Les navires ne ralentiraient pas vraiment pour protéger les baleines noires

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Une analyse de la vitesse des navires dans le détroit de Cabot montre que près des deux tiers des bateaux ne ralentissent pas pour protéger les baleines noires de l’Atlantique Nord qui migrent à travers ce secteur.

Transports Canada avait annoncé un «essai volontaire» de ralentissement des navires dans le détroit de Cabot, un secteur important pour cette espèce menacée. Or, l’organisme écologiste Oceana Canada soutient qu’entre le 19 et le 25 mai derniers, près des trois quarts des navires - 72 % - n’ont pas respecté le ralentissement volontaire à 10 noeuds. Et c’est un cargo canadien qui détiendrait le record, à 21,1 noeuds, selon Oceana Canada.

Pour l’organisme, cela démontre qu’il faut imposer des limites de vitesse obligatoires, et non pas seulement volontaires, pour ralentir ces navires.

Oceana Canada a publié une semaine de résultats de son étude en cours, qui évalue les données de navires équipés du «système d’identification automatique» et qui se déplacent à l’intérieur des zones de restriction de la vitesse.

Le détroit de Cabot, entre la pointe nord-est de la Nouvelle-Écosse et la pointe sud-ouest de l’île de Terre-Neuve, est un couloir essentiel pour les baleines noires de l’Atlantique Nord qui migrent vers le golfe du Saint-Laurent, où elles viennent se nourrir de petits crustacés pendant l’été. Transports Canada a présenté le ralentissement volontaire cette année comme l’une des nombreuses mesures visant à protéger cette espèce en danger critique d’extinction, qui ne compte plus que 400 individus sur la planète.

Kim Elmslie, directrice de la campagne à Oceana Canada pour la baleine noire, indique que son organisation demande à Ottawa de rendre obligatoire cette mesure de ralentissement dans le détroit de Cabot à compter du 1er octobre.

«Des études ont démontré qu’une limite de vitesse à 10 noeuds, en vigueur tout au long de la saison dans certains secteurs, réduit les risques de collisions avec les navires de 86 %, indique l’organisme. Les navires doivent se déplacer plus lentement à travers l’ensemble des habitats des baleines.»