Les émissions polluantes des sables bitumineux seraient sous-évaluées

Les émissions de gaz à effet de serre provenant des sables bitumineux de l’Alberta pourraient être considérablement plus élevées que le laissent croire les rapports de l’industrie, révèle une nouvelle étude.

Dans un document publié mardi, des scientifiques d’Environnement Canada affirment que quatre grandes mines de sables bitumineux émettent en moyenne environ un tiers de dioxyde de carbone de plus par baril de pétrole qu’elles ne le signalent — un chiffre crucial utilisé notamment pour déterminer les niveaux d’émission nationaux et dans le calcul de la taxe sur le carbone.

L’auteur principal de l’étude, John Liggio, et ses collègues ont analysé des échantillons de surveillance de l’air prélevés lors d’une série de vols au-dessus des quatre sites, au cours d’un mois en 2013.

L’installation de Suncor Énergie dépassait de 13 % ses émissions estimées.

L’intensité des émissions des mines Horizon et Jackpine de Canadian Natural Resources était en moyenne supérieure de 37 % à celle indiquée par l’entreprise. De plus, la mine de Syncrude à Mildred Lake émettait plus de deux fois plus de gaz polluant qu’elle ne l’indiquait dans l’inventaire des rejets de polluants d’Ottawa.

«Nous trouvons une différence assez significative», a affirmé M. Liggio, dont le document est publié dans Nature Communications.

Jusqu’à présent, toutes les estimations des émissions de dioxyde de carbone provenant des sables bitumineux étaient fondées sur une combinaison de mesures au sol et de nombreuses modélisations mathématiques.

Mesures descendantes

Cette nouvelle étude est la première à utiliser des mesures réelles sur le terrain, prises lors de survols aériens, soit des mesures descendantes.

Les résultats témoignant de la sous-estimation de l’industrie rejoignent les résultats d’une étude précédente menée en Alberta, selon laquelle les émissions de méthane provenant des installations de traitement du pétrole lourd étaient bien supérieures aux prévisions. Ils sont également conformes à ceux de nombreuses autres études qui ont comparé les deux types de prises de mesures.

«Il reste encore du travail à faire», a observé M. Liggio. «Mais je dirai qu’il existe de très nombreuses études utilisant des approches descendantes qui ont également montré que les mesures descendantes sont généralement plus élevées.»

Les mesures figurant dans le document de M. Liggio comprennent les émissions provenant des bassins miniers, de traitement, de valorisation et de résidus.

L’industrie a reproché à ces mesures de survol de ne fournir qu’un instantané des émissions au lieu de données à long terme.

M. Liggio défend ses travaux, affirmant que la mesure des émissions par rapport à la production de pétrole atténue les pics soudains résultant d’une augmentation de la production.

«Nous examinons ce qu’ils émettent par rapport à ce qu’ils produisent», a-t-il expliqué.

Il a ajouté que son équipe analysait actuellement les données de survols similaires menés pour mesurer les émissions de sables bitumineux au cours de deux saisons différentes.

Situation répandue

L’industrie a eu l’occasion de commenter l’étude, a souligné M. Liggio.

«De manière générale, l’industrie a été positive et favorable. Ils veulent travailler ensemble pour découvrir les causes des divergences.»

M. Liggio a indiqué que le problème apparent dans les quatre sites analysés pourrait signaler une situation répandue dans toute l’industrie. Il ajoute que les sous-estimations apparentes ont eu lieu malgré le fait que les mines étudiées avaient recours aux protocoles de mesure stricts des Nations unies.

«Les résultats indiquent que les émissions d’ensemble [des gaz à effet de serre] peuvent être sous-estimées et suggèrent que les rapports qui suivent cette approche de niveau 3 pourraient sous-estimer de façon générale les émissions de CO2», indique le document.

Les chercheurs ne comprennent pas encore pourquoi les mesures descendantes ont tendance à être sensiblement plus élevées que les estimations ascendantes, a ajouté M. Liggio.

«Dans une installation complexe comme les sables bitumineux, il existe des centaines de sources [...]. C’est assez compliqué.»

Justice et faits divers

Une demande d’injonction pour forcer la rénovation de la Maison Pollack

L’avocat Me François Marchand intente en recours en justice pour forcer la rénovation de la Maison Pollack, laissée à l’abandon sur Grande-Allée.

La saga entourant cette demeure patrimoniale néo-baroque, sise au 1, Grande Allée Est, à l’angle de l’avenue Briand, s’étire depuis au moins sept ans.

La Maison Pollack a été construite en 1909 et dessinée par l’architecte René-Pamphile Lemay. Des hommes d’affaires prospères comme James M. McCarthy et Maurice Pollack l’ont habitée avant qu’elle ne serve d’espace à bureaux et d’appartements.

En 2011, elle est achetée par un promoteur immobilier montréalais, Stevens Coulombe, pour un peu plus d’un million de dollars.

Au fil du temps, le propriétaire a accumulé les litiges avec les inspecteurs municipaux et s’est vu imposer des amendes de plusieurs milliers de dollars pour ne pas avoir fait les travaux nécessaires au maintien de la maison patrimoniale, maintenant vacante. 

En février dernier, la Ville de Québec a envoyé un avis officiel d’expropriation au propriétaire. 

Enjeu de santé publique

Les procédures ne vont pas assez vite au goût de l’avocat Me François Marchand, qui vit à proximité et qui en a assez de voir la demeure centenaire se dégrader sous ses yeux.

Corniches en mauvais état, base des colonnes pourries, vitres cassées, galeries qui menacent de s’effondrer; les travaux sont nombreux et pressants, affirme l’avocat dans son recours en injonction déposé devant la Cour supérieure.

L’état d’insalubrité du bâtiment devient un enjeu de santé publique, plaide l’avocat. «La Ville de Québec a tous les pouvoirs pour agir, mais néglige ou omet de le faire», affirme Me Marchand.

En se basant sur la Loi sur l’aménagement et l’urbanisme, l’avocat demande donc à la Cour supérieure d’ordonner au propriétaire de la Maison Pollack de présenter une demande de permis de rénovation et d’effectuer les travaux en conformité avec les règlements municipaux. À défaut de quoi, la Ville de Québec serait autorisée à faire exécuter elle-même les travaux, aux frais du propriétaire.

Environnement

Climat : après les manifs, des jeunes intentent une action juridique contre cinq pays

NATIONS UNIES — Il n’y a pas que les manifestations ou les appels à agir contre le réchauffement à l’ONU : 16 jeunes, dont Greta Thunberg, ont annoncé lundi une nouvelle offensive, sur le terrain juridique cette fois, en dénonçant l’inaction des dirigeants comme une atteinte à la convention de l’ONU sur les droits de l’enfant.

Bien que les dirigeants du monde aient signé cette convention il y a 30 ans, par laquelle ils s’engagent à protéger la santé et les droits des enfants, «ils n’ont pas tenu leurs engagements», a déclaré l’égérie suédoise du climat, en marge du sommet sur le climat de l’ONU lors duquel elle a à nouveau dénoncé l’inaction des dirigeants face à l’urgence climatique.

La quasi-totalité des pays — USA exceptés — ont ratifié cette convention censée protéger la santé et les droits des enfants, et pourtant, «chacun de nous a vu ses droits violés et reniés. Nos avenirs sont en train d’être détruits», a ajouté Alexandria Villasenor, parfois surnommée la Greta Thunberg américaine.

Pratiquement, cette plainte inédite déposée par 16 jeunes, âgés de 8 à 17 ans et venus de 12 pays, avec l’aide du cabinet international d’avocats Hausfeld et la bénédiction de l’Unicef, vise cinq pays pollueurs — France, Allemagne, Argentine, Brésil et Turquie.

Elle s’inscrit dans le cadre d’un «protocole optionnel» méconnu de la convention: il autorise depuis 2014 des enfants à porter plainte devant le comité des droits de l’enfant de l’ONU, s’ils estiment que leurs droits sont bafoués.

Le comité est censé enquêter sur les violations présumées, puis faire des recommandations aux États visés pour y mettre fin.

Les recommandations ne sont pas contraignantes, mais les 44 pays ayant ratifié ce protocole s’engagent en principe à les respecter, a expliqué Michael Hausfeld, qui espère que des recommandations seront faites  dans les 12 mois qui viennent.

Les cinq pays visés par la plainte font partie de ces 44, figurent parmi les grands pollueurs de la planète, et sont influents au sein du club des pays riches du G20. Ce qui leur a valu d’être épinglés, plutôt que les Etats-Unis, la Chine ou l’Inde, plus gros émetteurs au monde, qui eux n’ont pas ratifié ce protocole.

De vieux pays industriels comme la France et l’Allemagne sont responsables d’une large part historique des émissions, même si aujourd’hui ils ne sont pas les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, a fait valoir le cabinet Hausfeld.

Justice et faits divers

Le décès d'un homme de 24 ans au marathon de Montréal soulève des questions

MONTRÉAL — Le décès d'un jeune participant de 24 ans au marathon de Montréal, dimanche, soulève des questions sur les délais d'intervention en cas de problèmes cardiaques.

Le bureau du coroner confirme que Patrick Neely est mort lors de l'épreuve du demi-marathon — un parcours de 21,1 km.

La porte-parole d'Urgences Santé soutient que son service a rapidement répondu à un appel pour un homme qui était en arrêt cardiorespiratoire à quelques kilomètres de la ligne d'arrivée du demi-marathon. Véronique Tremblay a déclaré que l'appel avait été reçu à 9 h 55 et que les ambulanciers paramédicaux étaient auprès de M. Neely sept minutes plus tard.

Une porte-parole du bureau du coroner a déclaré qu'une enquête serait menée sur les circonstances entourant ce décès.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a précisé qu'il ne commenterait pas ce qui est considéré comme un incident de nature médicale.

Le marathon montréalais de la série internationale «Rock'n'Roll» a connu de graves problèmes logistiques avant même le coup de départ, prévu à 7 h 10 dimanche matin — qui a été retardé de 50 minutes.

«La sécurité du parcours n'était pas assurée à l'heure prévue du départ», ont expliqué les organisateurs dans un message Facebook, dimanche matin. «L'organisation a redéployé des équipes sur les parcours pour garantir la sécurité sur tout le parcours. Notre priorité était de s'assurer que tout soit sécuritaire pour nos coureurs.»

Ce sont finalement les policiers du SPVM qui sont venus à la rescousse pour pallier ce manque de ressources de l'organisation du marathon de Montréal.

Environnement

Urgence climatique : les dirigeants sermonnés par Greta Thunberg à l'ONU

NATIONS UNIES — «Comment osez-vous !» a lancé lundi la jeune militante du climat Greta Thunberg aux dirigeants mondiaux réunis à l’ONU pour revigorer l’accord de Paris sur le climat, et appelés à abandonner les énergies fossiles pour accélérer la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Répondant à l’appel du secrétaire général des Nations unies, 66 Etats ont désormais souscrit au principe d’une neutralité carbone d’ici 2050, a annoncé l’ONU lundi matin en préambule de ce sommet inédit. Jusqu’à présent, seule une vingtaine de pays ont inscrit cet horizon dans leur loi nationale ou engagé ce processus. L’Union européenne espère arriver à un consensus entre États membres en 2020.

Le sommet précède l’Assemblée générale annuelle des Nations unies et une soixantaine de chefs d’États et de gouvernements doivent prendre la parole pour annoncer des engagements renforcés.

Le ton a été donné à l’ouverture par un discours percutant de la jeune Suédoise Greta Thunberg, qui a blâmé sans détour les dirigeants pour leur inaction.

«Je ne devrais pas être là, je devrais être à l’école, de l’autre côté de l’océan», a lancé la lycéenne en année sabbatique, la voix tremblante de colère. «Comment osez-vous? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses».

«Des écosystèmes entiers s’effondrent, nous sommes au début d’une extinction de masse, et tout ce dont vous parlez, c’est d’argent, et des contes de fées de croissance économique éternelle? Comment osez-vous!»

Surprise, le président américain Donald Trump, présent à l’ONU pour d’autres événements, est venu s’asseoir quelques minutes dans la salle, alors que les États-Unis avaient décliné de participer. Il a écouté, puis applaudi, le premier ministre indien, Narendra Modi, avant de filer vers un autre événement.

Volonté de ne pas être complètement absent du principal événement du jour ? Goût de la provocation de la part de celui qui a annoncé le retrait avec fracas des États-Unis de l’accord de Paris ? La brève visite du milliardaire républicain a suscité la perplexité.

Manifestations «sympathiques»

Outre les États-Unis, le Brésil et l’Australie ne participent pas au sommet, faute de choses à annoncer. Mais la Chine, qui dévore du charbon et émet deux fois plus de gaz à effet de serre que les États-Unis, s’exprimera par la voix de son chef de la diplomatie, Wang Yi.

L’Indien Narendra Modi, dont le pays est comme la Chine fidèle au charbon, a décrit la croissance effrénée des énergies renouvelables dans son pays.

Sans nommer Greta Thunberg, Emmanuel Macron s’est dit frappé par les discours des jeunes l’ayant précédé. «Aucun responsable ne peut rester sourd à cette exigence de justice entre les générations», a-t-il dit. «On a besoin de cette jeunesse pour nous aider à changer les choses […] et mettre plus de pression sur ceux qui ne veulent pas bouger».

Excédant le temps de parole prévu de trois minutes par leader, il a fait applaudir la Russie, qui a ratifié lundi l’accord de Paris, et répété que les dernières centrales au charbon françaises seraient fermées en 2022. Quant à l’Europe, il a appelé à ce que toutes les importations soient «zéro carbone et zéro déforestation».

Dans l’avion vers New York, le président avait jugé «sympathiques» les grandes manifestations de jeunes les vendredis, mais jugé qu’il serait plus utile de faire pression sur «ceux qu’on n’arrive pas à faire bouger»... visant par exemple la Pologne.

Zéro carbone

La neutralité carbone signifie que les pays s’engagent à réduire au maximum leurs émissions et à compenser le reliquat, par exemple en replantant des arbres, qui absorbent le carbone de l’air.

Ce but était considéré si radical en 2015 que le terme avait été exclu du texte de l’accord de Paris, mais il est en train de s’imposer, rendu plus pressant par les canicules de l’été dernier, les cyclones et les images de glaciers fondant presque à vue d’oeil.

«Il faut espérer que ce groupe de pays et d’acteurs et d’autorités locales progressistes préparent la seconde vague, pour démontrer où se trouve la modernité, où se trouve le progrès», dit à l’AFP Laurence Tubiana, l’une des architectes de l’accord de Paris.

Les cinq années passées devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, selon un rapport publié dimanche par l’ONU. La Terre est en moyenne plus chaude d’1°C qu’au XIXe siècle, et finira à au moins +3°C en 2100 dans l’état actuel des engagements.

Les promesses de lundi n’ont pas de valeur légale. Le sommet n’est qu’un «tremplin» vers la réunion COP26 de Glasgow fin 2020, quand les pays sont censés soumettre à l’ONU des engagements climatiques révisés à la hausse.

À ce jour, seuls 59 des 195 signataires de l’accord de Paris ont annoncé leur intention de le faire. Les États-Unis n’en font pas partie.

Élections 2019

Médicaments, santé mentale et médecins de famille : Trudeau promet 6 milliards $

HAMILTON — Au treizième jour de la campagne électorale fédérale, le chef libéral tente de recentrer son discours autour de Doug Ford et de l'épouvantail que l'impopulaire premier ministre ontarien peut représenter pour tous les Canadiens.

De passage à Hamilton, en Ontario, lundi matin, Justin Trudeau a promis, s'il est réélu, de dépenser six milliards $ en quatre ans pour mettre sur pied un régime national d'assurance-médicaments, améliorer l'accès aux médecins de famille et aux soins en santé mentale et en soins palliatifs. Il n'a pu toutefois prédire le coût annuel d'un régime national d'assurance-médicaments ou l'échéancier de sa mise en place.

Cette promesse libérale d'un régime d'assurance-médicaments fait suite à un engagement semblable du Nouveau Parti démocratique, qui propose de dépenser 10 milliards $ par année pour que tous les médicaments et matériels médicaux nécessaires soient gratuits sur le lieu des soins, à compter de 2020. Le NPD soutient que les Québécois, qui jouissent déjà d'un régime d'assurance-médicaments, pourraient ainsi bonifier leur «programme avant-gardiste».

Cette promesse libérale suit aussi en grande partie les recommandations d'un groupe d'experts présidé par l'ancien ministre ontarien de la Santé Eric Hoskins, qui avait tracé la voie à suivre pour mettre en place un régime national d'assurance-médicaments au cours de la prochaine décennie. Le rapport Hoskins prédisait que le démarrage d'un tel programme coûterait 3,5 milliards $ en 2022, avant de passer à 15,3 milliards $ par année une fois que le programme serait pleinement opérationnel en 2027.

M. Trudeau n'a toutefois pas précisé ces coûts ni la façon dont il espérait parvenir à un accord avec les premiers ministres des provinces, avec qui il est souvent à couteaux tirés. La livraison des soins de santé n'est pas de compétence fédérale, mais Ottawa verse des transferts aux provinces en matière de santé.

«Pour avancer sur l'assurance-médicaments de façon nationale, il va falloir qu'on continue les négociations avec les provinces, a-t-il convenu lundi. Alors, la question devient: qui voulez-vous voir négocier avec Doug Ford sur votre santé?», a lancé le chef libéral, sentant le besoin de nommer le premier ministre conservateur ontarien plus d'une dizaine de fois en 30 minutes.

Doug Ford a multiplié les coupes dans les services depuis son arrivée au pouvoir en juin 2018, ce qui lui a valu une dégringolade spectaculaire dans les mesures de satisfaction des électeurs de sa province.

Élections 2019

Scheer prend des engagements pour faciliter l'accès à la propriété

VAUGHAN, Ont. — Le chef conservateur Andrew Scheer a dévoilé lundi matin un plan qui, selon lui, rendra plus abordable l'achat d'une maison.

M. Scheer affirme qu'il autorisera de nouveau les emprunts hypothécaires sur 30 ans afin de réduire les mensualités, d'alléger ce que l'on appelle le «test de résistance» lors de la demande de prêts hypothécaires et de supprimer complètement le test lors des renouvellements d'hypothèque.

Un gouvernement conservateur mettrait également des biens immobiliers fédéraux excédentaires à la disposition des promoteurs afin d'accroître l'offre de logements et lancerait une enquête sur le blanchiment d'argent dans le secteur immobilier.

En cherchant à augmenter la durée des hypothèques disponibles, M. Scheer infirme une décision prise par le dernier gouvernement conservateur.

À partir de 2008, les conservateurs de Stephen Harper avaient commencé à réduire le taux d'amortissement maximal des prêts hypothécaires assurés, le faisant passer de 40 à 35 ans et, en 2011, à 30 ans.

En 2012, l'ancien ministre des Finances, Jim Flaherty, l'a réduit à 25 ans, affirmant que cela contribuerait à réduire les paiements d'intérêts et permettrait aux gens de rembourser leur prêt hypothécaire plus rapidement.

La décision prise à l'époque visait à réduire le fardeau croissant de la dette des Canadiens.

Selon Statistique Canada, en août, la dette hypothécaire médiane des familles canadiennes ayant contracté un emprunt hypothécaire avait presque doublé de 1999 à 2016, passant de 91 900 $ à 180 000 $ en dollars constants de 2016.

M. Scheer fait campagne lundi dans la banlieue torontoise de Vaughan et à St Catharines, en Ontario.

Élections 2019

Les publicités du Parti vert se tournent vers les nouvelles générations

Le parti vert d'Elizabeth May s'est tourné vers les enfants et la jeunesse pour sa nouvelle campagne publicitaire.

Le parti a lancé une série de publicités — en anglais et en français  — qui montrent des enfants brandissant des pancartes avec des messages incitant à la réflexion.

Dans l'un des messages, des enfants et des bébés tiennent de grandes cartes avec des mots prononcés par leurs parents au fil des ans.

Une affiche indique ainsi que si on ne joue pas bien avec les autres, on n'aura pas d'amis, et le slogan de la publicité note que si les enfants savent comment agir, les dirigeants le devraient aussi.

Le parti affirme que l'idée est de s'attendre que les dirigeants nationaux soient tenus aux mêmes comportements que l'on attend des enfants, tout en créant un lien plus positif avec les électeurs en évitant d'attaquer leurs rivaux.

Dan Turcotte, candidat vert dans la circonscription torontoise de Don Valley-Est, a écrit et dirigé la campagne, avec le soutien de Mme May. Le stratège en communication enseigne la production publicitaire au niveau collégial.

«Les gens en ont assez que les partis politiques se critiquent sans offrir de véritable solution de rechange», a expliqué M. Turcotte, dont la fille apparaît dans une publicité. «Quand j'ai essayé de déterminer comment expliquer cette frustration à mon neveu de quatre ans, cela a été un déclic.»

Dans une deuxième publicité, des adolescents avec des affiches s'adressent sarcastiquement aux leaders qui ignorent la prochaine génération.

Une dernière publicité présente Mme May et un groupe de candidats verts dans le but de dissiper la notion selon laquelle les verts sont un parti à un seul enjeu et à une seule personne.

Environnement

L'ONU déclare l'urgence climatique, les dirigeants mondiaux sous pression

NATIONS UNIES — Une soixantaine de dirigeants mondiaux sont à l’ONU lundi pour un sommet sur «l’urgence climatique» censé revigorer l’accord de Paris, pressés par une jeunesse mondiale qui réclame la fin des énergies fossiles et la réduction accélérée des émissions de gaz à effet de serre.

«L’urgence climatique est une course que nous sommes en train de perdre, mais nous pouvons la gagner», a dit le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui a aussi invité à la tribune la Suédoise Greta Thunberg, 16 ans, symbole de la jeunesse mondiale révoltée contre l’inaction des gouvernements. Elle parlera dès le début du sommet.

Le sommet a lieu à la veille de l’ouverture des débats de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU et entre deux vendredis de grandes grèves de l’école coordonnées mondialement. Antonio Guterres a demandé aux dirigeants d’annoncer des révisions à la hausse de leurs plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Selon un prébilan de l’ONU lundi matin, 66 États ont souscrit à l’objectif d’une neutralité carbone d’ici 2050. Jusqu’à présent, seule une vingtaine de pays ont inscrit cet horizon dans leur loi nationale ou engagé ce processus. L’Union européenne espère arriver à un consensus entre États membres en 2020.

Emmanuel Macron a convié avec ses homologues chilien et colombien une réunion sur l’Amazonie peu avant l’ouverture du sommet, dans laquelle de nouveaux programmes ont été annoncés pour les forêts tropicales, avec un financement d’environ 500 millions $.

Dans l’avion vers New York, le président français a jugé «sympathiques» les grandes manifestations de jeunes les vendredis, mais jugé qu’il serait plus utile de faire pression sur «ceux qu’on n’arrive pas à faire bouger»... visant par exemple la Pologne. «Moi, je bouge», a-t-il dit.

Zéro carbone

Moins de la moitié des 136 chefs d’États et de gouvernements qui viennent cette semaine à New York pour l’Assemblée générale participent au sommet climat.

À la tribune, les États-Unis seront les grands absents; Donald Trump sera dans les murs, mais s’exprimera à un événement sur la liberté de religion.

«Je ne snobe rien du tout», a-t-il dit lundi matin. «Je suis très occupé».

Le Brésil et l’Australie, dont le premier ministre conservateur était à la Maison-Blanche la semaine dernière, ne seront pas là non plus, faute de choses à annoncer. Mais la Chine, qui dévore du charbon et émet deux fois plus de gaz à effet de serre que les États-Unis, s’exprimera par la voix de son chef diplomatie, Wang Yi.

Chaque dirigeant aura trois minutes. L’Indien Narendra Modi, dont le pays est comme la Chine fidèle au charbon, mais qui installe des quantités industrielles de panneaux solaires, commencera la journée avec Angela Merkel et les dirigeantes de Nouvelle-Zélande et des Îles Marshall, dans le Pacifique.

La neutralité carbone signifie que les pays s’engagent à réduire au maximum leurs émissions et à compenser le reliquat, par exemple en replantant des arbres, qui absorbent le carbone de l’air.

Ce but était considéré si radical en 2015 que le terme avait été exclu du texte de l’accord de Paris, mais il est en train de s’imposer, rendu plus pressant par les canicules de l’été dernier, les cyclones et les images de glaciers fondant presque à vue d’oeil.

«Il faut espérer que ce groupe de pays et d’acteurs et d’autorités locales progressistes préparent la seconde vague, pour démontrer où se trouve la modernité, où se trouve le progrès», dit à l’AFP Laurence Tubiana, l’une des architectes de l’accord de Paris.

Les cinq années passées devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, selon un rapport publié dimanche par l’ONU. La Terre est en moyenne plus chaude d’1°C qu’au XIXe siècle, et le rythme va s’accélérer.

Mais les promesses de lundi n’auront pas de valeur légale. Le sommet n’est qu’un «tremplin» vers la réunion COP26 de Glasgow fin 2020, quand les pays sont censés soumettre à l’ONU des engagements révisés à la hausse de lutte contre le changement climatique.

À ce jour, seuls 59 des 195 signataires de l’accord de Paris ont annoncé leur intention de le faire. Les États-Unis n’en font pas partie.

Justice et faits divers

Accident de travail mortel chez ArcelorMittal près de Fermont

BAIE-COMEAU — Un travailleur d’ArcelorMittal, âgé dans la trentaine, est décédé dimanche soir dans un accident de travail aux installations de la minière à Mont-Wright, tout près de Fermont, sur la Côte-Nord.

Selon la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), qui dispose d’informations sommaires pour l’instant, le travailleur décédé se trouvait avec un collègue au sous-sol du département des épaississeurs, aux installations de la mine du Mont-Wright, lorsqu’ils ont été emportés par un soudain coup d’eau.

L’un des deux hommes n’a pas survécu alors que l’autre a subi des blessures dont on ignore la nature pour l’instant. La CNESST confirme toutefois que le second travailleur se trouve hors de danger.

La CNESST Côte-Nord a dépêché deux inspecteurs sur place, afin tout d’abord de sécuriser les lieux de l’accident mortel et ensuite déterminer les causes de ce drame. Plus de détails seront disponibles quand les inspecteurs auront commencé leur enquête à Fermont, qui se trouve à près de 600 kilomètres au nord de Baie-Comeau.

Les policiers de la Sûreté du Québec ont été appelés sur les lieux en premier, vers 21 h 20 dimanche soir. Ils n’ont pu que constater le décès de l’homme dans la trentaine.

Élections 2019

Sondage Mainstreet: les libéraux écorchés par le «blackface»

L’histoire du blackface de Justin Trudeau fait mal. Les libéraux ont perdu presque 3 % des intentions de vote en trois jours à travers le Canada, laissant passer les conservateurs en tête. Au Québec, par contre, l’affaire a eu peu ou pas d’impact.

C’est ce que révèle le plus récent sondage Mainstreet réalisé du 19 au 21 septembre, soit jeudi, vendredi et samedi, auprès d’un important échantillon de 2124 Canadiens adultes.

«Ce sont nos premières données où on a un échantillonnage complet sondé au moins 24 heures après la sortie publique de Justin Trudeau sur l’histoire du blackface. Et on constate que ça vient égratigner le Parti libéral», affirme le président de la firme pour le Québec, Luc Fortin.

Environnement

Dans la rue pour sauver la planète

Le 27 septembre, des milliers de personnes, principalement des étudiants, se retrouveront dans les rues pour manifester dans le cadre de la grève mondiale pour le climat. Comment tous ces jeunes se préparent pour cet événement d’envergure?

Tout a commencé au début de cette année. Le mouvement Earth Strike avait annoncé une grève mondiale pour le climat le 15 mars, et plusieurs grandes villes dans le monde, dont Montréal, ont voulu y participer.

La Capitale

100 ans et en pleine forme

Paul Reny conduit régulièrement sa voiture, il marche deux fois par jour et joue régulièrement au golf. Il est aussi équipé d’une mémoire phénoménale, il faut demander à ses proches!

M. Reny fête ses 100 ans cette année. Toute sa famille élargie et des amis ont voulu célébrer sa fête, mais aussi sa forme, au Domaine Cataraqui dimanche. Son épouse, ses frères et sœurs ainsi que ses trois enfants sont malheureusement tous décédés, il est le dernier survivant de sa famille proche. M. Reny a été le président de la Chambre de Commerce et fondateur de la première station de radio, à Chicoutimi. Il reste d’ailleurs impliqué dans l’Association des aînés de Sillery.  

Élections 2019

Prestations des anciens combattants: Scheer veut éliminer les retards

CANOE COVE, Île-du-Prince-Édouard — Le chef conservateur Andrew Scheer a promis dimanche d’appuyer les anciens combattants en créant un régime de pensions fiable et surtout, en éliminant les retards dans leurs demandes de prestations dans un délai de deux ans s’il est élu.

M. Scheer a expliqué qu’un gouvernement conservateur passerait par la voie législative pour veiller à ce que chaque vétéran soit traité avec respect et obtienne des services en temps opportun.

«À tous les vétérans qui ont connu et qui continuent de connaître des difficultés sans le soutien et les prestations qu’ils ont mérités à travers leur service, mon message est le suivant : vous avez été trahis, mais vous méritez mieux», a-t-il lancé en anglais, pendant son annonce réalisée à l’Île-du-Prince-Édouard.

Éducation

Commissions scolaires: sur un pied de guerre, la Fédération recherche l’appui des femmes

La survie des commissions scolaires telles qu’on les connaît passera-t-elle par les femmes?

C’est ce qu’espère la vice-présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Louise Lortie. En entrevue à La Presse canadienne, elle demande aux femmes de mettre tout leur poids dans la balance lorsque viendra le temps de débattre du projet de loi caquiste visant à abolir les élections scolaires et à transformer les commissions scolaires en centres de service.

Elle craint que la réforme promise par le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’entraîne des pertes d’emplois et que les femmes soient particulièrement affectées. Par ailleurs, elle considère que le pouvoir citoyen doit rester à l’ensemble de la population; les femmes doivent continuer de pouvoir voter aux élections scolaires.

«Je vois ça comme un mouvement d’appui des femmes du Québec aux femmes en politique scolaire, aux femmes qui ont atteint la parité et qui se dévouent dans ce travail-là d’être représentantes des citoyens», a déclaré Mme Lortie, qui est également présidente de la Commission scolaire de Laval.

Selon la FCSQ, la démocratie scolaire est le seul palier électif à avoir atteint la parité entre les hommes et les femmes. À l’heure actuelle au Québec, il y a 309 commissaires et 23 présidentes femmes sur 656 élus scolaires, ce qui représente une majorité de 50,61 %.

Offensive multi-volets

La fédération a lancé une véritable offensive multi-volets en vue du dépôt du projet de loi, prévu cet automne. Elle demande entre autres aux élues de l’Assemblée nationale, tous partis confondus, de l’appuyer en apposant leurs signatures au bas d’une déclaration sur l’importance de préserver la démocratie scolaire.

Déjà, une dizaine d’anciennes élues, telles que Marie Malavoy, Suzanne Tremblay, Élizabeth Larouche, Colette Roy Laroche et Josée Bouchard, ont signé cette déclaration, dont certains extraits se lisent ainsi : «Aucun recul des femmes en politique n’est acceptable. [...] Très souvent, les femmes hésitent à s’engager en politique. Les progrès réalisés à ce chapitre et l’atteinte de la parité seront grandement compromis par l’abolition de la démocratie scolaire.»

Les élus masculins préoccupés par la place des femmes en politique sont également invités à manifester leur appui. «Je vous dis, s’il le faut, je vais les appeler tous, et puis mes collègues commissaires à travers le Québec sont prêts à m’aider à mobiliser l’ensemble de la population, assure Mme Lortie. Je pense que ce mouvement-là va partir et il ne s’arrêtera pas.»

La FCSQ mise sur le fait que les Québécois en général sont désormais beaucoup plus sensibles à l’importance de la parité hommes-femmes dans les lieux de pouvoir, notamment. «La parité fait plus de sens dans la tête de tous les citoyens québécois», insiste sa vice-présidente.

Par ailleurs, l’élimination d’un droit démocratique n’a jamais fait progresser une société, fait valoir Mme Lortie, qui suggère plutôt au gouvernement de François Legault de concentrer ses efforts à améliorer la participation citoyenne lors des élections scolaires en mettant en œuvre des propositions déjà convenues, telles que le vote électronique.

Le Québec compte 72 commissions scolaires. Les élections scolaires sont en général boudées par les citoyens, le taux de participation n’atteignant même pas 5 %.

Actualités

À cheval au service à l'auto du McDo [PHOTO]

Le photographe Patrice Laroche revenait tranquillement au bureau après une assignation à Stoneham.

Quelle n’a pas été sa surprise lorsqu’il a vu un cheval dans la file d’attente du service au volant au restaurant McDonald du coin! Il a pu rapidement capturer le moment, avant que le cowboy ne reparte avec son dîner. Il faut s’éloigner du centre-ville de Québec pour assister à des moments comme celui-là. Patrice se trouvait au bon moment, au bon endroit.  

Données techniques: Nikon D4; zoom 70-200mm; ISO 400; 1/500e s; f.14

Politique

«Fake news»: démêler le vrai du faux

Comment faire pour démêler les vraies des fausses nouvelles? Ces fake news se partagent rapidement sur les réseaux sociaux et mènent à une désinformation de la population. Un nouvel outil de littératie médiatique national vient d’être lancé pour aider les internautes à s’y retrouver.

En pleine campagne électorale, cet outil arrive à point. Selon l’Autorité canadienne pour les enregistrements Internet (ACEI), 70 % des Canadiens craignent que de fausses informations n’affectent le résultat des élections. Il est aussi calculé que jusqu’à 90 % des citoyens ont, à un moment ou à un autre, déjà cru qu’un faux reportage lu en ligne en était un vrai.

«Essayer de contrer les fake news, c’est une guerre qu’on ne peut pas gagner. Si les journalistes devaient trier les fake news, ils y passeraient toute leur journée. Quand on sait ce qui s’est passé aux États-Unis, on sait qu’il y en a qui jouent avec ça en campagne électorale, c’est trop facile de faire fâcher les gens», indique Pierre-Paul Noreau, porte-parole de la campagne Vrai ou Faux en ligne et éditeur du quotidien Le Droit. 

La campagne se déploie partout au pays. Elle espère donner des compétences numériques aux citoyens. Vrai ou Faux en ligne est l’un des 20 projets de la grande initiative de Patrimoine canadien sur la citoyenneté numérique à laquelle Patrimoine canadien consacre 7 millions $. De cette somme, Médias d’Info Canada a obtenu 484 300 $ pour la campagne. L’outil consiste donc en un site Web, qui regroupe les conseils et astuces pour démêler le vrai du faux.

Quatre questions clé

«L’outil fournit quatre questions clés que les Canadiens peuvent se poser lorsqu’ils voient des nouvelles et des informations douteuses en ligne. Celui qui s’alimente de nouvelles par les médias sociaux, c’est surtout pour lui. Il faut regarder d’autres sources pour valider l’information. Ou bien le temps des publications : des fois on ressuscite de vieilles nouvelles qui ne sont plus d’actualité. Il y a aussi les pièges à clics, des moyens de vendre de la publicité en ligne, ça aussi c’est trompeur.»

Les écoles se muniront également d’outils de littératie numérique. Dans la société actuelle, il devient primordial d’équiper les jeunes le plus tôt possible à filtrer les bonnes des fausses nouvelles, surtout s’ils sont déjà actifs sur les médias sociaux. 

«Les vidéos, les images, les textes déformés... on fait tout ce qu’on peut pour faire valoir ses idées, il faut s’armer contre ça et essayer de se prémunir. Si on fréquente davantage les sources que l’on sait fiables, on est moins susceptibles de se faire attraper. Les journaux sont liés à des codes d’éthique, des codes de déontologie. Les gens peuvent facilement contester pour pointer les erreurs. Je pense que si les gens prennent juste un peu de temps, ils peuvent facilement se dépêtrer pour ne pas se faire manipuler.»

Le dernier conseil de M. Noreau? Si un internaute doute d’une nouvelle, rien qu’un tout petit peu, il est préférable de ne pas la partager.

SITE WEB: http://vraioufauxenligne.ca 

Élections 2019

Impôts et cellulaires: les libéraux promettent des baisses

BRAMPTON — Justin Trudeau s’est engagé dimanche à baisser les impôts et les factures de cellulaires, tentant de remettre le thème de la classe moyenne à l’avant-plan après que sa campagne eut été monopolisée par la saga des «blackface».

Le chef libéral était de passage à Brampton, en Ontario, dimanche, pour annoncer que, s’il est réélu, il rendra la première tranche de 15 000 $ de revenus libre d’impôts pour la plupart des Canadiens.

«Avec cette baisse d’impôts, nous sortirons environ 40 000 personnes de la pauvreté - deux fois plus que dans le programme conservateur - et nous rendrons la vie plus abordable pour les Canadiens», a-t-il lancé en point de presse.

Éducation

Plus de 2,3 milliards $ pour rénover les écoles délabrées

Le ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé dimanche un investissement de plus de 2,3 milliards $ dans des projets de rénovation des écoles. Les sommes seront engagées durant l'année financière en cours, mais les commissions scolaires auront jusqu'à trois ans pour mener à bien leurs projets.

Accompagné du président du Conseil du trésor, Christian Dubé, dans l'Est de l'île de Montréal, le ministre Roberge a promis de remettre en état 60 pour cent des établissements scolaires à travers la province d'ici 2022.

«Aujourd'hui, nous lançons une opération grand rattrapage pour retaper nos écoles, qui ont tant manqué d'amour dans les dernières années, a déclaré Jean-François Roberge. C'est une excellente nouvelle non seulement pour les élèves, mais également pour les enseignants et pour tout le personnel scolaire.»

Selon M. Roberge, l'enveloppe consacrée «au maintien des bâtiments et à la résorption du déficit de maintien» est deux fois et demie supérieure à celle qui avait été investie par le gouvernement libéral lors de sa dernière année au pouvoir.

1800 écoles visées

Les projets de rénovation des écoles jugées les plus désuètes seront priorisés.

M. Dubé estime que 60 % des quelque 3000 établissements scolaires du Québec pourront être remis à niveau.

«Ça veut dire qu'il y a 1800 écoles qui vont être touchées et qui sont en ce moment avec un taux de désuétude, c'est-à-dire qu'on dit qu'elles sont vétustes, qu'on a besoin de les améliorer», a souligné le président du Conseil du trésor.

La ministre responsable de la région de Montréal, Chantal Rouleau, était également présente à l'école primaire Montmartre, dans l'arrondissement Rivière-des-Prairies--Pointe-aux-Trembles, car près de 625 millions $ de cette somme seront accordés aux cinq commissions scolaires de la métropole.

Les montants pour chacune des autres régions du Québec seront dévoilés dans les prochaines semaines par les ministres titulaires.

La liste complète des projets de rénovation par école sera connue l'automne prochain.

Plus tôt cet été, le gouvernement de la Coalition avenir Québec avait annoncé l'injection de 1,7 milliard de dollars pour la construction et l'agrandissement d'écoles.

Une remise à niveau du parc immobilier scolaire figurait parmi les promesses électorales de la formation de François Legault.

Environnement

2015-2019 devrait être la période la plus chaude enregistrée depuis 1850

NATIONS UNIES — Les cinq années 2015 à 2019 devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, après le caniculaire été dernier, a rapporté dimanche l’ONU, à la veille d’un sommet climat en présence d’une soixantaine de dirigeants mondiaux à New York.

La température moyenne pour la période 2015-2019 devrait être plus élevée de 1,1°C par rapport à la période 1850-1900, indique ce rapport publié par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et qui fournit l’état des lieux le plus actuel sur le climat de la Terre.

Les dernières données confirment la tendance des quatre années précédentes, qui étaient déjà les plus chaudes jamais enregistrées, c’est-à-dire depuis 1850. On savait aussi que juillet 2019, marqué par plusieurs canicules notamment en Europe, avait battu le record absolu de température.

Mais ce degré de différence est une moyenne qui cache des disparités régionales. Les pôles se réchauffent plus vite, et les zones côtières sont plus rapidement menacées.

«Les effets du changement climatique ne sont pas ressentis de façon égale», a commenté le scientifique en chef du bureau météorologique britannique, Stephen Belcher. «Certains pays ressentent certains effets, comme des canicules plus intenses ou des inondations plus graves, plus tôt que d’autres».

Le rapport, publié deux jours après la gigantesque grève de l’école mondiale de vendredi et alors que les dirigeants de la planète convergent sur New York pour l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, dresse un bilan sévère de l’inaction des États pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Et encore, les scientifiques ont tendance à être «conservateurs», a prévenu l’une des responsables du rapport, Leena Srivastava. En réalité, les décideurs publics «doivent agir avec beaucoup plus d’urgence», a-t-elle dit en présentant le rapport dimanche.

Pas de recul des émissions

La liste de mauvaises nouvelles sur l’état de la planète est longue et minutieusement détaillée par le rapport de l’OMM.

Ainsi, la montée du niveau des océans s’accélère. Dans la dernière décennie, le rythme est passé à 4 millimètres par an, au lieu de trois par an, à cause de la fonte accélérée des calottes glaciaires aux pôles Nord et Sud, confirmée par de multiples études et observations satellitaires.

Les émissions dues au charbon, au pétrole et au gaz ont poursuivi leur croissance en 2018 et continueront ainsi jusqu’à 2030 au moins, estiment les scientifiques.

Pour 2019, elles seront «au moins aussi élevées» qu’en 2018, prévoient les scientifiques qui ont planché sur ce rapport pour l’ONU en prévision du sommet de lundi.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère devrait atteindre un nouveau pic à la fin de l’année 2019, selon des données préliminaires, soit 410 parties par million.

C’est pour le professeur Dave Reay, de l’université d’Edimbourg, la pire nouvelle du rapport.

«On dirait un relevé de carte bleue après cinq ans de dépenses sans compter», a-t-il écrit. Poursuivant la métaphore bancaire, il ajoute: «Notre plafond global de crédit de carbone est atteint. Si les émissions ne commencent pas à chuter, le prix sera infernal».

Dans l’état actuel des engagements des pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la planète sera plus chaude de 2,9 à 3,4°C d’ici 2100.

Il en ressort que les efforts anti-carbone des pays doivent être multipliés par cinq pour contenir le réchauffement à +1,5°C, comme le prévoit l’accord de Paris de 2015, un objectif que beaucoup d’experts semblent désormais considérer comme illusoire. Ou au minimum par trois pour s’en tenir à +2°C, la limite maximale stipulée par le texte.

En réalité, le réchauffement réel pourrait être encore plus élevé, selon des modélisations climatiques plus récentes, mais qui ne sont pas encore validées par l’ONU, comme celle d’une équipe française qui prévoit +7°C dans un scénario du pire.

«Le fossé n’a jamais été aussi grand» entre ce que le monde veut accomplir et la réalité des plans climatiques des pays, prévient le rapport.

C’est ce fossé que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, veut commencer à combler en accueillant une soixantaine de dirigeants lundi.

Beaucoup de leaders devraient promettre d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, selon lui. À charge pour eux de concrétiser ensuite ces engagements très ambitieux.

Insolite

Un combat entre grizzlys capté sur vidéo en Colombie-Britannique [VIDÉO]

Une Canadienne qui circulait sur l’autoroute Stewart-Cassiar entre Stewart et Meziadin Junction, en Colombie-Britannique, a été témoin d’un spectacle rare, un combat entre deux grizzlys.

Cari McGillivray a partagé vendredi sur Facebook la vidéo d’un duel entre les deux animaux. On peut voir les deux grizzlys se faire face et grogner. Ils ont échangé des coups, passant de la route au fossé pour revenir sur l’asphalte. 

«C'était de loin l'une de mes rencontres préférées avec la faune», a écrit Cari McGillivray dans les commentaires.

À la fin de la vidéo, le plus petit des grizzlys abandonne le combat, poursuivi par l’autre animal. Également, au loin sur la route, on peut apercevoir un loup s’arrêter pour observer la scène.

La vidéo a été visionnée plus d’un demi-million de fois depuis vendredi. Elle a été partagée par plus de 21 000 personnes et a reçu de nombreux commentaires et j’aime.

Justice et faits divers

Un cycliste grièvement blessé à Rimouski

Un cycliste de 25 ans lutte pour sa vie après une collision avec une voiture, à Rimouski, dimanche.

L’accident s’est produit vers 4 h 45 à l’intersection du boulevard René-Lepage (route 132) et de la rue Moreau. Selon la Sûreté du Québec, le cycliste, qui circulait sur la piste cyclable le long du fleuve, ne portait pas de casque. Il aurait traversé le boulevard René-Lepage pour tourner à gauche sans prendre le temps de s’assurer qu’il n’y avait pas de danger. 

L'automobiliste, qui roulait en direction ouest, n’a pas pu éviter le cycliste. La conductrice a été transportée à l’hôpital pour y soigner un choc nerveux. L’homme de 25 ans a été grièvement blessé et on craint pour sa vie.

Un enquêteur spécialisé dans les scènes d’accident s’est rendu sur place et une enquête est en cours pour établir les circonstances précises de l’accident.

Actualités

La projection du «Bat-Signal» à Montréal annulée par les policiers

Montréal n'aura eu des airs de Gotham City que pendant quelques minutes samedi soir. La projection du «Bat-Signal» au centre-ville, qui devait avoir lieu à compter de 20h pour souligner le 80e anniversaire du héros Batman de l'univers de DC Comics, a été annulée à la demande des policiers.

Le «Bat-Signal», ce symbole utilisé par les policiers pour convoquer le ténébreux justicier, devait illuminer la Place Dupuis de 20h à minuit. Il n'a finalement été projeté que pendant une très courte période.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a confirmé à La Presse canadienne avoir demandé aux organisateurs — ce ne sont pas eux, ont-ils précisé — de reporter, voire d'annuler, la projection afin de ne pas nuire à une opération dans un parc à proximité de l'édifice.

Un homme souffrant de problèmes de santé mentale se trouvait depuis 17h35 «dans une structure» située dans le parc Émilie-Gamelin, qui est adjacent au lieu de la projection.

Il est finalement descendu à 21h50 au terme de négociations avec les policiers et a été arrêté pour méfait public, a précisé l'agent Jean-Pierre Brabant, un porte-parole du SPVM. Le parc a été entièrement fermé durant l'opération.

Montréal est le seul endroit au Canada qui devait prendre part à l'événement, qui réunit 12 autres villes à travers le monde.

Symbole international

Le troisième samedi du mois de septembre marque l'anniversaire du personnage, créé par le dessinateur Bob Kane et le scénariste Bill Finger en 1939.

Le symbole de chauve-souris a d'abord brillé sur le Fed Square de Melbourne, en Australie et, selon le site Web de DC Comics, il devait également faire son apparition à Tokyo, à Berlin, à Barcelone et à Londres.

Le «Bat-Signal» a également éclairé le ciel new-yorkais, avant d'être projeté une dernière fois sur l'hôtel de ville de Los Angeles.

«Le ''Bat-Signal'' est l'une des images les plus facilement identifiables dans toute l'iconographie des superhéros et il sera remarquable de le voir transcender les frontières, les langues et les cultures pour nous unir à travers une seule expérience», a déclaré Pam Lifford, du studio Warner Bros, dans un communiqué plus tôt cette semaine.

Actualités

Saison de la chasse: la SQ rappelle l'importance de quelques précautions de base

MONTRÉAL — La Sûreté du Québec (SQ) profite de la saison de la chasse pour rappeler à ceux et celles qui pratiquent cette activité de ne pas oublier de prendre certaines mesures de précaution de base.

La SQ lance cet appel puisque chaque année, les policiers de la Sûreté du Québec doivent intervenir à la suite d'un signalement pour une personne portée disparue en forêt durant la période de la chasse.

Dans les prochains jours, les chasseurs seront de plus en plus nombreux à s'adonner à leur activité favorite dans les milieux isolés.

À la SQ, la sergente Marie-Michèle Moore a rappelé samedi à quel point il est important de fournir l'itinéraire prévu aux proches, ainsi que la date et l'heure du retour.

Même si les conditions météo peuvent sembler favorables, il faut aussi prévoir une trousse de survie contenant notamment des articles de premiers soins de base et des allumettes, puis être en mesure de s'alimenter si un chasseur devait passer plus de temps que prévu en forêt. Des vêtements pour être en mesure de faire face à la pluie ou au froid peuvent aussi s'avérer pratiques.

Évidemment, les cartes et les boussoles sont des outils très utiles pour les chasseurs, mais les moyens de communication comme un téléphone cellulaire et un GPS peuvent s'avérer indispensables.

Ceux qui possèdent un téléphone satellite devraient aussi connaître le numéro de téléphone des services d'urgence de la région où ils se trouveront, rappelle la SQ.

Actualités

Google prétend avoir atteint la «suprématie quantique»

NEW YORK — Le géant informatique américain Google prétend avoir franchi une étape importante désignée sous le nom de "suprématie quantique" en fabriquant une machine aux capacités bien supérieures à celles des ordinateurs classiques les plus puissants, selon le «Financial Times» vendredi.

Ces calculateurs d'un nouveau type sont capables, pour certaines tâches, de les réaliser bien plus rapidement que les machines actuelles car ils peuvent utiliser des propriétés étonnantes des particules permettant d'échapper aux règles de la physique classique.

Une étude des chercheurs de Google décrivant cette innovation, vue par des journalistes du quotidien économique, a été brièvement publiée sur le site de la Nasa cette semaine avant d'en être retirée.

Les chercheurs y affirmeraient que leur processeur est capable de mener une opération en trois minutes et vingt secondes là où il faudrait 10 000 ans au plus avancé des ordinateurs actuels.

Ils auraient atteint ainsi la «suprématie quantique», en démontrant clairement qu'un ordinateur quantique bat en performance un ordinateur classique.

Une étape «essentielle»

Alphabet, la maison mère de Google, n'avait pas dans l'immédiat répondu aux sollicitations de l'AFP.

Selon les chercheurs de l'entreprise californienne, la machine ne peut résoudre qu'un seul calcul à la fois et l'utilisation des machines quantiques pour de réelles applications industrielles ne se fera pas avant plusieurs années.

Mais c'est «une étape essentielle vers l'informatique quantique à grande échelle», écrivent-ils dans l'étude selon le Financial Times.

S'il existe déjà des prototypes d'ordinateurs quantiques, ces derniers ne peuvent actuellement que réaliser des tâches similaires à celles effectuées par un ordinateur normal, mais plus rapidement.

Des ordinateurs quantiques aboutis pourraient changer la donne dans des domaines tels que la cryptographie, la chimie ou l'intelligence artificielle.

L'entrepreneur de la tech Andrew Yang, en lice pour la primaire démocrate, a salué cette avancée.

«Que Google mette en œuvre l'informatique quantique est une étape importante. Cela signifie, entre autres choses, qu'aucun code n'est indéchiffrable», a-t-il écrit sur Twitter.

Élections 2019

Le coût de la vie est le principal enjeu de la campagne, selon un sondage

OTTAWA — Les données d'un nouveau sondage dressent le portrait d'une population canadienne rongée par l'anxiété et le pessimisme économiques, des résultats qui pourraient expliquer pourquoi l'enjeu du coût de la vie se démarque comme le principal thème de la campagne électorale fédérale.

Toutefois, s'il faut tirer un constat du plus récent coup de sonde mené par Léger, c'est que les électeurs ne savent toujours pas quel parti est le plus susceptible d'apaiser leurs inquiétudes.

Dans son enquête, Léger a demandé aux gens de choisir quelle affirmation correspondait le mieux à leur situation financière personnelle.

Plus d'une personne sur quatre, soit 26 % des répondants, a indiqué que son revenu était adéquat, mais qu'elle avait tout de même de la difficulté à joindre les deux bouts et qu'elle ne s'en sortait pas.

Pour 13 % des répondants, leur revenu est tout simplement trop bas et ils s'enfoncent dans l'endettement.

Chez les 35-54 ans, ce sont 36 % des répondants qui admettent joindre difficilement les deux bouts, même avec un revenu décent, alors que 15 % d'entre eux s'endettent. Il s'agit du taux le plus élevé parmi tous les groupes d'âge interrogés.

Ne cherchez plus pourquoi les libéraux, les conservateurs et les néo-démocrates ont tous passé la première semaine de campagne à courtiser les familles, affirme le vice-président de Léger, Christian Bourque.

«Ils ont probablement des données similaires en main qui leur indiquent qu'il y a là une masse de gens pour qui la vie semble plus difficile», explique-t-il.

Le sondage a été mené du 13 au 17 septembre auprès de 1598 électeurs sélectionnés au sein du panel en ligne de Léger. Comme il ne s'agit pas d'un échantillon probabiliste, il est impossible de définir une marge d'erreur.

Élections 2019

Le «blackface» éclipse une annonce du Parti vert sur la décriminalisation des drogues

Même en l'absence du chef libéral Justin Trudeau qui a pris une journée de repos — tout comme le chef conservateur Andrew Scheer, le «blackface» a rattrapé les autres partis et leurs annonces, sauf au Québec.

Le néo-démocrate Jagmeet Singh, à Toronto, et la chef du Parti vert Elizabeth May, à Winnipeg, ont dû composer avec la controverse entourant la parution de photographies du visage grimé de noir de Justin Trudeau. Le Québec a échappé à la tourmente.

Le chef bloquiste a tenté de profiter de la fenêtre médiatique qu'il disposait pour marteler de nouveau sur le clou de l'environnement.

De l'ombrage aux verts

La controverse a porté ombrage à une importante annonce électorale des verts.

De passage à Winnipeg, Elizabeth May a annoncé que son parti voulait décriminaliser la possession de toutes les drogues actuellement illégales afin de résoudre la crise des opioïdes. Selon elle, il faut que cet enjeu ne soit plus traité «comme un problème criminel», mais comme «un problème de santé».

Mais l'annonce est presque passée inaperçue puisque la chef de la formation a dû passer plus de temps à commenter les photographies de Trudeau que de parler de l'engagement de son parti.

Mme May semblait être plus encline à absoudre M. Trudeau. Un de ses propres candidats vedettes à Terre-Neuve-et-Labrador a reconnu lui-même avoir coloré sa peau dans le passé.

Greg Malone, qui se présente dans la circonscription d'Avalon, a raconté qu'il avait teint sa peau pour interpréter Mahatma Gandhi dans un sketch diffusé pendant un épisode de la série CODCO, une émission humoristique de la CBC dans les années 1980 et 1990. M. Malone en en parlé dans un article publié sur le site internet de la société d'État. Il y soutient que les Blancs doivent faire un plus grand effort pour se placer dans les souliers des minorités visibles.

Actualités

S’élever au-dessus de la maladie... en hydravion!

Hugo Desrochers a combattu une leucémie en 2010. En rémission, il souhaitait s’impliquer auprès d’autres personnes atteintes d’une maladie. Puis il a décidé d’unir ses deux passions, l’aviation et le désir d’aider les enfants, pour créer la fondation Vol d’un survivant à l’autre.

Hugo et son équipe offrent la chance aux enfants malades et à leur famille de faire un tour d’hydravion au-dessus du Lac Saint-Augustin, tout à fait gratuitement. Cette année marque la huitième édition de l’événement.

«C’est comme un petit Rêves d’enfants. La première édition, il y a eu un vol. Après on a grandi, et grandi. L’année passée, il y en a eu 13 et cette année, on est rendu à 34, avec quatre avions pour réaliser les vols.»

En plus de tenir une journée d’activités, où les enfants et leurs familles s’amusent pour ensuite sauter dans un hydravion pour voler au-dessus de la ville, la fondation de M. Desrochers amasse des sous. La somme entière est remise à la Fondation Charles-Bruneau, qui partager leurs valeurs et objectifs.

«Je suis fier de dire que cette journée, c’est notre équipe qui crée l’activité, avec tout plein de bénévoles et de commanditaires. Ça prend quelqu’un du milieu, sinon ce genre d’activité n’existerait pas. La Fondation Charles-Bruneau nous offre un soutien et une notoriété.»

Un cadeau

Samedi en début d’après-midi, M. Desrochers revenait tout juste de compléter un vol avec une famille. Le petit garçon débarquait de l’avion tout heureux, les yeux brillants.

«Les parents disaient qu’il était en traitement de chimiothérapie toute la semaine. Il pensait à son tour d’avion et ça a été sa motivation. Entendre ça, c’est ma paie pour l’année. C’est trippant de voir l’émotion des gens quand on les entre dans l’avion, quand on revient. On sort de l’avion et on est émerveillés.»

L’objectif de cette journée de vol est d’offrir un moment de répit aux familles, de les aider à passer au travers de moments difficiles. Après huit ans, le fondateur et pilote réalise moins de vols qu’avant, il est bien occupé avec l’organisation de la journée, les jeux gonflables ou l’alimentation.

«Au début, je faisais tous les vols, je me suis distancé pour organiser la journée, mais c’est important pour moi de continuer à faire quelques vols pour rester connecté avec ce que j’ai bâti. C’est le plus important.»

Vol d’un survivant à l’autre aura amassé plus de 20 000 $ en dons cette année.

Politique

La CAQ est un gouvernement de climato-sceptiques, selon Dominic Champagne

Bien campé chez les climatosceptiques, le gouvernement Legault ne répondra pas à l'appel des Nations unies (ONU) qui demande d'arriver à New York la semaine prochaine avec des solutions en vue de combattre les changements climatiques.

C'est la conviction du porte-parole du Pacte pour la transition écologique, le metteur en scène Dominic Champagne, scandalisé par l'inaction du gouvernement caquiste après bientôt une année au pouvoir.

Il avait pourtant rencontré M. Legault dans la foulée du lancement du Pacte l'an dernier et même adhéré à la Coalition avenir Québec (CAQ) en signe de bonne foi. Mais au cours d'une entrevue avec La Presse canadienne publiée samedi, il a exprimé sa déception, mais aussi son espoir que la mobilisation force le gouvernement à agir.

Le ministre de l'Environnement, Benoit Charette, et son collègue à l'Énergie, Jonatan Julien, débarqueront à New York la semaine prochaine pour le Climate Week, un grand sommet annuel coordonné par l'ONU, mais Dominic Champagne est persuadé qu'ils ne présenteront aucun plan concret.

Depuis Jean Charest, la tradition voulait que le premier ministre aille en personne au Climate Week, puisque le Québec joue en rôle important en diplomatie climatique chez les États fédérés, mais François Legault y envoie plutôt ses ministres.

«ll n'est pas dans sa zone de confort, il n'est pas prêt, il ne débarquera pas là sans avoir l'ombre d'une solution», a déploré M. Champagne.

Un appel de l'ONU

Pourtant l'an dernier le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait lancé un appel à la société civile, ainsi qu'un cri du coeur aux dirigeants du monde entier, comme quoi «il n'y a plus de temps à perdre» devant l'urgence climatique: il exigeait des solutions pour cette année et non plus des discours.

«Le gouvernement Legault demeure dans le camp des climatosceptiques [ceux qui réfutent le consensus scientifique sur les bouleversements climatiques]», a poursuivi M. Champagne.

«C'est légitime de demander [si les caquistes] sont climato-sceptiques, parce que pour l'instant ils agissent et gouvernent comme des climato-sceptiques. Quels gestes ont-ils posés depuis un an? À peu près le néant. [...] Quelle réponse les ministres donnent-ils à l'appel de l'ONU? Quel plan concret? Le gouvernement est dépassé, déphasé par rapport à l'urgence.»

Il reconnait que la CAQ a mis en place des mesures, par exemple pour encourager l'achat d'autos électriques. Cependant, «ces gestes ne sont pas à la hauteur du défi», et «le préjugé favorable» envers des projets comme l'usine de liquéfaction de gaz naturel à Saguenay «vient annuler toute velléité d'effort du gouvernement».

Le Plan d'action du Québec sur les changements climatiques de 2020-2030 se fait encore attendre, tandis que pour le plan 2013-2020, le Québec est en voie de rater sa cible de réduction de 20 pour cent des émissions de gaz à effet de serre (GES) par rapport au seuil de 1990.

«Le gouvernement n'a encore rien à nous soumettre et ce qu'il va nous soumettre, je suis persuadé que ce ne sera pas à la hauteur de la situation, a déclaré M. Champagne. Après ils vont se défendre en disant qu'ils sont pragmatiques et qu'on aura encore besoin du pétrole longtemps.»

Garder espoir

Néanmoins il garde espoir et compte sur la mobilisation populaire pour finir par infléchir le gouvernement, «amadoué par une industrie toute puissante qui a “runné la business” depuis plus d'un siècle». Car au-delà des gestes individuels, il faut des politiques publiques pour répondre à la crise actuelle et se «désintoxiquer du pétrole», estime-t-il.

Le Québec a la chance de compter sur une «potion magique», selon ses mots: l'hydro-électricité. M. Champagne appelle le gouvernement à miser une fois pour toutes sur l'inventivité, les ressources et le génie québécois, pour entreprendre un véritable virage vert.

«On a décidé de devenir “maitres chez nous” et fonder notre modernité sur deux valeurs fondamentales: énergie propre et partage de la richesse liée à l'exploitation de cette énergie. Mais aujourd'hui, les projets qui chatouillent le coeur de notre gouvernement sont basés sur une énergie sale au profit d'intérêts privés, c'est tout le contraire de ce que nous sommes.»

Élections 2019

Un bébé en campagne avec les conservateurs

TORONTO — La petite Georgia Hubick n'a que neuf semaines, mais elle accumule déjà des milliers de kilomètres au compteur.

Georgia suit la campagne électorale des conservateurs avec sa mère, Kenzie Potter, conseillère politique principale du chef Andrew Scheer. En sept jours à peine, la petite a visité près d'une quinzaine de villes et villages dans sept provinces canadiennes, alors que sa mère continue d'exercer ses fonctions.

«Beaucoup de gens la voient descendre de l'autocar et ils sont plutôt surpris, ou bien ils demandent: "tu amènes un bébé en campagne?"», a déclaré Mme Potter, dans une entrevue accordée à La Presse canadienne lors d'une rare pause électorale, cette semaine à Toronto. «Je ne sais pas trop s'ils trouvent ça exagéré ou sympathique.»

Andrew Scheer et sa femme Jill, eux, trouvent ça éminemment sympathique. «Je ne pourrais plus imaginer la campagne sans elle», dit le chef conservateur.

Entrainer un bébé dans la tourmente d'une campagne électorale est assez inhabituel pour un membre du personnel politique; mais pour M. Scheer et sa femme, qui sont très «famille», ce choix était tout naturel. Les Scheer ont cinq enfants — Thomas, Grace, Madeline, Henry et Mary, âgés de 14, 12, 10, 8 et 3 ans - et le chef conservateur aime bien rappeler en rigolant que pendant toutes ses campagnes électorales depuis 2004, sa femme était soit enceinte, soit nouvelle maman. «C'est Kenzie qui l'a fait cette fois-ci pour perpétuer la tradition», plaisante M. Scheer.

Il reste que Mme Potter, âgée de 37 ans, ne voulait pas dire à son chef qu'elle était enceinte — et qu'elle allait accoucher environ deux mois avant le déclenchement des élections fédérales. «C'est tout ce dont on pouvait rêver : c'est la coupe Stanley pour nous», déclare Mme Potter, la petite Georgia dans les bras, assise sur un canapé dans un hôtel d'aéroport entre M. et Mme Scheer.

Le moment, par contre, était un peu mal choisi: la conseillère avait l'impression de laisser tomber un ami au moment précis où il avait le plus besoin d'elle. Mais elle soutient que M. Scheer l'a immédiatement rassurée en lui rappelant que pour lui, les enfants sont ce qu'il y a de mieux dans la vie, et il l'a aussitôt invitée à emmener Georgia dans l'avion. «Affaire classée.»