Les locaux de La Station défoncés par une voiture: les employés plus soudés que jamais [VIDÉO]

Voilà un mois qu’une voiture a défoncé les fenêtres des locaux de La Station sur le boulevard Charest. Depuis, les employés, plus soudés que jamais, pensent reconstruction. Au travers des pertes matérielles, de la relocalisation et des blessures physiques et psychologiques, les travailleurs souhaitent aller de l’avant et mettre ce terrible événement derrière eux.

«Un travailleur a eu une opération à la jambe pas plus tard que la semaine passée, une autre a dû réintégrer l’hôpital pour d’autres complications. Mais la majeure partie va bien. Ça prend du temps pour se relever de ça», indique le directeur général de La Station et du Fonds d’emprunt Québec, Aina Rakotoarinivo.

Les dirigeants ont été à la recherche de solutions dès les premières heures après l’accident. Ils ont tenté du mieux qu’ils ont pu de relocaliser tous les travailleurs. Toutes les personnes impliquées restent toutefois vigilantes, le côté psychologique n’est pas à négliger. 

«Il y a eu des rencontres de groupe qui ont été faites, ça permet aux gens d’évacuer l’émotion liée à l’accident. Il y a des gens plus touchés que d’autres. Il se pourrait que le choc post-traumatique ressurgisse plus tard, peut-être au retour à La Station dans quelques mois», ajoute M. Rakotoarinivo.

Des réactions fortes au bruit et l’angoisse liée à la grande vitesse des automobiles sont deux exemples de comportements qui habitent certaines personnes depuis le 22 mai. Tous travaillent au retour à la normale, à leur vitesse.

Campagne de financement

En date de mardi, la campagne de financement, lancée le 31 mai dernier, avait atteint 67 % de son objectif fixé à 30 000 $. Celle-ci prendra fin lundi prochain. La campagne est pilotée par La Ruche, La Station et Umaneo, en collaboration avec le Fonds d’emprunt.

«On est une plateforme qui permet de financer un rêve ou de se relever d’un drame comme dans ce cas-ci. C’est surprenant de voir la grande vague d’amour qu’on reçoit. Oui, avec la campagne, mais aussi avec tous les services qu’on nous offre, par l’entraide entre les gens. C’est un super scénario», illustre Jean-Sébastien Noël, cofondateur et président de La Ruche. 

Le montant souhaité ne servira pas à rebâtir les locaux, les assurances se chargeront de ce problème. Il servira plutôt à rembourser les entrepreneurs qui ont perdu de l’équipement important dans l’accident, ils pourront alors se remettre sur pieds. La majorité des biens matériels sont des appareils électroniques, brisés entre autres par les gicleurs déclenchés par l’incendie. 

«Des nuances dans le drame»

Depuis un mois, M. Noël a beaucoup côtoyé les travailleurs de La Station.

«Je n’étais pas là lors de l’accident, je le vis différemment. C’est surprenant de voir la solidarité entre les gens, dès la seconde après le drame. Et de voir les personnes les plus maganées s’en sortir sans rancœur. On voit aussi ce que peut être le choc post-traumatique, tout le monde le vit à leur manière. Ça ajoute des nuances dans le drame. Ce qui semble laisser beaucoup de traces c’est que quelque chose comme ça ne devait pas arriver, et c’est arrivé sous leurs yeux. Il faut reconstruire cette confiance-là envers la vie», exprime le président de La Ruche.

Pour ce qui est des circonstances de l’accident ou de la possible culpabilité des automobilistes, M. Noël et ses collègues n’ont aucune nouvelle, mais ça ne semble pas les déranger. 

«Les policiers ont classé ça comme un accident, que ce n’était pas volontaire. Le reste, on se concentre sur ce qu’on contrôle. On n’en sait pas plus que n’importe qui. Personne n’est mort. On regarde en avant et la campagne est un premier pas pour se reconstruire».

Les entrepreneurs et les ambassadeurs de La Ruche continueront de se mobiliser cette semaine afin d’atteindre leur objectif et rembourser tout le monde.