C'est lors d'un samedi chaud et ensoleillé que s'est tenu le traditionnel Marché Saint-Sauveur. 
C'est lors d'un samedi chaud et ensoleillé que s'est tenu le traditionnel Marché Saint-Sauveur. 

Les marchés publics à proximité de leur communauté

Une vingtaine de petites tentes blanches, des tables remplies de fruits et de légumes locaux gorgés de soleil, tout ça à quelques pas de chez soi. Bienvenue au Marché Saint-Sauveur, qui accueillera voisins et visiteurs au parc Durocher, tous les samedis jusqu’au 19 septembre.

Maraîchers, éleveurs de bœuf ou de porc, boulangers, fleuristes ou apiculteurs discutent avec les visiteurs. Ces derniers suivent le parcours à sens unique du marché de proximité, qui en est à sa huitième édition.

En raison de la pandémie, le Marché Saint-Sauveur a dû renoncer à ses événements musicaux, ses jeux pour les enfants et son animation colorée. L’équipe du Collectif Fardoche, groupe citoyen responsable de l’événement, a toutefois décidé de se recentrer sur sa mission première qui est de «soutenir la communauté» et de la nourrir. Elainie Lepage, coordonnatrice pour le marché, explique qu’il était important pour le groupe d’être présent. Le Marché Saint-Sauveur se définit avant tout comme «un événement permettant d’unir les gens», un lieu d’échange et de partage.

L’équipe du marché, composée d’une vingtaine de bénévoles, souhaite répondre aux valeurs environnementales, locales et biologiques des petites familles qui habitent le quartier. La mixité sociale est aussi un enjeu important pour l’équipe qui vise à ce que l’événement, situé en plein cœur de Saint-Sauveur, soit à l’image de son quartier : coloré, de tous âge et de toute origine. Bref, une communauté tissée serrée malgré la distance imposée par le nouveau coronavirus.

En créant le Marché Saint-Sauveur, le Collectif Fardoche souhaitait démontrer que tout le monde pouvait «acheter des produits frais et locaux à un prix abordable». Cette année, le collectif déploie davantage cette idée en créant un partenariat avec la Concertation Saint-Sauveur qui gère le nouveau «frigo partage» du secteur. Les invendus du marché seront déposés, chaque semaine, dans le frigo communautaire afin que tous aient accès à des aliments locaux, frais ou transformés.

Le Marché public de Limoilou

Limoilou aura aussi son marché public, pour un septième été, tous les dimanches de 11h à 15h dès le 19 juillet et jusqu’au 20 septembre. Plus d’une trentaine de producteurs locaux offriront à la population le fruit de leur labeur sur la 3e Avenue, entre la 8e et la 9e Rue.

«On est un marché de proximité, marché citoyen, marché fermier», énumère d’entrée de jeu Valérie Bélanger, présidente du Marché public de Limoilou.

En raison de la pandémie, le Marché Saint-Sauveur a dû renoncer à ses événements musicaux, ses jeux pour les enfants et son animation colorée.

En plein centre-ville, dans un quartier «qui ne cesse de grandir», le Marché Limoilou souhaite avant tout reconnecter le citoyen avec le producteur. C’est pourquoi l’organisation insiste pour que ce soient les producteurs eux-mêmes qui vendent leurs récoltes. «On peut transmettre des connaissances sur l’agriculture raisonnée, sur l’agriculture écologique et respectueuse de l’environnement dans lequel on vit ou encore sur l’agriculture urbaine», explique Mme Bélanger, agronome de formation.

Sans zone d’animation, les Limoulois seront invités à suivre un parcours à sens unique ainsi qu’à respecter les mesures sanitaires habituelles. L’entrée sera contrôlée afin de limiter le nombre de personnes sur le site. Selon Mme Bélanger, le Marché Limoilou accueillait en moyenne, l’an dernier, près de 3500 visiteurs chaque dimanche.

Au Marché Limoilou, comme au Marché Saint-Sauveur, très peu de producteurs se disent inquiets de la pandémie. L’enjeu, c’est la sécheresse et la capacité des producteurs à fournir les marchés publics.

Un petit nouveau dans Saint-Roch

Afin de «démocratiser l’accès à des produits frais et locaux», le YMCA Québec, par l’entremise de son programme Du potager à l’assiette, installera un petit marché solidaire sur le parvis de l’église Saint-Roch dès la mi-juillet.

«Le marché est ouvert à tous. On souhaite sortir d’un modèle où c’est vraiment juste de l’aide aux gens défavorisés. On souhaite qu’il n’y ait aucun stigmate associé au marché. Ça se veut un lieu de rencontre et de mixité sociale», explique Maripier Deraspe, agente de programme pour le YMCA.

Le marché solidaire achètera, auprès de fournisseurs locaux, les aliments à des prix avantageux afin de les revendre à prix modique. Mme Deraspe souligne que le but du projet est de démontrer une solidarité «tant envers les agriculteurs que les acheteurs». Aucun profit ne sera donc généré de ces transactions. Le marché affichera le prix minimal à payer selon les produits offerts et ceux qui en ont les moyens pourront devenir «membre solidaire». Ces derniers s’engageront quant à eux à payer un pourcentage minimum supplémentaire à chaque achat «pour permettre la pérennité du projet», souligne Mme Deraspe, qui souhaite, par ce projet, soulager financièrement les personnes défavorisées, principales victimes de la hausse des frais d’épicerie.

L’importance «fondamentale» des marchés publics

L’importance de l’alimentation locale et des marchés publics dans la communauté a été soulignée par plusieurs durant la crise de la COVID-19.

Jean-Nick Trudel, directeur général de l’Association des marchés publics du Québec (AMPQ), insiste sur la résilience et la flexibilité des personnes qui sont derrière les marchés publics, soit les gestionnaires : «La résilience de nos marchés, il y a plusieurs gestionnaires qui l’ont mise, cette année, carrément sur leur dos. Beaucoup de gestionnaires ont regardé leur budget et la quantité des mesures à mettre en place et se sont dit ‘‘bon ben je vais diminuer mon salaire pour acheter du Purell’’ pour faire en sorte que le milieu existe et que le public en bénéficie. Le monde bioalimentaire, c’est aussi la beauté de la flexibilité de l’économie solidaire et sociale en temps de crise. Au lieu de préserver le bilan, on préserve la mission.»

Pour M. Trudel, en réduisant la chaîne de distribution alimentaire, les marchés publics préservent cette «ligne d’amour et de partage qui fait du bien, surtout en temps de pandémie».