Marie Pelletier de la Maison des jeunes de Boischatel

Les casseroles des organismes communautaires s'invitent au FEQ

C'est au bruit des casseroles qu'a vibré une toute nouvelle scène improvisée, mardi, pendant le Festival d'été. Des organismes communautaires ont manifesté devant l'Assemblée nationale pour sensibiliser la population à leur sous-financement.
«On veut se faire entendre même si c'est l'été et les vacances.» Marie Pelletier, de la maison des jeunes de Boischatel, est de ceux qui sonnent l'alarme du sous-financement des organismes communautaires au Québec.
Comme bien d'autres, elle a récemment dû réduire les services. Une situation qui devient intenable. «Les gens ne s'imaginent pas tout ce qu'on fait. Moi, je travaille 60 heures par semaine. Des parents m'appellent à la maison. Récemment, j'ai travaillé sur trois cas de suicide. Et pourtant, on n'a pas la faveur du public ni des médias», se désole-t-elle.
Le fait de tenir une manifestation devant l'Assemblée nationale au coeur de l'été ne tient pas du hasard. Il y a affluence au Festival d'été. Pour les organismes, c'était l'occasion de rencontrer une foule de gens venus assister aux spectacles.
Crainte de coupes
Depuis deux ans, le milieu communautaire réclame 225 millions $ supplémentaires. Le Parti québécois avait promis 162 millions $ sur trois ans. Le Parti libéral n'a pas donné suite à cette demande. Au contraire, les organismes craignent maintenant des coupes supplémentaires.
«Je me questionne vraiment sur ce qu'on veut comme projet de société, s'inquiète Mme Pelletier. On a écrit des lettres ouvertes. On a déposé une pétition de 75 000 noms. Et rien ne change. Maintenant, on est rendu à une autre étape.»
Les regroupements d'organismes au Québec prévoient une grève sociale à l'automne. Certains fermeront leurs portes ou arrêteront de fournir des services. «C'est sûr que c'est délicat parce que certains services essentiels d'hébergement ou de cuisine collective ne peuvent cesser leurs activités. Il y a des gens qui en dépendent.»
Déjà, vendredi, la Maison des jeunes de Val-Bélair fermera symboliquement ses portes une journée.