Lors de son bilan de campagne livré mercredi, le maire Lehouillier a de nouveau désigné la congestion routière comme problème numéro un à Lévis.

Lehouillier n’aurait «aucun problème» à tourner le dos aux libéraux

Le maire de Lévis et ex-député libéral Gilles Lehouillier est prêt à se rebeller contre sa famille politique si le gouvernement du Québec refuse de livrer d’ici 2020 les trois chantiers routiers que l’élu municipal identifie comme prioritaires.

Lors de son bilan de campagne livré mercredi, le maire Lehouillier a de nouveau désigné la congestion routière comme problème numéro un à Lévis.

Pour s’y attaquer, il «exige» du ministère des Transports du Québec (MTQ) qu’il réaménage la route des Rivières en boulevard urbain, construise un viaduc au-dessus de l’autoroute 20 pour rejoindre la rue Saint-Omer et élargisse à trois voies cette même autoroute entre Charny et Saint-Romuald. Tout cela «d’ici 2020 au plus tard». 

«La table est mise pour une campagne électorale provinciale qui va demander des réponses», a déclaré M. Lehouillier. 

Il s’est montré prêt à interférer dans la campagne de 2018 au besoin. «On va être très actifs. […] On va se faire le porte-étendard des gens qui vont prendre des engagements fermes, solides, avec une planification d’ensemble solide qui va permettre de régler une fois pour toutes les problèmes de congestion dans la grande région de Québec», a-t-il laissé tomber. 

Et si cette position devait l’obliger à tourner le dos à ses anciens collègues libéraux? «Je n’ai aucun problème avec ça», a-t-il répondu du tac au tac. 

«Je pense qu’il y en a qui n’ont pas encore vu qu’on est rendus la septième ville en importance au Québec», a déploré le maire de Lévis. «Et qu’est-ce qu’on a fait dans les dernières années? Zéro plus une barre pour Lévis dans l’amélioration des axes routiers. C’est pas compliqué: zéro», a-t-il ajouté en laissant échapper la contraction d’un juron. 

M. Lehouillier refuse de croire que la présence d’un député de la Coalition avenir Québec sur son territoire (François Paradis) a un lien avec la situation qu’il dénonce. «Si on dit ça, on accepte que les priorités gouvernementales, en matière de transport par exemple, sont décidées en fonction de ton allégeance politique. Ce qui serait assez incroyable. J’ose espérer que ce n’est pas le cas.»

Questionné précisément à savoir si Dominique Vien, ministre responsable de Chaudière-Appalaches, en a fait suffisamment dans les dernières années, le maire a été aussi direct: «Non. Pour Lévis, non.»

Cette dernière a «rejeté catégoriquement» les reproches. Par la voix de son attaché de presse, Florent Tanlet, elle a fait valoir que «le gouvernement a été présent dans tous les domaines à Lévis» ces dernières années. En transport seulement, des annonces «de plusieurs millions de dollars» ont été faites, notamment en lien avec l’élargissement de la 20, la reconstruction de l’échangeur Lagueux et le bureau de projet sur un éventuel troisième lien routier Québec-Lévis. Le cabinet de la ministre a même produit une longue liste des annonces où le maire a encensé le gouvernement. 


Je pense qu’il y en a qui n’ont pas encore vu qu’on est rendus la septième ville en importance au Québec
Gilles Lehouillier

16 sur 16

Gilles Lehouillier a rappelé mercredi qu’il travaillait pour que tous les sièges au conseil municipal soient occupés par les membres de son parti Lévis Force 10. «Nous, on vise rien de moins que 16 sur 16», a-t-il lancé sous le regard approbateur de ses 15 candidats dans les districts. 

Dix d’entre eux ont été élus sans opposition et forment donc déjà la majorité. Ce n’est pas qu’un avantage pour le maire sortant, qui doit lutter contre la perception qu’il est aussi élu par acclamation. «Non, non, j’ai un adversaire», doit-il répéter. 

M. Lehouillier est tout à fait confortable avec la perspective de se retrouver sans opposition au conseil. Alors que le maire de Québec, Régis Labeaume, compte sur les journalistes pour surveiller son administration, celui de Lévis s’en remet plutôt à ce qu’il appelle la «dynamique citoyenne». 

En gros, ce sont les commentaires et les questions des citoyens sur les services offerts et les décisions prises. M. Lehouillier donne l’exemple des parcs à chiens ou des travaux à venir sur la rue Bégin. «Pour moi, ce qui est important dans une ville, c’est d’être à l’écoute des citoyens et de se retourner de bord vite et dire: il y a quelque chose, les citoyens ne sont pas contents, qu’est-ce qui se passe, on va aller voir ça.»

Quant aux médias, le politicien compte sur eux pour faire le suivi de ses promesses, s’assurer qu’il est équitable, respecte les règles d’éthique et de gestion des contrats. «Je pense que les médias sont les chiens de garde de ce que la population souhaite avoir», dit-il, pas si loin finalement de son voisin d’en face. 

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EMBELLIR LE VIEUX-QUÉBEC AVEC AUDACE, PROPOSE LABEAUME

S’il est réélu, le maire sortant veut embellir le Vieux-Québec, le Vieux-Port et le quartier Montcalm avec l’installation de nombreux équipements design et utilitaires et colorer béton et asphalte. Il souhaite même que les taxis adoptent la marque distinctive de Québec.

L’annonce faite jeudi vise à offrir ce que Régis Labeaume appelle une «expérience touristique mémorable» aux visiteurs. La liste des projets est longue: supports à vélos esthétiques, aires de repos, bornes publiques de recharge pour téléphones et tablettes. Ce sont autant d’éléments qui actuellement font défaut, du moins en partie.

M. Labeaume souhaite aussi améliorer l’éclairage déficient dans les escaliers qui relient la basse et la haute ville. Certains passagers pourraient aussi être munis de capteurs qui actionnent l’éclairage à l’arrivée d’un piéton.

Le marquage au sol pourrait aussi devenir une identification distinctive de la capitale comme celui vu à Verdun où les traditionnelles lignes jaunes sont terminées par un dessin en forme de «mine au plomb» ce qui leur confère une forme de crayon taillé. «Nous voulons des oeuvres d’art, des trompe-l’oeil. Nous voulons mettre sur pied un Festival d’art public», propose-t-il.

Le candidat à la mairie envisage aussi d’offrir des heures gratuites de stationnement aux touristes pour les encourager à fréquenter les commerces des rues commerciales. Un projet existant dans d’autres villes et qui se fait en collaboration avec les hôteliers.

Enfin, la Ville a déjà commencé à travailler avec Taxi Coop pour définir une marque de commerce pour la capitale. M. Labeaume mentionne qu’il s’agit de s’entendre sur le modèle à retenir. Idéalement, tous les taxis seraient du même modèle, un projet plus difficile à mener à terme. 

Il en a profité pour assurer, du même souffle, que le but de son administration sortante de ramener 500 citoyens dans le Vieux-Québec devrait être atteint, tout en énumérant les projets d’habitation prévus à court et moyen termes.  Jean-François Néron

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GUÉRETTE VEUT UN SOMMET SUR LA MAIN-D'OEUVRE

La chef de Démocratie Québec s’engage à tenir un sommet sur la main-d’oeuvre dans les 100 jours suivant son élection. Anne Guérette veut réunir tous les acteurs économiques autour d’une même table pour trouver des solutions à court terme à la pénurie de main-d’oeuvre que vivent les entrepreneurs de la région, particulièrement ceux de la restauration et du commerce au détail. La candidate à la mairie allègue que les missions tous azimuts à l’étranger du maire sortant ne rapportent visiblement pas les bénéfices escomptés puisque le problème de pénurie perdure depuis quelques années déjà. Elle croit aussi fermement que de rendre la ville encore plus attrayante et conviviale pour attirer les jeunes qui auront ainsi «le goût d’y vivre».  Jean-François Néron