La rue Cartier, qui voit passer 4000 automobiles quotidiennement, sera interdite à la circulation d’août à novembre pour qu’on remplace les conduites souterraines.

Les défis du chantier Cartier–Sainte-Foy

Le tissu urbain particulier de l’axe de la rue Cartier et du chemin Sainte-Foy représente un défi de taille pour la mobilité et la sécurité des piétons et l’accessibilité aux commerces et aux résidents pendant les longs travaux de remplacement de conduites souterraines et d’embellissement qui débuteront au printemps.

Les travaux de 9 millions $ qui s’amorcent visent le remplacement de conduites majeures sous le chemin Sainte-Foy d’est en ouest entre la côte de Salaberry et la rue de Candiac. La Ville refait aussi les infrastructures souterraines de la rue Cartier, entre le chemin Sainte-Foy et le boulevard René-Lévesque du nord au sud.

«Nous en profitons pour embellir Cartier. Nous refaisons les trottoirs et la couverture végétale en plus d’actualiser l’éclairage et d’ajouter du mobilier urbain distinctif», explique la conseillère Suzanne Verreault, membre du comité exécutif à la Ville de Québec.

«Il y a énormément de piétons qui circulent sur la rue Cartier, rappelle Marc des Rivières, directeur du service des transports. Il y a l’école secondaire Joseph-François-Perrault, le Centre Lucien-Borne, le CLSC. C’est un défi de taille pour respecter les objectifs de mobilité, d’accessibilité et de sécurité que nous nous fixons durant les travaux.»

La Ville veut maintenir un trottoir le long des bâtiments de chaque côté de Cartier et devant l’école secondaire. «Ça va demander un suivi quotidien rigoureux», reconnaît-il.

Le défi de la mobilité touche aussi la circulation automobile. Chaque jour, 17 000 véhicules empruntent le chemin Sainte-Foy. L’artère sera complètement fermée au trafic, de mai à juin, pendant la première phase des travaux, et d’août à novembre. Cinq mois au cours desquels les voitures devront suivre des chemins de contournement.

La rue Cartier, qui voit passer 4000 automobiles quotidiennement, sera aussi interdite à la circulation d’août à novembre.

Mesure d’exception, la rue Crémazie, à sens unique d’ouest en est, deviendra à double sens pour éviter l’effet de cul-de-sac lors des travaux à l’intersection de Cartier.

La gestion des stationnements, des livraisons et de la collecte des ordures est aussi un aspect sensible des travaux. Les heures les plus propices à la livraison de marchandises seront discutées avec les commerçants touchés, 38 au total dans le périmètre des travaux.

Plusieurs stationnements sur rue comme hors rue seront inaccessibles. Pour le temps des travaux, la Ville les relocalisera sur le terrain occupé autrefois par le Garage Bérubé, toujours vacant sur le chemin Sainte-Foy.

La Ville cherche aussi à minimiser l’impact sur le transport en commun de la coupure du chemin Sainte-Foy. Les parcours 19, 807 et 907 changeront d’itinéraire et le faubourg se trouvera moins bien desservi. En effet, les autobus standards sont trop longs pour tourner sur certaines rues, ce qui les obligent à emprunter René-Lévesque, de l’avenue Honoré-Mercier à l’avenue des Érables. Le RTC évalue la possibilité d’utiliser des Minibus, plus petits, mais avec une capacité moindre.

Commerçants compensés

Le programme de compensation pour les commerçants mis sur pied à l’automne sera en vigueur pour les travaux qui se termineront au printemps 2021. Selon certains critères d’admissibilité, les commerces recevront un maximum de 30 000 $ pour des pertes financières encourues durant les travaux.

La Ville les a rencontrés mardi matin. La plupart semblaient accepter les pertes financières et se montrent convaincus que la Ville ferait tout pour atténuer les impacts des travaux.

«Les travaux, est-ce qu’il faut les faire? Oui. Ils sont là pour construire. On va avoir des pertes, c’est correct. Il faut embellir la ville. Oui, il va y avoir des problèmes, on va vivre avec. Je les crois qu’ils vont tout faire pour que ça soit bien», lance Predrag Okuka, cofondateur de Café Castelo, qui a une succursale sur Cartier.

«On le sait que ça va avoir un impact financier et on va faire en sorte qu’il y en ait le moins possible. Le programme, c’est mieux que rien du tout, ajoute Jean-Pierre Bédard, directeur général de la SDC Montcalm. La Ville verse d’ailleurs 30 000 $ à l’organisme pour organiser une campagne de promotion durant les travaux.

«Les mesures d’atténuation durant les travaux nous satisfont aussi. Il va y avoir deux agents de communication sur place pour accompagner et renseigner les citoyens. C’est un avantage», conclut-il.