En grève depuis le 24 mai, les membres de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement ont mis fin à leur débrayage pour au moins deux semaines, le temps de consulter ses membres sur la dernière offre gouvernementale.

Les ingénieurs préparent une contre-offre pour «bonifier» celle de l'État

La plus récente offre du Conseil du trésor aux ingénieurs de l'État est insatisfaisante, juge l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ). L'exécutif et le comité de négociation entendent réfléchir cette fin de semaine en vue de soumettre dès lundi une contre-offre pour «bonifier» l'offre gouvernementale.
Dans une note envoyée aux 1400 membres de l'APIGQ, le comité de négociation écrit que «le Conseil des représentants de section a siégé hier [jeudi] suite au dépôt patronal. Le Comité est unanime, les offres ne sont pas à la hauteur de nos attentes et elles ont été refusées sous leurs formes actuelles. Le Comité a décidé de maintenir la grève, toutefois, celle-ci pourrait être reconsidérée advenant une meilleure offre.»
Le comité exécutif et celui de négociation de l'APIGQ se pencheront au courant de la fin de semaine sur l'offre du gouvernement qui comprend une légère hausse salariale sur quelques années. «On a des devoirs à faire. C'est pas beaucoup, mais on regarde ça», s'est limité à dire le président de l'APIGQ, Marc-André Martin, vendredi. Il a refusé de fournir plus de commentaires sur l'offre du gouvernement, rappelant que l'association entend revenir à la charge en début de semaine prochaine.
Le président du Conseil du trésor, Pierre Moreau, a lui aussi refusé d'émettre un commentaire sur le déroulement des négociations. Son attachée de presse, Catherine Poulin, a toutefois spécifié qu'on «devait profiter de la fenêtre d'opportunité qui est ouverte pour négocier», mais que celle-ci «rétrécissait» au fur et à mesure que la grève se poursuit.
Membres exaspérés 
Vendredi, la note présentant les grandes lignes de l'offre gouvernementale a été «coulée dans les médias» fort probablement pas un membre exaspéré par le déroulement de la grève, croit M. Martin. «Le monde est en sacrement! Je n'ai même pas besoin de motiver mes troupes», a-t-il tonné. 
La Presse rapportait vendredi que le salaire annuel des patrons dans les sociétés d'État varie entre 400 000 $ et 500 000 $. Appelé à réagir aux propos du président du Conseil du trésor, qui soutient que le talent des hauts fonctionnaires de l'État justifierait des émoluments «bien plus importants» dans le secteur privé, M. Martin reproche au ministre de reprendre le discours des ingénieurs. Ces derniers plaident les mêmes arguments pour justifier une hausse de leur rémunération. 
«Lui, il peut utiliser cet argumentaire quand ça fait son affaire, mais quand ça fait pas son affaire, il peut dire que ce n'est pas la même chose. On veut un peu plus de cohérence de la part de M. Moreau», a rétorqué M. Martin, en référence aux différences salariales entre les employés de l'État. 
Selon le président de l'APIGQ, un des trois ingénieurs à la direction générale des structures au ministère des Transports a quitté ses fonctions il y a deux semaines pour accepter un emploi à Hydro-Québec. À travail égal, cette ingénieure y toucherait un salaire plus alléchant qu'au MTQ, plaide-t-il pour appuyer l'argument de la rémunération concurrentielle. 
Rappelons que les ingénieurs de l'État sont en grève depuis le 24 mai.
***
Détails de l'offre salariale
• 2015: 0 % + forfaitaire de 500 $
• 2016: 1,5 %
• 2017: 1,75 %
• 2018: 2,0 %
• 2019: bonification des derniers échelons + forfaitaire 250 $
Bonification des derniers échelons pour 2019
• Échelon 10: 0,95 %
• Échelon 11: 1,9 %
• Échelon 12: 2,87 %
• Échelon 13: 3,85 %
• Échelon 14: 4,83 %
***
Un chantier paralysé
Le chantier du parc éolien Nicolas-Riou, situé dans la MRC Les Basques en Gaspésie, devrait cesser ses activités dès lundi prochain en raison de la grève des ingénieurs, a indiqué l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) dans une note envoyée vendredi à ses 1400 membres. Le projet de 500 millions $ et de 68 éoliennes tomberait au neutre parce que les ingénieurs au ministère des Transports chargés d'émettre aux camions des permis pour circuler avec des charges hors normes sur les routes sont en grève. Des retards dans la gestion des demandes de permis auraient été constatés avant même le déclenchement de la grève. «Le Ministère était au courant de la situation avant la grève», a souligné Marc-André Martin, président de l'APIGQ. Ces retards sont dus à une révision du processus d'émission des permis, a-t-il précisé. Il défend que l'arrêt de travail des ingénieurs risque d'engendrer des délais plus long dans le traitement des demandes de permis, ce qui pourrait causer des retards sur plusieurs chantiers au Québec.