Plusieurs milliers de chasseurs se trouvent présentement et se trouveront en forêt dans les prochains jours afin de pratiquer la chasse à l’orignal, une activité toujours aussi populaire sur la Côte-Nord.
Plusieurs milliers de chasseurs se trouvent présentement et se trouveront en forêt dans les prochains jours afin de pratiquer la chasse à l’orignal, une activité toujours aussi populaire sur la Côte-Nord.

Les chasseurs et les étudiants préoccupent la santé publique de la Côte-Nord

Steeve Paradis
Steeve Paradis
Collaboration spéciale
BAIE-COMEAU – La période de la chasse et le congé scolaire à venir des étudiants de niveau post-secondaire préoccupent particulièrement les autorités de santé publique de la Côte-Nord, une région toujours en zone jaune pour l’instant mais qui risque de recevoir pas mal de gens provenant de zones rouges dans les jours à venir, malgré les recommandations de ne pas voyager entre les régions.

Plusieurs milliers de chasseurs se trouvent présentement et se trouveront en forêt dans les prochains jours afin de pratiquer la chasse à l’orignal, une activité toujours aussi populaire sur la Côte-Nord. Une bonne partie de ces chasseurs proviennent de l’extérieur de la région et en théorie, ils ne devraient pas s’y rendre. Il faut toutefois comprendre que la chasse se prépare des mois à l’avance et bien des nemrods en herbe prennent des vacances pour ce faire.

«Idéalement, ce qui est recommandé aux résidents en zone rouge, c’est de ne pas se rendre dans une zone jaune» lance d’entrée de jeu le médecin-conseil en santé publique sur la Côte-Nord, le docteur Richard Fachehoun. «Il ne faut pas partager son camp de chasse avec quelqu’un qui n’est pas de sa famille», a-t-il indiqué en rappelant le respect de la règle des deux mètres. Évidemment, ces consignes ne sont pas nécessairement faciles à respecter en forêt.

Les étudiants

Quant au président-directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Côte-Nord, il s’est dit «très préoccupé» par le retour de nombreux étudiants lors du congé de mi-session dans les universités. Privés d’université chez eux, les jeunes Nord-Côtiers sont nombreux à poursuivre leurs études à l’extérieur, surtout dans des établissements se trouvant en zone rouge.

«On leur demande (aux étudiants) de respecter les consignes, soit de ne pas quitter la zone rouge», a soutenu Claude Lévesque. «Même chose pour ceux qui veulent aller voir leurs enfants dans des zones rouges.»

M. Lévesque a aussi révélé que le ministère de la Santé et des Services sociaux a demandé à la Côte-Nord de prévoir des lits d’hospitalisation pour les patients atteints de la COVID-19. Depuis le début de la pandémie, les patients contaminés sont transférés dans un hôpital de la région de Québec, mais comme la Capitale-Nationale se trouve en zone rouge, un plan B doit être prévu.

La demande initiale du ministère était d’installer un site COVID-19 à Sept-Îles et un autre à Baie-Comeau. Toutefois, à ce dernier endroit, le manque d’effectifs en médecine interne (deux médecins sur quatre) rend cette installation plutôt hasardeuse. «C’est pour ça que le ministère a accepté de surseoir à l’installation de lits à Baie-Comeau», fait valoir le pdg par intérim.

Donc, à compter du 12 octobre, une vingtaine de lits destinés à des patients atteints de la COVID-19, et qui ne nécessitent pas de soins intensifs, seront installés à Sept-Îles. Ces lits seront destinés aux résidents de l’est de la Côte-Nord principalement. Pour Baie-Comeau et l’ouest du territoire, le CISSS anticipe de transférer encore les patients vers Québec, Rimouski et Saguenay.

Au cours des sept derniers jours, sept nouveaux cas d’infection au coronavirus sont apparus dans la région, portant le total à 157 depuis le début de la pandémie. Une seule des huit personnes présentement atteintes est hospitalisée. Cent quarante-neuf cas sont considérés comme rétablis.