Dimanche, plus de 1000 personnes ont pris part à deux manifestation en après-midi et en soirée dans les rues de Québec.

Les manifs ne s'essoufflent pas

Loin de s'essouffler, les manifestations contre la hausse des droits de scolarité et la loi 78 prennent de l'ampleur à Québec. Dimanche, ils étaient plus de 1000 à prendre part à deux manifestations en après-midi et en soirée. Les deux groupes ont bien collaboré avec la police de Québec, qui aimerait cependant pouvoir faire affaire avec des porte-parole bien identifiés.
«Les policiers ont été très respectueux et nous ont dit qu'ils n'appliqueraient pas la loi 78. Ils nous ont dit qu'ils aimaient les gros trajets qui se poursuivaient jusqu'à 23h30 ou minuit, comme ça les gens sortent graduellement de la marche pour faire autre chose», explique Duane Boisclair, un ex-étudiant qui s'est entretenu avec un lieutenant de la police de Québec en soirée hier.
M. Boisclair précise toutefois que les policiers lui ont affirmé qu'ils aimeraient pouvoir traiter avec des porte-parole neutres et bien identifiés avant les manifestations. «Le problème, c'est que personne ne veut prendre le lead, à cause des amendes, oui, mais aussi parce qu'on préfère maintenir l'égalité entre les manifestants.»
D'autre part, le fait que les deux dernières manifestations nocturnes aient attiré près de 1000 marcheurs n'a pas été sans créer certains problèmes logistiques lorsque vient le temps de voter afin de déterminer si le trajet de la marche doit ou non être remis aux forces de l'ordre.
«Demain [aujourd'hui], on aura un meilleur système de son qui nous aidera lors des votes», assure M. Boisclair, qui devait se débrouiller avec un porte-voix qui ne portait justement pas suffisamment avec la foule nombreuse et bruyante.
Le trajet a encore une fois été remis aux policiers hier soir, une option qui était favorisée par une majorité de participants, et la manifestation s'est déroulée dans le calme.
Carrés noirs
La marche d'hier soir a également vu apparaître quelques manifestants qui portaient non pas le carré rouge, mais bien le carré noir.
«Le carré noir, c'est contre la loi 78 adoptée par le gouvernement Charest. C'est pour ça que je suis là ce soir. Aujourd'hui, je ne me mêle pas d'autre chose», déclare Olivier, dont la conjointe Maritchou et la fillette Sophie, quatre mois, portaient toutefois le carré rouge des opposants à la hausse des droits de scolarité.
En après-midi, quelques centaines de personnes s'étaient donné rendez-vous au jardin de Saint-Roch et ont marché en basse ville et en haute ville, escortées par la police. «Pas de passe croche et on suit bien l'itinéraire?», a simplement demandé une policière à l'organisateur, l'enseignant Félix Maranda-Castonguay, avant de lui donner le feu vert.
Gabriel Marcoux-Chabot, alias Banane Rebelle, était de retour à la marche de jour, au grand plaisir des manifestants qui étaient fort heureux de se faire photographier avec lui. «Me faire photographier constitue une bonne partie de mon "travail", car quand on me voit, on voit le ridicule de la position du gouvernement», indique-t-il.