Le maire de Lévis, Gilles Lehouillier, voudrait inscrire la Société de transport de Lévis sur la liste des organismes visés par la Loi sur les services essentiels.

Lehouillier juge désuète la loi sur les services essentiels

Devant la menace de grève à la Société de transport de Lévis (STLévis), le maire Gilles Lehouillier appelle à la modernisation de la Loi sur les services essentiels. Il ne se fait toutefois pas d'illusions : il sera impossible de boucler les discussions avant un potentiel débrayage des chauffeurs d'autobus le 28 août.
Le maire de Lévis apparaît calme devant la grève annoncée par le Syndicat des chauffeurs d'autobus de la Rive-Sud-CSN. Ceux-ci ont déposé un avis de grève pour accélérer les négociations en cours.
«Ça fait partie des négociations normales que les gens se challengent un peu, ça fait partie de la game», a commenté vendredi M. Lehouillier. Il a réitéré sa confiance de voir les deux parties parvenir à une entente négociée sur les conditions de travail. À défaut, il a réinvité les chauffeurs à convenir d'un plan de services essentiels. 
Plus tôt cette semaine, le président du syndicat, Stéphane Girard, a rejeté catégoriquement cette possibilité, invitant plutôt la partie patronale à régler les derniers détails qui achoppent. 
Le président de la STLévis, Michel Patry, a réagi vivement dans un communiqué de presse. «J'aurais pensé que le président du syndicat des chauffeurs, monsieur Stéphane Girard, aurait démontré davantage d'intérêt envers les gens qui paient son salaire et qui seront les principales victimes de cet arrêt de travail. Ces milliers de personnes seront prises en otage dans les bouchons de circulation à compter du 28 août», a-t-il déclaré. 
Le maire calme le jeu
Le maire Lehouillier s'est montré plus serein, appelant à la «responsabilité» des chauffeurs face aux citoyens. Il s'est aussi montré intéressé à inscrire la société de transport lévisienne sur la liste des organismes visés par la Loi sur les services essentiels. Mais comme il a déjà tenté le coup - sans succès - lors de la dernière grève à la Société des traversiers du Québec (STQ) à l'automne 2015, le politicien entretient peu d'espoirs d'arriver à ses fins rapidement. 
«Le problème auquel est confrontés, c'est que revoir la Loi sur les services essentiels, c'est retourner à l'Assemblée nationale. Ça exige de tout rebrasser les cartes avec l'ensemble du monde syndical, du monde patronal pour revoir l'ensemble des services. C'est pas mal plus compliqué que je le pensais à l'origine», a-t-il témoigné vendredi. 
M. Lehouillier juge néanmoins que ce serait justifié : «Le transport collectif, il y a 25 ou 30 ans, c'était peut-être moins important qu'aujourd'hui. Il serait peut-être temps qu'on actualise ces lois-là, mais on s'embarque dans un débat de fond extrêmement important.»
Les négociations entre les parties se poursuivront la semaine prochaine.