pendant ses congés.

Les policiers lévisiens pourront fumer du pot en dehors du travail

La Ville de Lévis n’interdira pas à ses employés, y compris les policiers, de consommer du cannabis en dehors des heures de travail. Par contre, au travail, cela sera formellement interdit. La Ville se réserve le droit de procéder à un test de dépistage ou à une fouille si elle soupçonne un employé de consommer pendant ses heures de travail.

Contrairement au Service de police de la Ville de Québec qui a demandé à ses policiers de s’engager moralement à ne jamais consommer du cannabis, même pendant un congé, le maire de Lévis n’ira pas aussi loin.

«Si une personne a consommé du cannabis en venant dans le milieu de travail, c’est comme quelqu’un qui va dîner au restaurant et qui prend une bière le midi, on n’intervient pas là-dessus», a souligné Gilles Lehouillier, qui en a fait l’annonce, mardi soir, lors du dépôt de la Politique sur la consommation d’alcool, médicaments et autres drogues incluant le cannabis, à la séance du conseil de la Ville de Lévis.

Selon M. Lehouillier, il sera impossible de vérifier si un policier a consommé du cannabis pendant ses congés. «Essayer d’imaginer que vous allez contrôler les gens dans leur vie privée, il y a comme quelque chose qui sonne faux pour nous», a insisté le maire de Lévis, qui n’a pas reçu une telle recommandation de son chef de police. 

«Nos policiers sont suffisamment responsables pour être sains d’esprit lorsqu’ils vont travailler», a-t-il justifié.

La Ville de Lévis interdit déjà la consommation d’alcool sur le lieu de travail à part s’il y a une autorisation spéciale pour un événement. L’interdiction de consommer du cannabis rejoint donc la politique sur l’alcool, certains médicaments sur ordonnance et la drogue, déjà en place.

Tolérance zéro

Il sera interdit pour l’employé de consommer du cannabis à l’intérieur d’un bâtiment, un véhicule, une tente, un chapiteau, un kiosque, un parc ou toute autre installation semblable appartenant à la Ville, louée ou utilisée par la Ville, qu’elle soit érigée de façon temporaire ou permanente.

En cas de non-respect de la politique, la Ville pourrait adopter des sanctions allant jusqu’au congédiement.

L’administration aura recours aux tests de dépistage et à tout examen médical lorsqu’elle aura un motif raisonnable de croire qu’un employé a accompli ses fonctions alors que ses facultés étaient affaiblies soit par l’alcool, un médicament d’ordonnance ou de la drogue, incluant le cannabis, qu’il a été impliqué dans un accident de travail ou un incident grave ou lorsqu’un employé aux prises avec un problème de dépendance reprend le travail après un traitement visant ses dépendances. La Ville pourra procéder aussi à la fouille d’un employé ou de ses effets personnels lorsqu’elle aura un motif raisonnable de croire qu’un employé a accompli ses fonctions avec les facultés affaiblies.

La Ville est prête

À quelques jours de la légalisation du cannabis, Gilles Lehouillier a assuré que la Ville est prête à appliquer sa réglementation interdisant de consommer du cannabis dans tous les lieux publics de Lévis.

«Nos policiers sont prêts. On va immédiatement passer à l’action. Notre règlement est clair. Quand j’entends les spécialistes de la santé qui disent qu’on est trop restrictif, c’est la même affaire que l’alcool. On n’est pas plus restrictif que la consommation d’alcool. Ce n’est pas permis de consommer de l’alcool sur les trottoirs. Pourquoi on permettrait de fumer du cannabis?» a questionné M. Lehouillier.

«On est là pour protéger la santé publique de notre population. D’arriver dans des lieux publics et de fumer, ça ne marche pas. Bien sûr, on peut consommer de l’alcool dans les bars, c’est au législateur provincial de déterminer s’il permet la consommation [de cannabis] dans certains bars», a-t-il poursuivi.

Une personne intoxiquée par le cannabis dans la rue ou dans un parc recevra une amende pouvant aller jusqu’à 150 $.

Si la personne consomme dans un lieu public, la facture montera à 500 $.

Dans certains événements spéciaux, la Ville de Lévis pourrait autoriser la consommation de cannabis sous certaines conditions.

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LEHOUILLIER VEUT AUGMENTER LE BUDGET POUR L'ENTRETIEN DES RUES

En prévision de son budget, la Ville de Lévis réfléchit à une opération d’envergure d’asphaltage dans ses rues. Selon le plan d’intervention en infrastructure routière de 2016, 61,7 % des rues de Lévis ont un état général de «moyen», à «bon». Le résultat est satisfaisant, mais le réseau est sur le «point d’entrer dans une phase de dégradation accélérée», d’après le rapport. «Les citoyens nous ont demandé lors de la campagne électorale l’entretien des rues et si on ne fait rien on va entrer dans une phase de dégradation accélérée. Ça peut amener un changement très fort dans les priorités qu’on va mettre de l’avant au niveau de notre programme triennal de nos immobilisations», a expliqué le maire de Lévis, Gilles Lehouillier. Il n’exclut pas une grosse opération d’asphaltage comme à Québec. «On va le regarder avec le conseil municipal, on va regarder ce qui se fait aussi dans les autres villes. On veut passer à l’action parce qu’il y a beaucoup de plaintes de gens qui nous disent que nos rues n’ont pas d’allure.» Pendant 15 ans, la Ville a mis seulement 6 millions $ par année pour l’entretien des rues et des trottoirs et pour le maire de Lévis, il est temps d’augmenter fortement le budget.