Les policiers se sont rendus mercredi à la succursale de 710 Smoke & Vapors, sur le chemin de la Canardière, et ont procédé à l’arrestation d’une personne pour possession de cannabis dans le but d’en faire le trafic.

Les dispensaires ont la vie dure à Québec

Alors que les dispensaires de marijuana thérapeutique ont la vie plus facile à Montréal et Trois-Rivières, la police de Québec en a fermé mercredi un quatrième en moins de deux ans, menant une perquisition à la succursale de la chaîne 710 Smoke & Vapors du chemin de la Canardière.

«Les policiers se sont rendus sur place en début d’après-midi et ont procédé à l’arrestation d’une personne pour possession de cannabis dans le but d’en faire le trafic. Cette entreprise n’avait pas de permis pour vendre ou entreposer du cannabis. Du cannabis a été saisi sur place, mais pas une grosse quantité, et nous avons aussi saisi une somme d’argent», explique l’agent Étienne Doyon, porte-parole de la police de Québec.

La personne arrêtée était un employé du dispensaire et elle a été interrogée par les enquêteurs durant une partie de l’après-midi. Elle devait être relâchée sur promesse de comparaître. «Il n’y a pas beaucoup d’entreprises qui détiennent un permis de Santé Canada pour distribuer ou entreposer du cannabis», a poursuivi Étienne Doyon.

«100 % légal»

Durant l’après-midi, le dispensaire était fermé, les stores tirés et des policiers se trouvaient à l’intérieur. Du côté de la succursale trifluvienne de 710 Smoke & Vapors, le franchisé Stéphane Bédard a déclaré au Soleil qu’il n’avait pas encore eu de nouvelles de son homologue de Québec, Alain Lévesque, qui gérait la succursale de la capitale.

Il y a deux semaines, M. Lévesque assurait au Soleil que son commerce était «100 % légal» et qu’il ne fermerait pas ses portes à cause d’une opération policière comme l’avaient fait avant lui Weeds : Herbes et Curiosités à l’automne 2016, la clinique La Croix-Verte en janvier 2017 et le Cannoisseur en septembre 2017. Il prétendait avoir envoyé à la police de Québec un «dossier en deux copies» dès son ouverture à la fin du mois de décembre. M. Lévesque avait aussi affirmé que le dispensaire ne vendait pas de marijuana, mais que le client détenteur d’un permis de Santé Canada payait plutôt pour qu’il y entrepose sa marijuana.

Moyennant le paiement de 200 $, le dispensaire utilisait le logiciel de communication Skype pour mettre ses clients en contact avec un médecin ontarien qui analysait son cas et lui prescrivait du cannabis s’il s’agissait d’un traitement approprié à sa situation. Le client pouvait ensuite utiliser sa prescription pour obtenir sa licence de Santé Canada et ensuite acheter du cannabis via l’Association des consommateurs de cannabis médical du Québec, qui faisait le pont avec des producteurs canadiens licenciés. 

La chaîne 710 Smoke & Vapors a été lancée par l’homme d’affaires Albert Krespine, déjà trouvé coupable d’infractions à la Loi sur les drogues, de possession de faux document et d’utilisation frauduleuse d’une carte de crédit. Quant à l’Association des consommateurs de cannabis médical du Québec, elle compte parmi ses administrateurs Gordon Maxwell Knight, qui est également associé dans 710 Smoke & Vapors selon le registre des entreprises du Québec.