Le territoire de la ville de Lévis n'est pas soumis à la Loi sur les services essentiels. C'est dire que si une grève est déclenchée, tous les autobus pourraient rester au garage.

Les chauffeurs de la STLévis abandonnent l'uniforme

Les 107 chauffeurs de la Société de transport de Lévis (STLévis) ont laissé tomber l'uniforme pour des vêtements civils depuis deux semaines, question de protester contre une organisation du travail «déficiente» et «archaïque».
«On ne s'habille pas en clowns, mais on est rendu à des moyens de visibilité pour le moment», explique Stéphane Girard, le président du Syndicat des chauffeurs d'autobus de la Rive-Sud. Le mercredi, ils arborent tous un chandail orange pour protester contre la loi 24, qui encadre dorénavant les négociations de travail des différentes sociétés de transport au Québec. Selon M. Girard, cette loi crée un avantage pour l'employeur.
Les chauffeurs de la STLévis sont sans convention collective depuis le 31 décembre dernier. Une vingtaine de rencontres de négociations ont eu lieu depuis, mais le syndicat a quitté la table il y a environ une semaine pour prendre «une pause et réfléchir». 
«Les négociations ne sont pas rompues, mais [du côté patronal], on a voulu revenir en arrière sur certaines choses», justifie M. Girard. 
20 % d'absentéisme
Ce ne sont pas les discussions sur les salaires ou les fonds de pension qui achoppent, mais bien l'organisation du travail. M. Girard soutient qu'il y a 20 % de taux d'absentéisme à la STLévis, soit bien davantage que dans toutes les autres sociétés de transport au Québec. Et ces absences répétées font grimper le nombre d'heures supplémentaires, selon lui. «On fait des 15 heures par jour, alors qu'ailleurs, c'est maximum 12 heures. Les chauffeurs sont brûlés.»
Le syndicat déplore également le recours à plusieurs employés sur appel, aux horaires fixés à la dernière minute et à de la sous-traitance dans l'ouest de la ville, avec Autocars des Chutes. «On appelle parfois les gens à 4h45 le matin pour leur offrir l'horaire de la journée», donne en exemple M. Girard. 
Pour le moment, le syndicat n'envisage pas de faire la grève, mais il conserve cette carte dans son jeu. En septembre, si aucune entente ne survient entre les deux parties, un arbitre sera nommé. 
Pas l'enfer
Le conseiller municipal et président de la STLévis, Michel Patry, ne condamne pas le type de moyen de pression adopté par les chauffeurs de la STLévis, bien qu'il préférerait qu'ils portent leur uniforme. 
Il soutient que du côté patronal, la porte est ouverte à d'autres négociations. «On les attend à la table. La directrice des ressources humaines a même soumis des dates», exprime-t-il.
Selon M. Patry, l'organisation du travail, «c'est quelque chose de très complexe» et l'employeur a aussi des demandes pour améliorer les choses. «S'ils ont des bonnes idées, je suis prêt à les entendre [...], mais il ne faudrait pas laisser croire que c'est l'enfer travailler à la STLévis, parce que ce n'est pas le cas.»
Pour l'heure, M. Patry ne se prépare pas à une grève imminente et espère ne pas en arriver là. Il faut savoir que la Société de transport de Lévis n'est pas soumise à la Loi sur les services essentiels. C'est dire qu'en cas de grève, aucun autobus ne serait en fonction. 
À Québec, les chauffeurs du Réseau de transport de la Capitale (RTC) avaient menacé de faire la grève en mars dernier, mais celle-ci avait été évitée à la dernière minute.