Selon les statistiques fournies aux visiteurs, mercredi, tous les jours 76 Québécois commettent une tentative de suicide, et trois Québécois s’enlèvent la vie. Les trois quarts sont des hommes.

Les hommes «matures» toujours plus à risque d’en finir

Même s’ils s’ouvrent de plus en plus, les hommes de 35 à 60 ans demeurent réfractaires lorsque vient le temps de demander de l’aide. Ils sont toujours les plus susceptibles d’en finir abruptement avec la vie, constate le Centre de prévention du suicide de Québec.

C’était porte ouverte, mercredi, dans les bureaux de l’organisation sur la 1re Avenue. Une occasion de fêter 40 ans d’intervention et de sensibilisation. Aussi un prétexte pour mettre en lumière les services offerts.

Car toutes les âmes en crise ne pensent pas à appeler. Ou ne veulent pas.

Le Centre enregistre tout de même plus de 22 000 contacts téléphoniques par année; parfois jusqu’à 26 000. Et offre un suivi clinique — entre une et dix rencontres avec des professionnels — à entre 800 et 1000 personnes suicidaires ou qui ont perdu un proche par suicide.

Sauf qu’il y a ces hommes «matures» qui forment toujours le bloc le plus difficile à percer, le plus susceptible de passer à l’acte sans appeler à l’aide. 

Selon les statistiques fournies aux visiteurs, mercredi, tous les jours 76 Québécois commettent une tentative de suicide, et trois Québécois s’enlèvent la vie. Les trois quarts sont des hommes. 

Pour essayer de les atteindre, différents outils ont été développés par le Centre de prévention du suicide. Notamment sur le Web, où il est possible de s’évaluer en toute confidentialité, de trouver des ressources d’aide… Parmi les sites pertinents : etmoicommentcava.com et allume.org. «Laisse faire l’orgueil, y’a des limites à ce qu’un gars peut endurer», y lit-on.

24 heures, 365 jours par année

«On peut nous rejoindre 24 heures sur 24, 7 jours sur 7», rappelle à propos la directrice générale du Centre, Lynda Poirier. «C’est quand même une équipe de près de 30 personnes spécialisées en prévention du suicide qui offrent des services directs à la population.»

Il y a la ligne téléphonique 1 866 APPELLE (1 866 277-3553). Pour les gens qui broient du noir, vivant une crise. Mais aussi pour les profs inquiets, les proches tourmentés qui ne savent pas comment aborder la question. On peut même demander à un spécialiste de contacter un frère ou un conjoint.

Il y a également le service de rencontres en tête-à-tête pour ceux qui sortent de l’hôpital après une tentative, pour ceux et celles qui vivent un deuil.

Et il y a une panoplie de formations offertes : pour devenir une sentinelle en prévention du suicide; pour les profs; pour les jeunes; pour des professionnels des services sociaux; pour faire de la sensibilisation en entreprise…

Une gamme de services qui a bien évolué depuis la fondation de l’organisme, souligne Lynda Poirier. Elle raconte : il y a un peu plus de 40 ans, un étudiant en psychologie de l’Université Laval a visité la Californie. Il y a découvert une initiative de prévention qu’il a ramenée dans ses bagages. À son retour il a créé un service d’aide pour les étudiants. Quelques mois plus tard, en 1978 toujours, le Centre de prévention du suicide de Québec est né, une première canadienne.

«Les 20 premières années, c’est des bénévoles qui travaillent au Centre. […] Maintenant, ce sont des intervenants qui sont qualifiés, spécialisés en prévention du suicide.»