Pour ajouter une voie dans chaque direction sur l’Autoroute Henri-IV entre les autoroutes Charest et Félix-Leclerc, Québec calcule désormais qu’il en coûtera au plus 300 millions $. Le gouvernement fédéral assumera 128 millions $, à même le fonds Chantiers Canada.

L’élargissement d'Henri-IV moins cher que prévu

EXCLUSIF / L’élargissement de l’autoroute Henri-IV coûtera moins cher que prévu. D’abord estimé entre 400 et 500 millions $, le projet a été ramené sous la barre des 300 millions $, a appris Le Soleil.

La facture de cet important chantier a été précisée lors de la rédaction du dossier d’affaires, document obligatoire pour que le conseil des ministres approuve les grands projets d’infrastructures. Y figurent notamment les détails du projet, l’échéancier et les coûts, calculés à partir des plans et devis définitifs.

Déjà convaincu de la pertinence des travaux et désormais assuré d’économiser, le gouvernement Couillard a dit oui et lancera bientôt les premiers appels d’offres, divisés en cinq lots pour la construction et un pour les aménagements paysagers.

Pour ajouter une voie dans chaque direction entre les autoroutes Charest et Félix-Leclerc, Québec calcule désormais qu’il en coûtera au plus 300 millions $. Le gouvernement fédéral assumera 128 millions $, à même le fonds Chantiers Canada.

Le projet prévoit également la reconstruction de 13 structures sur ce tronçon et l’ajout d’une troisième voie en direction nord entre Félix-Leclerc et l’avenue Chauveau.

Les premiers appels d’offres prévoient des interventions aux échangeurs de Félix-Leclerc et Einstein. Les travaux préparatoires, hors chaussée, doivent commencer cet automne et se poursuivre l’an prochain.

Réaménagement

L’échangeur Henri-IV–Charest, l’un des plus achalandés sur le réseau routier de Québec, sera éventuellement réaménagé lui aussi pour plus de sécurité et de fluidité. Les changements sont concentrés en direction nord. Tous les automobilistes désirant emprunter l’autoroute Charest prendront l’actuelle sortie menant vers l’est. Celle-ci se divisera ensuite en deux. Il suffira de garder sa droite pour aller vers Québec. À gauche, les véhicules auront accès à un nouveau pont d’étagement permettant de se diriger vers l’ouest. L’ancienne sortie en boucle sera détruite.

La chaussée sera reconstruite en béton plutôt qu’en asphalte. C’est un peu plus cher au départ, mais jusqu’à deux fois plus durable. Si bien que les économies peuvent atteindre 15 à 30 % sur un horizon de 50 ans. Il y a beaucoup de trafic lourd dans le secteur, où passent en moyenne 100 000 véhicules par jour.

Le montant de 300 millions $ exclut les travaux de reconstruction des ponts d’étagement de la rue Rideau et de la rivière Lorette, complétés en 2016. Il y en avait pour un peu moins de 29 millions $.

Ces derniers jours, le chef de l’opposition à l’hôtel de ville de Québec, Jean-François Gosselin, et d’autres commentateurs ont utilisé le chantier d’Henri-IV comme étalon pour critiquer le projet de réseau structurant de transport en commun de Québec.

Selon eux, il est impossible de construire et d’équiper un tramway, un trambus et des voies réservées sur 56 kilomètres pour un maximum de 3 milliards $ s’il faut 450 millions $ pour retaper et élargir deux kilomètres d’Henri-IV.

Les fonctionnaires de la Ville de Québec et du Réseau de transport de la Capitale (RTC) ont répliqué que ce n’était pas du tout le même type de travaux.