Omar Khadr aimerait pouvoir se rendre à Toronto sans l’approbation de son superviseur judiciaire, afin de rendre visite à sa famille plus facilement et de comparaître devant un tribunal dans le cadre d’une poursuite au civil intentée par la veuve d’un soldat américain qu’il aurait tué en Afghanistan alors qu’il était adolescent.

Les conditions de libération sous caution d’Omar Khadr ne sont pas modifiées

EDMONTON — Une juge d'Edmonton rejette la requête de l'ancien détenu de Guantanamo Bay Omar Khadr, qui demandait des assouplissements à ses conditions de libération sous caution - notamment l'obtention d'un passeport canadien pour aller faire le pèlerinage à La Mecque, en Arabie saoudite.

La juge June Ross a estimé vendredi qu'elle n'avait pas été convaincue que les conditions actuelles étaient inutilement contraignantes. Elle conclut que rien n'a vraiment changé depuis la dernière demande de M. Khadr pour des modifications à ses conditions de mise en liberté sous caution, qui demeurent «raisonnables».

La juge Ross a toutefois prévenu que sa décision n'était pas immuable et que ces conditions pourraient changer dans le futur.

L'avocat de M. Khadr, Nathan Whitling, avait plaidé qu'il n'était pas juste que la vie de son client soit limitée aussi longtemps par un processus judiciaire très lent.

Omar Khadr, aujourd'hui âgé de 32 ans, a obtenu sa libération sous caution en mai 2015, dans l'attente de l'audition de l'appel de sa condamnation, par une commission militaire américaine, pour crimes de guerre. Le processus d'appel aux États-Unis est au point mort et M. Khadr ignore combien de temps ses conditions de mise en liberté sous caution pourraient perdurer.

«Au Canada, les appels sont rapides», a justifié son avocat, lors d'un entretien avant l'annonce de la décision. «Nous sommes en attente d'un appel à l'étranger, ce qui n'est jamais arrivé auparavant, et cet appel est extrêmement lent.»

Nathan Whitling a déclaré que son client vit tranquillement depuis des années, qu'il est marié et qu'il respecte les conditions de sa libération sous caution. Selon l'affidavit de M. Khadr, il s'est rendu à Toronto huit fois sans problème depuis que les conditions ont été imposées.

Il aimerait pouvoir continuer de se rendre à Toronto sans l'approbation de son superviseur judiciaire, afin de rendre visite à sa famille plus facilement et de comparaître devant un tribunal dans le cadre d'une poursuite au civil intentée par la veuve d'un soldat américain qu'il aurait tué en Afghanistan alors qu'il était adolescent.

M. Khadr souhaitait également pouvoir obtenir un passeport canadien afin de faire le pèlerinage à La Mecque, que rêve de faire tout musulman une fois dans son existence. Il avait aussi demandé de pouvoir s'entretenir seul à seul avec sa soeur qui vit en Géorgie, en Europe de l'Est.

Selon la juge Ross, le désir de Khadr d'entreprendre un pèlerinage religieux ne signifie pas qu'il ait besoin d'un passeport immédiatement. «Cela n'exige pas que M. Khadr se déplace maintenant», a-t-elle tranché.

«M. Khadr ne représente pas un risque de fuite ni un danger pour la sécurité publique, a-t-elle reconnu. Mais il est raisonnable de veiller à ce que les autorités publiques soient tenues informées de l'endroit où il se trouve.»