La Ville profite du dépôt de sa politique pour élargir la notion de chien à risque. Ainsi, un chien à risque est un chien : qui a mordu, a tenté de mordre, a attaqué ou tenté d’attaquer une personne, sans lui causer la mort; qui a mordu un animal en lui causant une lacération de la peau; qui a commis un geste susceptible de porter atteinte à la sécurité d’une personne ou d’un animal.

Les chiens à risque dans la mire de la Ville

La Ville de Québec évacue l’idée d’interdire les chiens de type pitbulls sur son territoire. Par contre, elle exercera un contrôle plus serré auprès des propriétaires de chiens jugés à risque. Il leur en coûtera plus cher pour obtenir un permis de garde et ils devront se plier à des conditions sévères sous peine d’amende.

L’administration municipale a fait connaître jeudi sa nouvelle politique en matière de gestion animalière. Force est de constater qu’on est loin de la position initiale prise par le maire de Québec en 2016. Régis Labeaume voulait alors bannir les Pittbulls sur le territoire dans la foulée du décès de Christiane Vadnais, une résidente de Montréal, tuée par un pitbull.

Les associations de vétérinaires et de défense des droits des animaux ont toujours privilégié le concept de chiens dangereux. C’est cette voie qu’emprunte la Ville de Québec. «Ce qu’on se rend compte avec la législation actuelle, c’est que de cibler une race ça ne fonctionne pas. L’avenue, c’est le comportement du chien», explique le conseiller Patrick Voyer, responsable de la sécurité publique et de la gestion animalière.

La Ville profite du dépôt de sa politique pour élargir la notion de chien à risque. Ainsi, un chien à risque est un chien : qui a mordu, a tenté de mordre, a attaqué ou tenté d’attaquer une personne, sans lui causer la mort; qui a mordu un animal en lui causant une lacération de la peau; qui a commis un geste susceptible de porter atteinte à la sécurité d’une personne ou d’un animal.

Cette nouvelle définition permet un meilleur contrôle à la suite d’une dénonciation, estime M. Voyer. Il rappelle le cas de cette policière qui avait subi une morsure sans saignement. Un juge avait tranché que le chien ne constituait pas un risque parce que la blessure ne saignait pas.

Saisie et amende

Lorsqu’un comportement répréhensible sera rapporté aux autorités, le chien sera saisi et évalué par un expert et le propriétaire recevra une amende. «On voulait un durcissement des sanctions. Là, on peut dire : “On a évalué votre chien. Il est à risque. Vous avez une amende de 300 $”», ajoute Marie-Pierre Raymond, directrice de la prévention et de la qualité du milieu à la Ville de Québec.

Le règlement précise que le propriétaire devra aussi se soumettre à toute condition de garde jugée pertinente par l’évaluateur du chien : port d’une muselière en tout temps, suivi d’un cours de dressage, garde du chien uniquement sur la propriété, etc. En cas de non-respect des conditions, le maître pourrait recevoir une amende, pouvant atteindre jusqu’à 2000 $.

La politique définit toujours la notion de chien dangereux. Un chien ainsi étiqueté devra être euthanasié. Il s’agit d’un chien qui a causé la mort d’une personne, d’un chien à risque ayant été déclaré dangereux par les autorités compétentes ou d’un chien qui récidive après avoir été déclaré à risque.

M. Voyer promet que la politique sera assortie de moyens de contrôle suffisants. Notamment, il compte implanter une escouade canine formée d’étudiants aspirants policiers. Leur présence se fera sentir dans les parcs à chiens de la Ville.

Coûts modulés

Le règlement propose aussi une tarification modulée pour l’obtention d’un permis de garde. Au haut de l’échelle, il en coûtera 250 $ par an pour les propriétaires d’un chien jugé à risque.

La politique actuelle fixe au coût unique de 38 $ par an le permis pour un chien stérilisé ou non. La Ville de Québec veut moduler les prix du permis selon trois catégories de chien : stérilisé, non stérilisé et à risque.

Des villes comme Calgary, Ottawa et Winnipeg modulent déjà le coût du permis. La moyenne des grandes villes canadiennes est de 51 $ pour un chien stérilisé et de 32 $ pour un chien non stérilisé. À Québec, il en coûterait dorénavant 30 $ pour un chien stérilisé, 38 $ pour un chien non stérilisé.

Enfin, l’obtention d’un permis de garde de chat, 10 $ pour un chat stérilisé et micropucé et 30 $ pour tout autre chat, demeure sur une base volontaire. La Ville veut convaincre les propriétaires à s’en procurer un en ajoutant une série d’avantages. 

Ainsi, la Ville paiera, en partie, le micropuçage à tout détenteur d’un permis. De plus, le propriétaire ne recevra pas d’amende si son animal se retrouve au centre animalier après s’être égaré.

+

DEUX FOIS PLUS DE CHATS QUE DE CHIENS À QUÉBEC

Quelque 116 600 chats et 58 400 chiens sont membres de familles qui habitent le territoire de la Ville de Québec, selon un récent sondage. Près du tiers des ménages possède au moins un minou tandis qu’un sur cinq cohabite avec toutou.

Le sondage Léger, réalisé auprès de 2502 répondants, révèle que 43 % des ménages possèdent au moins un chat ou un chien. Le total des 175 000 animaux estimés, chats et chiens, n’inclut pas les animaux errants.

Beauport devance d’un museau la Cité-Limoilou pour l’arrondissement où on retrouve le plus de chats domestiques 23 700 versus 23 400. Le quart des propriétaires du territoire disent laisser sortir leur chat sans laisse. 

C’est dans l’arrondissement Lac-Saint-Charles où il y a le plus de représentants de la gent canine avec 14 400. Charlesbourg, avec ses 10 900 chiens, suit Beauport à la trace qui en compte10 800.

Des propriétaires sondés, 10 % affirment promener leur animal sans laisse sur le trottoir et 21 % les laissent en liberté dans les parcs.

Le sondage a été mené sur le Web et par téléphone auprès de résidents âgés de 18 ans et plus entre le 21 et le 30 mars 2019. Il a une marge d’erreur de plus ou moins 1,96 % 19 fois sur 20. Jean-François Néron

+

EN CHIFFRES

31%

Nombre de ménages qui possèdent au moins un chat. Ce pourcentage tombe à 7% avec deux chats et à 3% avec trois chats et plus.

19%

Nombre de ménages qui possèdent au moins un chien. Ils sont 3% à en posséder deux et moins de 1%, trois et plus.

95%

Des chats domestiques sont stérilisés contre 80% des chiens.

32% 

Des chiens sont micropucés et 19% des chats.