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Michel Maheu, directeur général de Maheu & Maheu, constate une stabilisation des demandes d’intervention depuis les années 2010.
Michel Maheu, directeur général de Maheu & Maheu, constate une stabilisation des demandes d’intervention depuis les années 2010.

Les plaintes reliées aux rats à leur plus bas niveau en cinq ans à Québec

Jean-Simon Gagné
Jean-Simon Gagné
Le Soleil
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À Québec, la pandémie de coronavirus ne semble pas avoir entraîné une augmentation de la population de rats. L’an dernier, le nombre de plaintes reliées au rongeur se situait même à son plus bas niveau depuis cinq ans. Résumé.

Dans plusieurs grandes villes nord-américaines, la pandémie a totalement bouleversé les habitudes des rats. La fermeture d’un grand nombre de restaurants a éliminé une source importante de nourriture, incluant les déchets. Dans les parcs, les promeneurs sont moins nombreux. Finis les gouttes de crème glacée, les miettes de sandwiches et les résidus de pique-nique en abondance.

Du coup, les rats sont devenus plus visibles parce qu’ils avaient faim. Ils prenaient davantage de risques. Ils se sont mis à se déplacer en plein jour, alors que d’habitude, ils sont plus actifs la nuit. Mais à la fin, quand la nourriture s’est faite trop rare, la population de rats a probablement fini par se contrôler elle-même. Elle s’en remet alors au cannibalisme…1

À Québec, le scénario s’est révélé très différent. «Les rats ne sont pas devenus plus visibles depuis le début de la pandémie. Les signalements [plaintes] ont même diminué», constate Geneviève Coudé-Lévesque, directrice du suivi environnemental à la Ville de Québec. En 2020, la Ville a reçu 58 plaintes reliées à des rats, contre 155 en 2019. Une fraction des quelque 350 plaintes enregistrées en 2015.2

Un rat photographié dans un parc de Québec en 2009.  

L’été dernier, à Québec, l’une des principales «interventions» de ville s’est déroulée autour de la Bibliothèque Gabrielle Roy, dans le quartier Saint-Roch. Il semble qu’une canalisation brisée permettait aux animaux de multiplier les allers et retours en surface. Ils semblaient particulièrement attirés par les graines que des passants jetaient aux oiseaux... 

Michel Maheu, directeur général de Maheu & Maheu, fait à peu près le même constat que la Ville de Québec. Après 38 ans de carrière, Michel Maheu dispose d’un certain recul. Après une hausse spectaculaire des demandes d’interventions durant les années 2000, il constate une certaine stabilisation, au cours des années 2010.

Au fil des ans, Michel Maheu estime que son boulot n’a pas changé de manière fondamentale. «Bien sûr, on voit apparaître des gadgets high-tech. Il y a même des pièges qui électrocutent les animaux, comme dans les films de science-fiction, s’amuse-t-il. Mais le travail reste le même. Pour régler le problème, il faut trouver la source, comprendre où se trouvent les animaux. Comment ils se déplacent.»3

Au passage, Michel Maheu signale qu’un certain nombre d’aménagements routiers récents pourraient poser problème, par exemple autour de l’échangeur entre l’autoroute Félix-Leclerc et l’autoroute Laurentienne. «On a créé un environnement de rêve pour les petits rongeurs. Ça peut avoir un impact pour les bâtiments commerciaux et pour les résidences dans les environs.»

M. Maheu estime qu’il faut déjà se préoccuper des souris à pattes blanches, un petit rongeur qui s’implante de plus en plus chez nous, provenance du sud. L’animal peut être porteur des larves de la tique transmettant la maladie de Lyme. 

Mais ça, c’est une autre histoire...

NOTES

1. Starving, Angry and Cannibalistic: America’s Rats are Getting Desperate Amid Coronavirus Pandemic, NBC News, 13 avril 2020.

2. Entrevue avec Mme Geneviève Coudé-Lévesque.

3. Entrevue avec M. Michel Maheu, le 31 mars 2021.