Le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, Ghislain Picard

Les leaders autochtones inquiets face à la légalisation du cannabis

Les leaders autochtones sont inquiets des conséquences éventuelles de la légalisation du cannabis sur leurs communautés.
En entrevue avec La Presse canadienne, le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, n'a pas caché que ses membres sont extrêmement préoccupés par cette législation.
Il a fait valoir que les communautés autochtones - où la proportion de jeunes est beaucoup plus importante que n'importe où ailleurs au Québec - sont déjà aux prises avec un problème de surconsommation de drogue.
Le leader autochtone craint notamment que la légalisation ait non seulement un effet d'entraînement sur les autres drogues illicites, mais aussi sur l'équilibre du tissu social déjà fragile.
Il estime que la légalisation de la marijuana viendra ajouter au fardeau existant en matière de contrôle des stupéfiants et d'intervention sociale.
Ghislain Picard note que les communautés doivent intervenir avec des policiers sous-payés et sous-outillés.
Expulsions de trafiquants
La décision récente de certaines communautés autochtones d'expulser des trafiquants de drogue n'est d'ailleurs pas étrangère à cette situation et il n'écarte pas la possibilité de voir d'autres communautés suivre le même chemin.
Par ailleurs, M. Picard se dit inquiet face à des intérêts provenant de l'extérieur des communautés qui pourraient voir dans la légalisation du cannabis une occasion «un peu trop facile, notamment pour des raisons fiscales» de chercher à s'établir à l'intérieur des réserves.
La question de la légalisation du cannabis est au menu de la prochaine assemblée générale de la Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador, le 13 juillet prochain à Québec.