Le Caucus des maires des grandes villes était à Ottawa jeudi pour un blitz de rencontres avec des ministres.

Les maires des grandes villes veulent l’argent du fédéral dès maintenant

Les maires des grandes villes canadiennes ne souhaitent pas tant qu’Ottawa mette plus d’argent dans le logement social: ils aimeraient surtout que les sommes promises soient allongées plus rapidement.

Les libéraux ont dévoilé l’an dernier un plan pour le logement social qui prévoit des investissements de milliards de dollars du fédéral, et des sommes à l’avenant aux provinces et aux municipalités. Mais la plus grande partie de ces sommes ne sera pas versée avant des années. Ce plan prévoyait notamment la construction de 100 000 unités de logement abordable, et la rénovation de 240 000 autres.

Le maire d’Edmonton, Don Iveson, président du Caucus des maires des grandes villes, a indiqué que le message avait été relayé jeudi au ministre des Finances, Bill Morneau: resserrez les cordons de la bourse fédérale pour que les subventions à la rénovation soient au moins versées au cours de la prochaine année financière, en attendant que l’on s’entende sur la construction des logements neufs.

Des retards existent déjà entre le début des travaux de rénovation et le versement des subsides fédéraux, parce qu’Ottawa rembourse les provinces et les municipalités à la réception des factures. Les municipalités craignent que les retards dans les travaux de rénovation ne jettent à la rue des milliers de familles.

«Nous pouvons dès cette année refaire le toit, les fenêtres et l’isolation ou remplacer les chaudières dans des immeubles vieillissants, tout en créant des emplois et en maintenant ces unités dans le parc immobilier», a estimé le maire Iveson dans un point de presse en mi-journée. 

«Certaines unités [...] ne sont pas habitables actuellement parce qu’on a trop tardé, et on aimerait bien les remettre à la disposition des Canadiens qui en ont besoin - et créer des emplois - dès maintenant, pas dans un an ou deux.»

Le ministre de l’Infrastructure, Amarjeet Sohi, a assuré que son gouvernement souhaitait trouver, avec les municipalités, une solution à ce problème.

Valérie Plante et la ligne bleue

Par ailleurs, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a profité de cette visite à Ottawa, jeudi, pour faire le point sur les investissements dans le transport collectif, lors d’un déjeuner avec le ministre Sohi. Elle a plus tard indiqué que le dossier du prolongement de la ligne bleue du métro suivait son cours, et que «le momentum est vraiment là».

«Surtout que le ministre (provincial des Transports) André Fortin va présenter sa stratégie de mobilité durable (en avril). Les astres sont alignés, je n’ai pas de date précise, mais on y travaille», a-t-elle dit.

Le ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports doit annoncer la politique de mobilité durable du gouvernement du Québec «d’ici le début d’avril 2018».

Le Caucus des maires des grandes villes était à Ottawa jeudi pour un blitz de rencontres avec des ministres - Finances, Infrastructure, Santé, Développement social -, en prévision du prochain budget fédéral, qui sera déposé le 27 février. 

Et pour la première fois depuis des années, les municipalités ne demandaient pas plus d’argent d’Ottawa - elles savent déjà que le gouvernement fédéral leur versera 180 milliards $ sur 10 ans pour les infrastructures. Elles veulent seulement que cet argent soit versé plus vite que lors de la première phase du programme d’infrastructures.

La première série de subventions du programme libéral d’infrastructure en eau et en transport collectif devait être versée d’ici la fin de mars: les libéraux repoussent maintenant l’échéancier à 2020. 

Les gouvernements fédéral et provinciaux soutiennent qu’ils ont tiré des leçons de cette première phase: les libéraux souhaitent conclure d’ici le 31 mars des ententes de financement pour la prochaine phase de subventions, qui promet 33 milliards $. Le ministre Sohi a réitéré jeudi cet objectif du 31 mars.

Les provinces demandent surtout à Ottawa de les laisser utiliser ces sommes pour des projets déjà planifiés, pas seulement pour de nouveaux projets. Les municipalités, quant à elles, souhaitent qu’Ottawa convainque les provinces d’augmenter leur part dans le financement total des projets - par exemple 40% du fédéral, 40% des provinces et 20 pour cent des municipalités. La formule de financement traditionnelle est plutôt «un tiers chacun».