Lehouillier remet le troisième lien sur la table [VIDÉO]

Le maire de Lévis souhaite un engagement ferme des candidats fédéraux pour le financement du futur troisième lien. Si les positions des bloquistes et des conservateurs lui conviennent, Gilles Lehouillier attend toujours la position claire des libéraux.

Le point de presse de M. Lehouillier mardi matin ressemblait davantage à un avertissement pour les formations politiques.

«Nous serons présents, les populations se mobiliseront si jamais un parti politique fédéral qui prendrait le pouvoir s’aventurait à ne pas respecter les priorités du Québec en matière de transports. C’est l’engagement ferme qu’on prend aujourd’hui», a-t-il fait savoir. 

Le maire a rappelé qu’il appuyait le tramway et l’amélioration du transport en commun, mais que ça ne suffirait pas à régler les problèmes de congestion. 

«Tout parti politique fédéral rejetant cette priorité s’inscrit dès lors en porte-à-faux avec le pouvoir légitime du Québec de prendre ses propres décisions quant aux investissements dans les grandes infrastructures», a-t-il aussi indiqué.

M. Lehouillier déplore que les libéraux ne considèrent pas encore le troisième lien comme un «projet existant». Le tunnel Québec-Lévis pourrait entre autres remédier au problème de «1,6 million de litres d’essence gaspillés» ou de «1,5 million d’heures perdues dans les files d’attente qui s’allongent jusqu’à 25 km dans les périodes d’heure de pointe».

Plusieurs appuis

Le préfet de la MRC de Bellechasse, Clément Fillion, est animé par le développement économique de la région qu’un troisième lien pourrait créer. Quant à Pierre Lefrançois, préfet de la MRC de La Côte-de-Beaupré, selon lui le tunnel offrira une meilleure accessibilité pour les résidents et gens d’affaires du secteur. 

Finalement, la directrice générale de la Chambre de commerce de Lévis, Marie-Josée Morency, croit que le tunnel pourrait être une solution à la pénurie de main-d’œuvre, avec un transport plus «fluide» des travailleurs entre les deux rives. 

Jacques Savard, membre du conseil d’administration d’Alliance Affaires Côte-de-Beaupré, s’est aussi positionné en faveur du troisième lien. 

Pas oui, mais pas non

La députée sortante d’Ahuntsic-Cartierville, Mélanie Joly, était de passage à Québec mardi pour une discussion sur la position des femmes en politique, elle était accompagnée de trois candidates de la région, soit Laurence Harvey (Bellechasse–Les Etchemins–Lévis), Annie Talbot (Portneuf–Jacques-Cartier) et Manon Fortin (Beauport–Côte-de-Beaupré–Île-d’Orléans–Charlevoix).

Questionnée sur les propos du maire Lehouillier plus tôt en matinée, Mme Joly avait le même discours que son chef de parti : il y a une «disposition à l’ouverture» et «pas de fermeture» pour le troisième lien chez les libéraux. 

«Ça va nous faire plaisir d’avoir une bonne conversation [avec le gouvernement du Québec] pour nous présenter le projet, parce que présentement le projet est une hypothèse. On est là pour soutenir tous les projets de transports en commun, si le projet du troisième lien comprend du transport en commun, ça va nous faire plaisir de répondre présents. C’est important de lancer cette grande transition énergétique.»


« Tout parti politique fédéral rejetant cette priorité s’inscrit dès lors en porte-à-faux avec le pouvoir légitime du Québec de prendre ses propres décisions quant aux investissements dans les grandes infrastructures »
Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier

Les quatre femmes ont aussi rappelé les «coupures» prévues en infrastructures dans le plan financier des conservateurs.

«Ils vont prioriser les projets déjà déposés. Sachant que le projet du troisième lien est encore entre les mains du gouvernement provincial, il est évident que leur position d’aller de l’avant avec le projet est à prendre avec un grain de sel», a lâché Mme Harvey. 

Mme Joly a terminé en rappelant que les quatre dernières années ont prouvé que son parti est capable de travailler avec le gouvernement du Québec en matière d’infrastructures. «C’est exactement ce qu’on va continuer de faire.»

Ils attendent donc des chiffres et un projet complet avant de s’engager à financer le projet.