Au Canada, les bébés de 3-4 semaines crient et pleurent tout près de 150 minutes par jour en moyenne, contre 118 min/j ailleurs pour cette catégorie d'âge.

Les bébés canadiens, rois du braillage

Les parents canadiens seraient-ils des martyrs ? C'est ce que laisse entendre une étude qui vient de paraître dans le Journal of Pediatrics et qui a trouvé que les bébés de 3 à 4 semaines pleureraient en moyenne une demi-heure de plus par jour au Canada qu'ailleurs dans le monde.
Le travail d'un trio de chercheurs en psychologie de Grande-Bretagne mené par Dieter Wolke, de l'Université Warwick, a consisté à colliger une trentaine d'études sur les pleurs et les coliques chez les nourrissons de moins de trois mois. En séparant par tranche d'âge les près de 9000 enfants inclus dans leurs données, les auteurs ont établi que les enfants passent grosso modo entre 115 et 130 minutes par jour à pleurer au cours de leurs six premières semaines de vie - encore que leurs chiffres suggèrent aussi de très fortes variations individuelles.
Mais étonnamment, c'est moins l'âge des poupons que leurs pays d'origine qui faisait le plus de différence. Il semble qu'au Danemark, les bébés sont particulièrement «faciles», pleurant significativement moins que la moyenne dans toutes les tranches d'âge. La seule étude canadienne incluse dans l'analyse portait uniquement sur les enfants de 3-4 semaines montre qu'ici, les bébés de cet âge crient et pleurent tout près de 150 minutes par jour en moyenne, contre 118 min/j ailleurs pour cette catégorie d'âge. Les taux de coliques étaient également plus élevés au Canada : 34 % contre 18 % en moyenne pour les 3-4 semaines.
«Une analyse des biais de publication montre que les écarts constatés entre les pays apparaissent robustes, écrivent les auteurs. Cependant, nous ne pouvons que spéculer sur les raisons qui expliquent ces différences, en particulier celles du Danemark.»
Il peut s'agir selon eux de conditions socio-économiques comme d'habitudes parentales - façons de répondre aux pleurs, façons de porter les bébés, etc. - ou alors de variantes génétiques qui seraient plus fréquentes dans certains pays que dans d'autres.
Quoi qu'il en soit, les auteurs espèrent que leur «échelle des pleurs» aidera les professionnels de la santé «à rassurer les parents inquiets de savoir si leur enfant se situe dans la fourchette normale ou s'il pleure de manière excessive», a indiqué M. Wolke dans un communiqué de l'Université Warwick.