«J’aurais préféré que le dossier continue de cheminer pour que la vérité triomphe», a indiqué Gilles Lehouillier dans un communiqué.

Les plaintes pour harcèlement psychologique contre Lehouillier jugées «irrecevables»

Les trois plaintes pour harcèlement psychologique déposées contre le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, sont irrecevables, estime la CNESST.

La Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a avisé les plaignantes vendredi par lettre, invoquant le dépassement du délai de prescription.  

«Compte tenu des décisions récentes du Tribunal administratif du travail [TAT], nous ne pouvons malheureusement appliquer à votre plainte le nouveau délai de deux ans, introduit à la Loi sur les normes du travail le 12 juin 2018. Le TAT a statué récemment que ce nouveau délai de deux ans ne pouvait s’appliquer à des événements pour lesquels le droit de déposer une plainte à l’intérieur de l’ancien délai de 90 jours était déjà échu en date du 12 juin 2018», écrit la commission dans la correspondance dont Le Soleil a obtenu copie.

«Regrettable»

Plus simplement, comme les événements allégués se sont déroulés lors du premier mandat du maire entre 2013 et 2017, les plaignantes n’avaient pas droit au nouveau délai de deux ans même si elles ont déposé leur plainte à l’été 2018 après son entrée en vigueur. 

«C’est regrettable. On a tellement mis d’énergie et de temps là-dedans, confie une plaignante. On a l’impression d’être passée entre des mailles administratives.» Selon elle, une personne victime de harcèlement psychologique ne pense pas immédiatement porter plainte. Lorsqu’elle quitte un emploi, comme dans le cas présent, ses énergies sont concentrées à la recherche d’un nouveau travail plutôt que de s’engager dans des procédures administratives souvent longues et coûteuses sur le plan émotif.

Le maire déçu

«J’étais déterminé à aller au fond des choses dans ce dossier, convaincu que les plaintes étaient non fondées, farfelues et alimentées par un sentiment de vengeance, a commenté le maire Lehouillier par voie de communiqué, bien qu’il ne s’agit pas ici du motif de leur rejet. J’avais d’ailleurs donné l’instruction à mon avocat de ne pas invoquer le délai de prescription. J’aurais préféré que le dossier continue de cheminer pour que la vérité triomphe. Cet épisode a été humainement difficile et hautement injuste.»

Selon lui, il y avait une «volonté délibérée de salir sa réputation et il demeure déçu de la conclusion de ce chapitre. Reste en savoir s’il y en aura un autre.

En effet, les plaignantes ont 30 jours pour demander une révision au Tribunal administratif du travail. L’une d’elles contactée par Le Soleil songe à exercer ce droit.

Les situations alléguées dans les plaintes concernent plusieurs «altercations verbales et une altercation physique». Jointes par Le Soleil, des sources avaient confirmé que le maire était parfois «colérique» et pouvait «perdre le contrôle». Selon leurs dires, il pouvait piquer des crises au point de «déchirer des dossiers» et «crier après les gens». Une ex-employée a aussi raconté avoir travaillé dans «un climat de terreur».