Le Québec est l’un des derniers endroits en Amérique du Nord où les pharmaciens ne peuvent pas vacciner.

Les élus veulent accroître l’autonomie des pros de la santé

Après les infirmières praticiennes spécialisées (IPS), le Parti québécois demande au gouvernement Legault d’accroître rapidement l’autonomie d’autres professionnels de la santé, dont les pharmaciens, les psychologues et les hygiénistes dentaires. La ministre de la Santé, Danielle McCann, assure que des travaux «très actifs» sont en cours à cet effet, sans toutefois établir d’échéanciers précis.

Pendant la période de questions de l’Assemblée nationale, mercredi matin, le député Sylvain Gaudreault, porte-parole du PQ en matière de santé, a fait valoir que «d’autres professionnels [que les IPS] pourraient agir» pour améliorer l’accès aux soins et aux services de santé, dont la porte d’entrée «demeure toujours le médecin».

«Au Québec, on ne peut pas aller voir un psychologue dans le réseau public sans être référé par un médecin, à moins de payer dans le privé», a illustré le député de Jonquière, qui a également cité l’exemple des pharmaciens, qui n’ont pas le droit de vacciner.

Le Québec est en effet l’un des derniers endroits en Amérique du Nord où les pharmaciens ne peuvent pas vacciner. Cet acte étant actuellement réservé aux infirmières et aux médecins. Résultat : la province est l’une de celles au Canada où le taux de vaccination est le plus bas (seulement 56 % des Québécois de 65 ans et plus ont été immunisés contre la grippe en 2014-2015, contre 74 % pour les Néo-Écossais, qui peuvent être vaccinés par un pharmacien).

Le député Sylvain Gaudreault a également évoqué le cas des hygiénistes dentaires, qui pourraient répondre aux besoins «criants» des aînés, des enfants et des populations les plus vulnérables si elles avaient davantage d’autonomie, a-t-il fait valoir.

«Ça ne prendra pas 15 ans»

«Est-ce que la ministre va faire en sorte de permettre rapidement à d’autres professionnels de la santé de répondre aux patients dès la première ligne?» a demandé M. Gaudreault. La ministre McCann a assuré que son gouvernement avait l’intention de «déployer l’ensemble des compétences des professionnels bien formés que nous avons dans le réseau de la santé et des services sociaux».

«Nous avons des travaux actuellement très actifs au niveau des hygiénistes dentaires, au niveau des pharmaciens, et nous travaillons également le dossier de la santé mentale», a dit la ministre, sans donner plus de précisions et sans s’avancer sur des échéanciers précis. «Ça ne prendra pas 15 ans», a-t-elle simplement dit, rappelant que son gouvernement avait réussi «en six mois» à donner plus d’autonomie aux IPS.

La ministre a du reste mentionné avoir avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec «des discussions très importantes» sur des changements dans le mode de rémunération des médecins de famille qui feront en sorte «d’augmenter l’offre de services en première ligne».