Un édifice abandonné dans la ville-fantôme de Pripyat.

Les fantômes de Tchernobyl

La catastrophe nucléaire de Tchernobyl n’a pas fini de hanter le monde. Une télé-série choc de la chaine HBO bat des records d’audience. Plusieurs enquêtes viennent de revisiter le désastre. Trois décennies plus tard, le mot «Tchernobyl» résonne encore comme un avertissement.

Il est autour de minuit, le 26 avril 1986, lorsque débute un exercice de routine sur le réacteur no 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine. Le plus grave accident nucléaire de l’histoire va bientôt se produire. Récit de trois jours qui vont irradier le monde...

SAMEDI 26 AVRIL 1986

00h Une affaire de routine

Le «test» veut seulement vérifier le système de secours en cas de panne d’électricité. Le directeur, Viktor Brukhanov, n’a pas été prévenu. À quoi bon? Tout sera fini dans quelques minutes.

Sauf que dès le début, le réacteur géant ne réagit pas comme prévu. Son activité tombe proche de zéro. Pour le stabiliser, il faut retirer du noyau 203 des 211 barres de graphite qui contrôlent la réaction nucléaire.

Dans son livre «Midnight in Tchernobyl», le journaliste Adam Higginbotham compare le réacteur à un pistolet chargé dont le chien vient d’être relevé. Va-t-on oser peser sur la gâchette? (1)

1h23 «La guerre atomique est commencée»

Malgré les signes inquiétants, Anatoli Diatlov, (2) le vice-ingénieur en chef, ordonne de continuer. Fatale erreur. En l’espace de quelques secondes, le réacteur échappe à tout contrôle. À l’intérieur, la température atteint 4650 °C, un peu moins que celle qui règne à la surface du Soleil.

À 1h24, une énorme explosion secoue la centrale. Le KGB évaluera sa puissance à «au moins» quatre fois celle de la bombe larguée sur Hiroshima. Dans les bâtiments, les employés sont projetés contre les murs. Plusieurs techniciens pensent que la guerre atomique avec les États-Unis vient de commencer!

2h Une lumière bleutée… et mortelle

Les premiers pompiers dépêchés sur les lieux n’ont pas la moindre idée de ce qui les attend. Ils n’ont même pas de combinaison anti radiation. En plus, les débris de l’explosion se comportent de manière étrange. Quand on les asperge d’eau, ils brûlent davantage! 

Quelques employés s’approchent du lieu l’explosion. Ils n’en reviennent pas. Le réacteur n’existe plus! Son couvercle de 1200 tonnes a été soulevé dans les airs. Il est retombé en causant des dommages considérables.

Vision d’horreur. Dans les ruines fumantes, une immense colonne de lumière bleutée s’élève tout droit dans la nuit, à l’infini. Les experts décrivent le phénomène comme «l’ionisation radioactive de l’air». (3) La preuve que le coeur du réacteur se consume désormais à l’air libre!

En quelques secondes, les deux braves employés absorbent une dose mortelle de radiation. Dans 10 jours, ils seront morts.

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Des touristes visitent la ville-fantôme de Pripyat.

5h La vérité dans un coffre-fort

Pendant de longues heures, les principaux responsables refusent d’admettre que le réacteur est détruit. Le directeur, Viktor Brukhanov, est de ceux-là. Accouru sur les lieux, il ordonne qu’on envoie de l’eau pour refroidir un réacteur qui n’existe plus. 

Dans plusieurs secteurs fortement endommagés par l’explosion, il est clair que le niveau de radioactivité dépasse largement tout ce que les détecteurs installés sur les murs peuvent mesurer. Pas grave. Mieux vaut utiliser les chiffres les plus rassurants.

Les compteurs plus perfectionnés, capables de mesurer un niveau de radioactivité plus élevée, sont rangés dans un coffre-fort. Et il est formellement interdit de l’ouvrir sans autorisation!

12h Introuvables photocopieurs

Douze heures après l’explosion, on enregistre des niveaux de radiation alarmants à 50 kilomètres de la centrale. Mais les autorités veulent surtout éviter que la nouvelle de l’accident s’ébruite. Dès l’aube, le KGB a bouclé les environs. Les radios locales ne parlent pas de l’accident.

Dans la ville de Pripyat, où habitent les employés et leur famille, à trois kilomètres du réacteur, la vie se poursuit normalement. Le temps est radieux. Toutes les écoles et les garderies sont ouvertes. Les familles pique-niquent sur les pelouses. Seuls les appels interurbains sont coupés. C’est à peine si des gens remarquent que leur peau rougit à une vitesse étonnante.

Des employés de la sécurité civile arrivent discrètement. Comme ils n’ont pas de cartes de la ville, ils vont en consulter à la mairie. Impossible de les copier. Dans toute l’URSS, les photocopieurs sont quasiment introuvables. Le KGB craint qu’ils servent à diffuser du matériel subversif!

Pour finir, c’est une adjointe du maire qui fera des copies des cartes de la ville. À la main! (4)

14h «Je ne resterai pas longtemps»

En après-midi, les premiers bonzes du gouvernement soviétique débarquent de Moscou. Ces «Moscovites» parlent de rétablir au plus vite la production d’électricité du réacteur. Apparemment, personne n’a osé leur dire qu’il n’existe plus.

Le ministre de l’Énergie, Anatoli Mayorest, affiche une confiance comparable à celle d’un champion de la dictée débarqué au pays des analphabètes. Monsieur n’entend pas rester plus de 48 heures dans ce trou perdu. Veni, vidi, vici.

Le vice-président du Conseil des ministres, Boris Chtcherbina, n’est pas plus modeste. Il se moque de ceux qui s’inquiètent. «As-tu fait caca dans tes culottes?» demande-t-il à un ministre ukrainien. (5)

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Les vestiges de Pripyat sont devenus des attractions.

DIMANCHE 27 AVRIL 1986

2h L’œil rouge du monstre

Les tentatives pour refroidir le coeur du réacteur avec de l’eau ont échoué. Elles n’ont fait qu’inonder les sous-sols de la centrale, en générant de la vapeur radioactive. 

Certains spécialistes craignent que le noyau du réacteur s’enfonce dans les souterrains inondés. Ils estiment que le contact avec l’eau provoquerait une explosion gigantesque, capable d’emporter les trois autres réacteurs de Tchernobyl. Autant dire l’apocalypse. Plusieurs soldats devront risquer leur vie pour aller pomper le liquide maudit.

Même les envoyés de Moscou commencent à redouter le pire. Qui sait? Ils ont peut-être vu la chose qui scintille doucement, au fond des débris? On dirait le gros œil rouge d’un monstre...

10h «Chers Camarades! Ceci est une évacuation temporaire...»

Les autorités ordonnent l’évacuation des 50 000 habitants de Pripyat. Plus de 32 heures après l’accident. Jusqu’au bout, le ministère de la Santé s’y oppose, pour éviter une panique «inutile».

Vers 10 heures, les haut-parleurs installés dans chaque domicile commencent la lecture d’un étrange communiqué. L’avis commence par l’éternelle formule «Chers Camarades». Il est question d’un «accident». On suggère de n’emporter que le «strict nécessaire». Des vêtements et des provisions «pour deux ou trois jours».

Dociles, les habitants s’en vont après avoir fermé les portes et les fenêtres. Ils s’attendent à revenir dans quelques jours. Une semaine, tout au plus.

En fait, ils ne rentreront jamais chez eux.

12h Radioactivité sans frontières

Le nuage radioactif qui s’échappe du réacteur de Tchernobyl ignore les frontières. En l’espace de 24 heures, il voyage sur des milliers de kilomètres.

Dès le dimanche midi, un laboratoire du Danemark décèle un niveau de radiation élevé. Le lendemain, une centrale atomique suédoise sonne aussi l’alerte.

L’analyse des particules suggère qu’un accident catastrophique est survenu dans une centrale nucléaire civile. Mais où? En suivant les modèles des vents, les soupçons se tournent vers l’URSS. Celle-ci assure pourtant «qu’aucun incident n’est survenu sur son territoire».

La peur se répand en Europe. Dans les pharmacies, on manque de capsules d’iodure de potassium, utilisées pour protéger la glande thyroïde. En Suède, le lait des jeunes mamans est considéré radioactif!

Le secret et la haine des Soviets favorisent les pires exagérations. La presse à scandale se déchaine. «2000 morts dans l’horreur atomique», clame une manchette du Daily Mail britannique. (6)

*

Lundi 28 avril 1986

10h Les «vaches volantes» à la rescousse

Les énormes hélicoptères russes Mi-26, surnommés les «vaches volantes», entrent en scène. Ils larguent du sable et un cocktail de substances sur les ruines fumantes du réacteur. On espère «étouffer» le feu qui couve et «enfermer» les débris radioactifs.

Le temps presse. On redoute que le noyau s’enfonce jusqu’à la nappe d’eau souterraine. Il contaminerait alors tout le bassin hydrographique du fleuve Dniepr, jusqu’à la mer noire. Plus de 30 millions de personnes seraient affectées.

La ville de Pripyat est déserte. Enfin presque. Les animaux domestiques ont dû être abandonnés, parce que leur fourrure est trop radiative. Au cours de semaines suivantes, des équipes spéciales sont chargées de les abattre.

Plus de 20 000 animaux, surtout des chiens et des chats, sont liquidés dans un rayon de 30 kilomètres. Un petit nombre va pourtant survivre. Trente ans plus tard, ils gambadent autour de la centrale abandonnée, à la grande joie des touristes. Mais la plupart ne vivent pas très longtemps, à cause de la contamination des lieux. (7)

20h «Un accident a eu lieu...».

Pointée du doigt par ses voisins européens, l’URSS n’a plus le choix. À 20h00, un présentateur de Radio Moscou lit d’une voix grave un communiqué de 23 mots, révélant qu’un accident est survenu à Tchernobyl...

Pour Moscou, c’est une mini révolution. Après, rien ne sera tout à fait comme avant. Mais à quel prix? Plus de 115 000 personnes sont déplacées pour toujours. Les radiations vont bientôt provoquer des milliers de cancers. Une zone de 2500 km², cinq fois grande comme l’île de Montréal, est condamnée. La pêche et la baignade sont interdites dans un rayon de 150 kilomètres autour de la centrale. 

Sur le terrain, la radiation finit par se stabiliser. Mais le nettoyage se révèle un tâche colossale. Environ 600 000 soldats, surnommés «les liquidateurs», y sont affectés. Plusieurs milliers tomberont malades. (8) Beaucoup se plaignent que les gants qu’on leur fournit sont trop lourds. Ils préfèrent transporter les débris radioactifs à main nues...

*

Épilogue

À l’été 1986, on construit un immense sarcophage de béton autour des ruines du réacteur. L’an dernier, il a été remplacé par une arche métallique. On espère seulement que les prochaines générations sauront en disposer...

Trente ans plus tard, plus de 30 000 touristes visitent les abords de l’ancienne centrale, à chaque année. Mais le bilan des victimes continue soulever les passions. Et pour cause. Il varie de 4000 à plus de 150 000 personnes, selon les évaluations! (9)

Tout suite après l’accident, les gens les plus gravement irradiés ont été transférés dans un hôpital de Moscou. Leur agonie est si horrible qu’elle sème la terreur chez les infirmières.

Le martyr de l’ouvrier Anatoli Kurguz devient un symbole. Au moment de l’explosion, le brave est parvenu à fermer une lourde porte de métal, sauvant ainsi la vie de plusieurs collègues. Hélas, durant quelques instants, il a été enveloppé de vapeur radioactive.

À son arrivée à l’hôpital, le corps de Kurguz est si radioactif qu’il devient une matière dangereuse. Il faut évacuer les pièces voisines. Après son décès, on doit même remplacer les tuiles du plancher de sa chambre, trop fortement irradiées. (10)

Les histoires de Tchernobyl finissent mal, en général.

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Notes

  • (1) Midnight in Chernobyl, The Untold Story of the World’s Greatest Nuclear Disaster, Simon Schuster, 2019.
  • (2) En 1987, il sera condamné à 10 ans de prison. Gravement irradié, il mourra d’une crise cardiaque, en 1995. 
  • (3) What Is Ionizing Radiation —Introduction, World Health Organisation, who.com
  • (4) Midnight in Chernobyl, The Untold Story of the World’s Greatest Nuclear Disaster, Simon Schuster, 2019.
  • (5) Midnight in Chernobyl, The Untold Story of the World’s Greatest Nuclear Disaster, Simon Schuster, 2019.
  • (6) Tchernobyl, 25 ans de brouillard, Le Soir, 18 avril 2011.
  • (7) Mythes et vérités de la nouvelle série Chernobyl, Business Insider, 1er juin 2019.
  • (8) La bataille de Tchernobyl, documentaire réalisé par Thomas Johnson, 94 minutes, 2006.
  • (9) Kate Brown, Manual For Survival : A Chernobyl Guide to the Future, Penguin, 2019.
  • (10) Midnight in Chernobyl, The Untold Story of the World’s Greatest Nuclear Disaster, Simon Schuster, 2019.
Une scène de la série Tchernobyl de HBO.

L’URSS, pays en détresse

En 1986, l’Union soviétique ressemble à l’homme qui vient de se jeter du 70e étage d’un gratte-ciel. Il tombe, il tombe, mais il ne réalise pas la gravité de la situation. Rendu à la hauteur du 35e étage, il prend même la peine de rassurer des gens terrifiés qui le regardent, depuis un balcon.
— Jusqu’ici tout va bien!

Défense de sourire. En URSS, le mensonge et le secret empoisonnent toute la société. Du haut jusqu’en bas. Les statistiques officielles ne veulent plus rien dire. Sur le papier, la production des usines fracasse des records, mais il faut attendre dix ans pour avoir une voiture. Même chose pour un logement.

Le mensonge est si complet, que le KGB doit utiliser ses satellites espions pour avoir une idée réaliste des récoltes de coton en Ouzbékistan! 

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Une photo de la centrale de Tchernobyl prise par hélicoptère le 27 mai 1986, au lendemain de la terrible explosion.

«Une fois à tous les 10 000 ans»

Le secteur nucléaire n’échappe pas à cette dérive généralisée du pays. Ici comme ailleurs, la compétence et les sciences sont moins importantes que la loyauté. La qualité du matériel est si médiocre que toutes les pièces doivent être vérifiées et réassemblées sur place, pour éviter un désastre.

Ça ne fait rien. En janvier 1986, la revue Soviet Life, publiée par l’ambassade soviétique de Washington, consacre un reportage euphorique aux centrales nucléaires de l’URSS. On assure qu’en 30 ans, il n’y a pas eu un seul incident notable, ce qui constitue un mensonge grotesque.

En réalité, la direction des affaires atomiques sait depuis des années que les réacteurs RBMK, du type de ceux de la centrale de Tchernobyl, ont tendance à devenir instable, surtout à basse intensité. En 1975, on a frôlé la catastrophe près de Leningrad [aujourd’hui Saint-Pétersbourg].

Quoi qu’il arrive, la stratégie officielle de consiste à n’admettre «que les choses qui ne peuvent pas être camouflées», écrit la journaliste Kate Brown, dans un «manuel» de survie à Tchernobyl. (1) Le jovialiste ministre ukrainien de l’Énergie, Vitali Sklyarov, affirme même qu’un accident grave ne surviendra pas plus d’une fois «à tous les 10 000 ans». 

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Cet Ukrainien est examiné pour mesurer son taux de radiation quelques jours après la catastrophe de 1986.

Des malades imaginaires

Dans les jours qui suivent l’accident de Tchernobyl, le pouvoir soviétique réagit comme à son habitude. Il déploie le plus clair de ses énergies à cacher la vérité. Mais la pollution ne connaît pas les frontières. Bientôt, toute l’Europe détecte des niveaux important de radiation. Moscou doit avouer le désastre, du moins en partie.

Dans ses mémoires, le grand patron de l’URSS, Michael Gorbatchev, prétend qu’il a mis des jours avant d’obtenir un portrait (très) approximatif de la situation. Jusqu’au bout, Furieux, il dira que Tchernobyl lui a ouvert les yeux. Il ajoutera que l’accident l’a convaincu de lancer sa politique de Glasnost [transparence]. Avec le recul, il divisera même sa vie en deux : avant et après Tchernobyl. (2)

Reste que la transparence montre vite ses limites. Gorbatchev lui-même attend plus de trois semaines avant d’expliquer la situation à la population, dans une intervention télévisée. Un peu plus tard, le 21 mai 1986, Moscou donne des ordres bien particuliers au ministère ukrainien de la Santé, pour diagnostiquer les gens irradiés. Seuls les cas sévères doivent être reliés aux radiations. Les cas plus légers, ou ceux qui ne présentent pas encore de symptômes graves, doivent être classés comme de la «dystonie neurovégétative vasculaire». Autant dire que dans le jargon soviétique ils seront associés à des troubles nerveux mineurs, quasi imaginaires.

La faute des morts

Avec le recul, on estime que l’arrogance et la négligence de Moscou a contribué à la renaissance du nationalisme ukrainien. À cet égard, le 1er mai 1986 constitue un point tournant. Ce jour-là, Michael Gorbatchev insiste pour que la grande parade de la fête des travailleurs aient lieu dans les rues de Kiev, malgré les radiations. Les dirigeants ukrainiens sont tenus d’y assister, sous peine d’être démis de leurs fonctions. Plusieurs ne le pardonneront jamais. (3)

Et la recherche des causes de la catastrophe, dans tout cela? Très vite, l’enquête se heurte à de nombreux obstacles. Le KGB et les responsables de l’industrie nucléaire font tout ce qu’ils peuvent pour faire accuser quelques subalternes. Plusieurs sont déjà morts, ce qui parait idéal. L’important, c’est d’éviter de reconnaitre les défaillances du réacteur. Ou les mensonges de la science soviétique.

Le 27 avril 1988, le responsable de l’enquête, le chimiste Valeri Legassov, s’en va tranquillement saluer sa petite-fille, en banlieue de Moscou. Puis il rentre chez lui pour enregistrer une série de cassettes vengeresses, dont le contenu sera dévoilé quelques mois plus tard.

Legassov accuse le mensonge érigé en système. Il se scandalise que les opérateurs de Tchernobyl n’aient pas été mis au courant des défaillance du réacteur. Il prétend avoir été la cible de pressions politiques pour édulcorer les résultats de son enquête. (4)

Ce sera son testament. Le lendemain, le chimiste est retrouvé pendu. Ironie du sort, la plupart de ses objets personnels sont trop contaminés pour être remis à sa famille. Ils devront être enterrés. (5)

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Notes

  • (1) Kate Brown, Manual For Survival: A Chernobyl Guide to the Future, Penguin, 2019.
  • (2) William Taubman, Gorbatchev: His Life and Times, Norton & Company, 2017.
  • (3) Serhii Plokhy, The Gates of Europe: A History of Ukraine, 2015.
  • (4) Surviving Disaster: Chernobyl Nuclear Disaster, BBC, 2006.
  • (5) La nouvelle télésérie Chernobyl, réalisée par la chaine HBO, commence par la fin, avec le suicide de Legassov.