Le programme annoncé touche les travaux en cours, d’où la décision de rendre admissibles les commerçants de la route de l’Église. Il s’appliquera aussi aux travaux du réseau structurant de transport en commun pour les tracés du tramway et du trambus.

Les commerçants de la route de l’Église seront indemnisés

La Ville de Québec mettra finalement sur pied un programme de compensation pour les entreprises affectées par la réalisation de grands travaux, incluant ceux subis par les commerçants de la route de l’Église.

Le programme annoncé, que le maire de Québec appelle pour l’instant une «intention politique», touchera principalement les entreprises de commerce de détail, d’hébergement, de restauration, de divertissement et certains services comme les salons de coiffure et les entreprises de location d’équipements divers, par exemple la location d’outils.

Les entreprises admissibles devront se situer dans un périmètre de 200 mètres de la zone de travaux. Ces travaux devront être d’une durée minimale de quatre mois consécutifs pour des travaux souterrains et de six mois consécutifs pour des travaux de surface. Dans chaque cas, ils doivent engendrer une entrave à la circulation, a expliqué Régis Labeaume. 

La Ville a élaboré ce programme en analysant les initiatives de 13 villes en Europe et en Amérique du Nord, dont Montréal.

Les commerçants admissibles auront droit à un premier versement forfaitaire de 5000 $ au début des travaux. Par la suite, ils devront fournir une preuve de pertes financières sur le bénéfice brut. La Ville remboursera les pertes supérieures au quinzième de pourcentage, jusqu’à un maximum de 30 000 $ pour l’aide totale annuelle.

«L’idée est que les commerçants peuvent subir une baisse d’achalandage, donc du chiffre d’affaires. Je ne pense pas que quelqu’un passe devant l’Industrie Alliance en disant : “Je vais arrêter m’acheter une petite police”», a imagé le maire pour décrire les limites du programme. De même, les commerces des centres commerciaux qui disposent de plusieurs voies routières ne seront pas admissibles. Tout comme ceux qui ont moins d’une année d’existence.

Le programme annoncé touche les travaux en cours, d’où la décision de rendre admissibles les commerçants de la route de l’Église. Il s’appliquera aussi aux travaux du réseau structurant de transport en commun pour les tracés du tramway et du trambus.

«Nous estimons chaque année devoir débourser 5 millions $ en compensation pendant la période d’implantation du réseau», commente le maire Labeaume.

Commerçants satisfaits

Le directeur général du restaurant Portofino, Bertrand de l’Épinay, s’est montré heureux de cette avancée même s’il s’agit d’une indemnisation partielle. 

«C’est loin de couvrir la totalité des pertes. Nous, on a perdu entre 90 000 $ et 100 000 $ depuis avril. Mais c’est une belle victoire. Je suis content. La plupart des commerçants seront contents.»

Les représentants des Sociétés de développement commercial (SDC) étaient présents pour l’annonce. Eux aussi se montrent satisfaits. «Je pense que c’est un programme qui a des améliorations par rapport à celui de Montréal. Déjà avec le 5000 $ attribué au début des travaux, c’est un atout majeur», soutient Jean-Pierre Bédard, directeur général de la SDC Montcalm. De plus, il se réjouit que les SDC vont obtenir un budget d’atténuation des travaux de 30 000 $, notamment pour faire de la promotion.

«Ce sont des mesures d’atténuation qui peuvent être mises en place autant avant, pendant, qu’après les travaux pour inviter les gens à venir nous voir», renchérit Jacques André Pérusse, directeur général de la SDC Vieux-Québec, qui aurait aimé disposer d’un tel budget pendant la réfection des travaux des trottoirs de la rue Saint-Jean l’été dernier.

Revirement de situation

Lors du conseil municipal qui a suivi l’annonce, l’opposition officielle s’est donné le crédit de la mise en place de ce programme, arguant avoir maintenu une pression politique. Le conseiller de Québec 21, Patrick Paquet, pense que l’Équipe Labeaume a fait preuve d’improvisation après avoir refusé d’indemniser les commerçants en milieu d’été. Le conseiller du district du Plateau, Rémy Normand, avait froidement accueilli les commerçants qui se plaignaient des travaux en répliquant que les baisses de revenus dépendaient peut-être de la façon dont ils menaient leurs affaires.

Le dossier des compensations est né pendant la saison chaude avec les travaux de transformation majeurs de 13,6 millions $ de la route de l’Église entre le chemin des Quatre Bourgeois et le boulevard Hochelaga.

Les difficultés des commerçants du secteur ont été mises au jour le 19 juillet, quand le propriétaire du Shack, Mathieu Girard, annonçait sur Facebook qu’il mettait la clef sous la porte à cause des travaux.

En revenant des vacances, le maire Labeaume avait confirmé que son administration avait commencé une réflexion sur le sujet.