Les résultats préliminaires de l’enquête COMPASS-Québec révèlent que les jeunes répondent bien au confinement.
Les résultats préliminaires de l’enquête COMPASS-Québec révèlent que les jeunes répondent bien au confinement.

Les adolescents réagissent bien au confinement et aux mesures sanitaires, selon un nouveau sondage

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Règle générale, les adolescents de la Capitale-Nationale appliquent les mesures de santé publique et prennent la COVID-19 au sérieux. Les résultats préliminaires de l’enquête COMPASS-Québec révèlent également que les jeunes répondent bien au confinement.

Le sondage, réalisé auprès de 4100 jeunes dans une vingtaine d’écoles secondaire de la région, met principalement en lumière leur connaissance de la COVID-19 et des mesures sanitaires. Si 77% des répondants ont déclaré que «la COVID-19 représente peu de risques de complications pour les jeunes», seulement 13% ont affirmé que le virus n’était seulement dangereux que pour les personnes âgées.

Une majorité d’entre eux ont également appliqué les mesures émises par la santé publique. En effet, plus de 80% des adolescents sondés disent avoir «évité les endroits achalandés» ou encore «annulé ou déplacé» des sorties. 96% d’entre eux ont pris au sérieux les mesures gouvernementales.

Il était «important d’aller chercher ces données», affirme le Dr Slim Haddad, médecin‐conseil à la Direction régionale de santé publique de la Capitale‐Nationale. Le chercheur au centre VITAM avoue d’entrée de jeu qu’il ne savait pas ce qu’ils allaient trouver puisque très peu d’études internationales se sont penchées sur l’impact de la COVID-19 chez les adolescents.

«En général, on ne voit pas de situation problématique globale. Les jeunes s’adaptent bien et sont résilients face à la pandémie», soutient Dr Haddad, qui précise que cette enquête permettra peut-être de «nuancer» le terme «jeune» qui a le dos large ces jours-ci. Les répondants, âgés en moyenne d’un peu plus de 15 ans, ne correspondent pas à la même catégorie d’âge que les «jeunes adultes», par exemple.

Les réactions générales observées par le Dr Haddad et son équipe sont même plutôt positives. Alors que les chercheurs craignaient observer une augmentation tangible de la consommation de substances psychoactives (drogue, alcool, tabac) durant le confinement, le sondage indique qu’entre 1% et 8% de jeunes en ont consommé davantage, selon le type de substances.

«On ne peut pas nier que la pandémie a impacté les adolescents et que ça a été dur pour eux. Mais, selon les résultats, la COVID-19 ne les a pas plongés globalement dans une grande détresse. Ce qui n’empêche pas que certains aient pu vivre difficilement la pandémie», précise Dr Haddad.


« On ne peut pas nier que la pandémie a impacté les adolescents et que ça a été dur pour eux. Mais, selon les résultats, la COVID-19 ne les a pas plongés globalement dans une grande détresse. Ce qui n’empêche pas que certains aient pu vivre difficilement la pandémie »
Dr Slim Haddad, médecin‐conseil à la Direction régionale de santé publique de la Capitale‐Nationale

Si 76% des jeunes admettent avoir passé plus de temps derrière un écran, 63% déclarent avoir communiqué davantage, en ligne, avec leurs amis, soutient le professeur titulaire à la faculté de médecine de l’Université Laval. «Imaginez que la pandémie ait lieu il y a 25 ans, quand il n’y avait pas beaucoup d’écran. Vous pourriez me dire que les adolescents auraient peut-être lu davantage, mais ils n’auraient pas gardé autant contact avec leurs amis ou leur famille», affirme Dr Haddad. Bien que le temps d’écran préoccupe la Santé publique en général, dans ce cas-ci, c’est un temps d’écran presque positif puisqu’il n’isole pas le jeune, mais lui permet plutôt de communiquer davantage, explique le chercheur.

Une inquiétude presque bénéfique

Selon l’enquête, les deux tiers des répondants indiquent s’être ennuyés, la moitié s’être sentie seul(e) et, le quart, plus anxieux ou stressé. 70% disent d’ailleurs «avoir eu peur de prendre du retard dans leurs apprentissages scolaires».

Pour le Dr Haddad, l’inquiétude n’est pas «toujours un signal négatif». Elle peut parfois illustrer un «sens de responsabilisation». Étant donné que le sondage n’indique pas de comportements inquiétants, selon les chiffres de consommation de substances psychoactives, par exemple, les chercheurs ne sont pas en mesure de déclarer la situation préoccupante. «En général, on observe que les adolescents se sont bien adaptés au confinement», conclut Dr Haddad.