Lehouillier rassure les musulmans de Lévis

Fermée pendant deux jours, la mosquée de Lévis, située sur la rue Bégin, devrait rouvrir progressivement ses portes cette semaine, «dans la quiétude», estime le maire Gilles Lehouillier.
Tout de suite après les attentats de dimanche, la Ville de Lévis et son service de police sont entrés en contact avec les responsables de ce lieu de prière, qui a ouvert ses portes en mai dernier sur la rue Bégin, dans le Vieux-Lévis.
«Il y a des recommandations qui ont été faites par notre direction de fermer l'établissement pendant 48 heures, le temps de laisser retomber la poussière, mais ce sont les responsables qui ont pris la décision finale», explique Guylaine Laflamme, porte-parole du Service de police de Lévis.
Les policiers ont visité les lieux lundi matin, et ont assuré une vigilance accrue du lieu de culte, qui devrait se poursuivre cette semaine.
«On suit la situation de très, très près [...] C'est sûr que de la part de la communauté musulmane, il y a une certaine crainte actuellement, mais notre objectif premier est de les rassurer», a commenté le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, en marge d'une conférence de presse mercredi.
Pour l'instant, la Ville de Lévis n'a pas l'intention, comme Québec, d'investir pour sécuriser le local, car il se peut que le lieu choisi ne soit pas permanent. 
M. Lehouillier s'est entretenu mardi avec l'imam de la mosquée et les représentants de la communauté, qui compte environ une quarantaine de familles sur la Rive-Sud. «Les activités vont reprendre progressivement, dans la quiétude», a affirmé M. Lehouillier.
Selon lui, cette petite communauté est «très bien intégrée» dans sa ville. Et ce, même si l'ouverture du lieu de prière avait provoqué des questionnements au départ. Des tracts avaient même été distribués dans le voisinage, associant la mosquée à une organisation terroriste.
Le maire Lehouillier croit que cette initiative était l'oeuvre d'un groupe extrémiste, qui agit un peu partout au Québec. Le même genre de tracts aurait été distribué à Sherbrooke. «C'est un groupe d'activistes, qui essaient de faire peur au monde, qui essaient d'allumer des feux un peu partout. Mais avez-vous vu la communauté lévisienne embarquer là-dedans? Absolument pas. Il n'y a personne à Lévis qui a mordu à l'hameçon de ces tracts-là», croit M. Lehouillier.
Le maire croit que Lévis sera appelée à s'ouvrir davantage à l'immigration dans les années à venir. «L'immigration, c'est une nécessité. Ici, à Lévis, avec le plein emploi, on est la ville qui a connu la plus forte croissance dans tout le Québec. Alors, à un moment donné, l'ouverture au monde, c'est un ingrédient qui est essentiel pour la suite des choses.»
Il n'a pas été possible mercredi de s'entretenir avec l'imam de la mosquée de Lévis, Karim Elabed.