Justin Trudeau après sa victoire, à Montréal, lundi

Les élèves canadiens auraient eux aussi élu un gouvernement libéral minoritaire

Si les élèves des écoles primaires et secondaires canadiennes avaient élu le gouvernement du pays, le vote de cette semaine aurait quand même abouti à une minorité libérale.

Un projet qui a vu plus de 1,1 million d’élèves à travers le pays voter lors d’une simulation d’élection fédérale s’est conclu avec un résultat de 110 sièges pour les libéraux. Ils en ont obtenu 157 lors du vote réel de lundi.

La composition du Parlement serait autrement très différente si les élèves avaient pris les décisions, et ce serait les néo-démocrates qui formeraient l’opposition officielle plutôt que les conservateurs.

Le projet s’est terminé avec 99 sièges remportés par le NPD, 94 par les conservateurs, 28 par les verts et 9 par le Bloc québécois.

Mais comme dans la vraie vie, les conservateurs ont recueilli la plus grande part du vote populaire, environ 25 pour cent des élèves les ayant soutenus.

Le NPD se situait à une fraction de point de pourcentage des conservateurs et les libéraux étaient en troisième place avec un peu plus de 22 pour cent du vote des élèves.

Une porte-parole de CIVIX, qui gère le programme avec le soutien d’Élections Canada, a déclaré qu’il n’était pas inhabituel que la simulation d’élection aboutisse à un résultat semblable au résultat officiel.

«La plupart du temps, cela produit le même gouvernement élu», a indiqué Lindsay Mazzucco, directrice de l’exploitation de l’organisation.

Mais elle a ajouté que les différences dans la répartition des résultats peuvent être dues au fait que les étudiants «votent plus avec leur coeur» après avoir examiné les plateformes des partis et avoir hiérarchisé les enjeux qui les intéressent.

«Je pense que le vote des étudiants est certainement moins stratégique», a-t-elle déclaré.

Plus de 7850 écoles ont participé au programme cette année. Les élèves passent des heures à faire des recherches sur la plateforme de chaque parti, puis regardent et analysent les débats des dirigeants, tandis que certaines écoles organisent même des forums de candidats, a-t-elle déclaré.

Chaque école a organisé une journée de vote la semaine dernière, la majorité d’entre elles entre le 15 et le 18 octobre. Selon Mme Mazzucco, certaines écoles l’ont plutôt fait lundi pour coïncider avec les véritables élections. Les élèves votaient pour les candidats dans la circonscription où est située leur école.

«Je suis sûre que bon nombre de ces élèves passent beaucoup plus de temps que l’électeur moyen à se préparer pour le jour du scrutin», a-t-elle dit en riant.

Le programme, qui a débuté en 2003, vise à donner aux jeunes une chance de mettre en pratique les habitudes de vote éclairé et à leur enseigner l’importance de l’engagement civique, a-t-elle expliqué.

Mais les résultats peuvent également fournir des informations importantes aux élus, a-t-elle souligné. «Cela donne aux politiciens et à tout le monde le sentiment de voir ce que la prochaine génération d’électeurs croit et ce qu’ils priorisent.»