Le révérend Paul Mukendi et son avocate Me Dominique Bertrand

L’épouse du révérend Mukendi crie au complot

Les avocats du pasteur Paul Mukendi veulent démontrer au jury «l’invraisemblance» du témoignage de l’ex-fidèle, qui dénonce 14 années de sévices physiques et sexuels. Avec, notamment, le récit de l’actuelle épouse du révérend, qui crie au complot.

Carmen Calenga Mukendi, 35 ans, a épousé le révérend en janvier 2011, au Congo. Elle a émigré au Québec à l’été 2013, quelques mois après la naissance de leurs filles jumelles.

La période des accusations reprochées à Paul Mukendi (agression sexuelle, voies de fait lésions, voies de fait armées, menaces de mort) s’étend d’avril 2002 à avril 2016.

À son arrivée à Québec, Mme Mukendi considère Leya*, la plaignante, comme une fille «gentille, souriante, toujours de bonne humeur, serviable».

Le couple Mukendi a beaucoup aidé Leya financièrement, assure l’épouse. «Elle avait toujours des problèmes pour payer son logement, l’autobus, la nourriture, son téléphone», énumère Mme Mukendi qui affirme avoir fait des virements pour une somme de 3530 $ à Leya, sans compter des montants versés en argent comptant.

Les virements ont cessé le 26 mars 2016. Carmen Calenga Mukendi soutient que le couple voulait alors que la jeune femme se prenne en main par elle-même.

Dans son témoignage, Leya affirme avoir été violemment agressée par le pasteur Mukendi en mars 2016 et avoir rompu sa relation avec lui par la suite.

Mme Mukendi est persuadée que, contrairement à ce que la plaignante a affirmé, Leya n’a jamais dormi à sa maison. Et n’a bien sûr jamais eu de relations sexuelles avec son mari à son insu. «Ce serait absurde qu’elle ait couché avec mon mari alors que je dormais, affirme Mme Mukendi. Je n’ai pas un sommeil profond, j’entends tous les bruits.»

De plus, a déjà dit Mme Mukendi aux policiers, son mari est «un homme de Dieu» et ne peut coucher avec quelqu’un d’autre que sa femme.

Pas violent

L’épouse répétera à plusieurs reprises que son mari n’est pas un homme brutal. «S’il avait été violent avec moi, si j’avais une once de doute, je l’aurais quitté depuis longtemps», lance-t-elle.

Paul Mukendi n’a jamais été violent non plus avec ses enfants, affirme l’épouse. «C’est moi la patronne à la maison, c’est moi qui fait l’éducation des enfants!»

Lorsque les policiers de Québec sont venus arrêter le révérend chez lui, en octobre 2017, son épouse avait aussi nié toute violence. L’enquêteur avait aussi noté dans son calepin que la dame affirmait que «des gens ont manigancé des choses parce qu’ils sont jaloux de nous». À la cour, Mme Mukendi ne se souvenait pas d’avoir tenu de tels propos.

L’arrivée au Québec

Un premier témoin de la défense, Jean-Paul Kaswaka, a affirmé que Paul Mukendi est arrivé pour première fois au Canada, en juillet 2002, à Edmonton, et n’a déménagé au Québec qu’à l’été 2003.

Leya affirme avoir connu le pasteur Paul Mukendi à l’âge de «13 ans, 13 ans et demi» lorsqu’il a demeuré chez ses parents. Cette rencontre se situe donc autour de 2001, selon la plaignante.

La défense et la Couronne ont déposé une admission voulant que Paul Mukendi a eu un bail pour un logement sur le boulevard Pie-XII entre janvier 2004 et décembre 2006.

* Prénom fictif