Dans la région du Queensland, en Australie, la population de koala a diminué de 80% entre 1996 et 2014 et la chlamydia serait en partie responsable.
Dans la région du Queensland, en Australie, la population de koala a diminué de 80% entre 1996 et 2014 et la chlamydia serait en partie responsable.

Les koalas, des alliés contre la chlamydia?

Agence Science-Presse
Bien que les humains et les koalas aient peu en commun, ils partagent un même ennemi : la chlamydia. Les progrès réalisés dans la lutte contre cette maladie chez le petit marsupial pourraient contribuer au développement d’un vaccin chez l’humain, selon le New York Times.

La chlamydia est en effet un problème préoccupant pour les koalas, en Australie. Dans la région du Queensland, la population a diminué de 80 % entre 1996 et 2014 et la chlamydia serait en partie responsable. Selon le gouvernement de cette province, la maladie aurait rendu plus de la moitié des femelles infertiles et environ 20 % des animaux touchés auraient dû être euthanasiés en raison de la sévérité des symptômes.

Des antibiotiques existent pour traiter les koalas, mais les effets secondaires sont importants. Ces médicaments détruisent la flore intestinale des animaux qui en ont pourtant absolument besoin pour digérer efficacement leur principal aliment, l’eucalyptus. Ils développent alors de graves complications gastro-intestinales. De plus, même si le koala guérit, une étude démontrait l’an dernier que la protection contre la maladie était de courte durée, c’est-à-dire moins de 6 mois.

Un chercheur australien, Peter Timms, mise donc sur le développement d’un vaccin pour stopper la propagation de la maladie. Plusieurs essais ont d’ailleurs produit des résultats prometteurs. Le scientifique en est maintenant à l’étape de tester le traitement sur des koalas vivant dans la nature et espère convaincre les gouvernements de mettre en place une campagne de vaccination massive.

Un vaccin chez l’humain?

Quant à l’humain, les experts estiment que la chlamydia est l’infection transmissible sexuellement la plus courante, avec 131 millions de nouveaux cas chaque année à travers le monde. Au Québec, l’Institut national de santé publique a recensé plus de 26 000 cas en 2017. Les jeunes seraient particulièrement touchés: 67 % des cas chez les femmes et 44 % chez les hommes ont été diagnostiqués parmi les 15 à 24 ans.

Cette forte proportion des infections chez les jeunes adultes entraîne des conséquences importantes. Par exemple, certaines jeunes femmes peuvent souffrir une infection chronique, les rendant éventuellement infertiles. 

Un groupe international de scientifiques travaille d’ailleurs au développement d’un vaccin grâce à une subvention de 10,7 millions $ octroyée par les Instituts américains de la santé (NIH). Par ailleurs, en 2019, des chercheurs danois et britanniques rapportaient dans The Lancet avoir obtenu des résultats encourageants lors des premiers essais cliniques chez l’humain d’un vaccin contre la chlamydia.

Selon Peter Timms, les recherches effectuées sur le koala en feraient un modèle pour la suite des études cliniques chez l’humain, parce que la progression de la maladie chez le marsupial et chez l’humain serait très similaire. 

Lien vers l'article du New York Times