Selon Alain Souleille, président de Rivages du monde, Le Saint-Laurent est très attrayant pour des croisières fluviales, grâce notamment à ses spots, telle que la ville de Québec.

Les croisières fluviales, un bateau à ne pas manquer

Découvrir le fleuve Saint-Laurent en bateau, y manger et même y dormir. Après les croisières journalières et les croisières internationales, le Québec est mûr pour accueillir des croisières fluviales.
C'est l'une des conclusions du premier Forum de Québec sur les croisières internationales. Les participants se sont attardés vendredi à ce produit touristique haut de gamme, de plus en plus populaire à travers le monde.
Alain Souleille, président de Rivages du monde, entreprise française qui organise des croisières fluviales en Europe et en Russie, a même parlé d'une véritable «explosion». Il s'ajoute des dizaines de nouveaux bateaux par année, a-t-il raconté. En plus du Rhin, du Danube et du Nil, les navires s'aventurent désormais sur des fleuves comme le Gange, le Mékong et même l'Irrawady en Birmanie. Des développements sont également à prévoir en Afrique et en Australie.
Selon ce connaisseur, il n'y a aucun doute que le fleuve Saint-Laurent pourrait attirer la clientèle vendue à cette façon de voyager toute en douceur. «Je suis convaincu qu'il y a un énorme potentiel», dit M. Souleille. Et il ajoute: «Le modèle existe et il est rentable.»
Selon l'homme d'affaires, l'important, ce sont «les spots». Pour lui, Québec est un spot, Montréal aussi. Peut-être Trois-Rivières entre les deux. Pour répondre aux désirs de la clientèle française, il serait tenté de pousser un peu plus loin vers l'ouest, vers Kingston et les chutes Niagara.
Produit de chez nous
Pierre Tremblay, président de l'Office de tourisme de Québec (OTQ), évoque davantage un produit 100 % québécois, qui pourrait être vendu autour de 2000 $ par personne par semaine, sans compter les dépenses d'escale. La Stratégie de mise en valeur du Saint-Laurent touristique, rendue publique jeudi, a d'ailleurs prévu une étude sur le potentiel des croisières fluviales au Québec.
Cet exercice permettra de comparer les types de bateaux disponibles ou à construire. Habituellement, on parle de deux ponts, un pour le service et un pour le soleil, et de cabines pour loger 200 personnes environ. C'est concernant la robustesse que les choses se corsent, car le Saint-Laurent est autrement plus difficile que la Seine ou le Mississippi, par exemple.
L'étude analysera d'ailleurs les itinéraires possibles. M. Tremblay croit possible d'aller un peu à l'est de Québec, jusqu'à Sainte-Anne-de-Beaupré et même dans Charlevoix. Plus loin, les conditions de navigation se rapprochent trop de la mer.
Le président de l'OTQ estime aussi souhaitable et réaliste d'arrêter dans plusieurs petits villages en voguant vers Montréal. «C'est beaucoup plus facile d'accoster avec ces bateaux. Les croisiéristes ont accès aux gens, aux villages, et ça fait partie du voyage», explique-t-il.
M. Tremblay estime que les résultats de l'étude pourraient être accessibles d'ici un an. Selon la formule d'exploitation qui sera retenue, le gouvernement du Québec pourrait être invité à investir pour acquérir le navire ou soutenir le promoteur pendant quelques années.