La Corporation des thanatologues du Québec réclame depuis plus de 10 ans une modification au Code de la sécurité routière pour permettre à ses membres d'être plus lumineux.

Les corbillards veulent clignoter en paix

La Corporation des thanatologues du Québec a rencontré les proches du ministre des Transports dans l'espoir d'éviter qu'un autre corbillard écope d'une amende pour l'usage de feux clignotants quand il transporte un défunt vers son dernier repos...
C'était début mars, au Lac-Saint-Jean. Deux contrôleurs routiers se sont invités à l'église pour remettre au chauffeur un constat d'infraction assorti d'une pénalité d'un peu plus de 300 $. Car les voitures de tête des convois mortuaires ne sont pas des véhicules d'urgence ni des véhicules servant à l'entretien des routes; interdit donc l'usage des feux stroboscopiques, peu importe leur couleur. 
Cette histoire force la main de la Corporation des thanatologues du Québec. Elle réclame depuis plus de 10 ans une modification au Code de la sécurité routière pour permettre à ses membres d'être plus lumineux, note la directrice générale, Annie Saint-Pierre. Mais le dossier avait été mis sur une voie de garage, les feux stroboscopiques ne semblant pas déranger outre mesure les contrôleurs routiers et les policiers.
«C'est un dossier qui remonte à 2009. Il y avait eu quelques échanges avec le ministère [des Transports] et la SAAQ à ce sujet-là, mais ce n'était pas une priorité. [...] Mais cet événement-là a fait en sorte qu'on a dit qu'on va tenter de le régler une fois pour toutes.»
Nouveau lobbyiste
Un nouveau lobbyiste vient donc d'être embauché, les premiers contacts ont été établis. «On a eu une rencontre avec les gens au cabinet du ministre des Transports.» Mme Saint-Pierre attend un appel pour la suite. «On demande au Ministère de trouver une solution à cette problématique-là qui fait en sorte que les cortèges funèbres soient en mesure de circuler de façon sécuritaire autant pour eux que pour les autres automobilistes. Et surtout pour permettre et autoriser cette pratique.»
«Ça arrive tellement souvent que les cortèges funèbres ne sont pas respectés ou qu'ils se font couper ou klaxonner par des automobilistes que c'est l'une des façons de signaler leur présence», plaide Annie Saint-Pierre, qui en profite pour lancer une pique à la Société de l'assurance automobile du Québec : «C'est tellement pas respecté que même les patrouilleurs de la SAAQ se permettent d'intercepter un cortège en plein milieu d'une funéraille. [...] Allumer ces feux stroboscopiques, c'est une façon d'avertir les autres automobilistes de la présence d'un cortège qui circule à basse vitesse.»
Selon elle, l'interception d'un corbillard par les forces de l'ordre pour cause d'usage de feux clignotants est rare. «C'est la première fois que c'est porté à notre attention. On ne connaît pas ce qui se passe chez tous nos membres. Mais c'est la première fois qu'on a connaissance que des patrouilleurs de la SAAQ interceptent un convoi funéraire en plein milieu.»
Les feux au coeur du débat sont positionnés devant la voiture. Ils clignotent à la manière des luminaires de piste de danse. 
«Ce sont des feux stroboscopiques qui sont sur la plupart des véhicules funéraires, notamment les corbillards», explique-t-elle. «Ces feux stroboscopiques-là sont permis dans la plupart des États américains, dans la plupart des provinces canadiennes.» Les corbillards conçus aux États-Unis sont donc munis de ces feux dès l'usine d'assemblage, dit Mme Saint-Pierre.