Gilles Lehouillier (au centre) a taxé le président du Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale, Alexandre Turgeon, d’être le «pire des démagogues» après ses critiques du développement immobilier sur la rive sud.
Gilles Lehouillier (au centre) a taxé le président du Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale, Alexandre Turgeon, d’être le «pire des démagogues» après ses critiques du développement immobilier sur la rive sud.

Lehouillier défend sa stratégie en urbanisme

Annie Morin
Annie Morin
Le Soleil
Gilles Lehouillier invite le président du Conseil régional de l’environnement de la Capitale-Nationale à «suivre un cours 101 en urbanisme» à la Ville de Lévis. Non sans traiter Alexandre Turgeon d’être le «pire des démagogues» après ses critiques du développement immobilier sur la rive sud.

«Tu ne peux pas féliciter des villes qui sont des exemples patents d’étalement urbain, de ségrégation des fonctions et de développement autour du réseau autoroutier ou des routes à numéro du ministère des Transports», a fait valoir M. Turgeon dans nos pages, après la remise du prix d’urbanisme Jean-Paul-L’Allier au maire de Lévis. L’environnementaliste, diplômé en urbanisme et en aménagement du territoire, a aussi dénoncé une «densification cheap, sans avantage».

Gilles Lehouillier n’a pas apprécié cette sortie. «Je n’ai jamais vu de pareille démagogie. Quand je lisais ça ce matin, je me demandais sur quelle planète vit M. Turgeon? Je l’inviterais à venir suivre un cours 101 en urbanisme à la Ville de Lévis avec l’ensemble de la direction générale. Je le mets au défi de le faire parce qu’on va le mettre à jour, il a besoin d’être mis à jour», a-t-il pesté.

M. Lehouillier a ensuite révélé que le modèle de densification mis en application dans sa ville a été développé avec l’organisme Vivre en ville, fondé et toujours présidé par M. Turgeon. «Est-il en train de dire que ses gens ont fait une mauvaise job à la Ville de Lévis?» a demandé le politicien.

Cette déclaration a suscité une réaction du directeur général de Vivre en ville. Christian Savard a expliqué que son organisme a réalisé un mandat de moins de 25 000 $ «pour aider à se doter de critères pour encadrer la densification». «D’aucune manière on peut dire qu’on a influencé l’urbanisme global de la ville de Lévis. (…) On ne sait même pas si nos critères ont été utilisés», s’est-il défendu.

Reconnaissant à Lévis des bons coups dans l’aménagement d’espaces publics, M. Savard est toutefois prudent pour le reste. «Le développement à Lévis, de manière globale, n’est pas exemplaire. Je m’arrêterai là», a-t-il commenté brièvement.  

Loin de se remettre en question, M. Lehouillier a plutôt vanté allègrement son administration. «Nous avons la stratégie de développement durable la plus avant-gardiste au Québec. Nous nous sommes dotés d’un nouveau schéma d’aménagement des plus avant-gardistes au Québec. On reçoit même des félicitations du ministère des Affaires municipales et de tous les ministères. Nous avons associé le ministère de l’Environnement au développement conjoint d’un premier plan de gestion des milieux humides. On a été les premiers à se présenter devant les promoteurs pour leur dire : en-dehors du périmètre urbain, oubliez ça, on n’en fera pas de développement.»

Le maire a également tenu à positionner sa ville dans la grande région. «Lévis, c’est pas la banlieue de Québec. Je suis certain que c’est ça qu’il pense. C’est pas un champ de pissenlits, Lévis. C’est 75 000 emplois à Lévis. C’est la ville-centre de Chaudière-Appalaches.»

En toute fin de conférence de presse, après avoir abordé plusieurs autres sujets, M. Lehouillier n’a pu s’empêcher d’y aller de cette conclusion : «Lui (Alexandre Turgeon), je pense qu’il va être heureux quand il n’y aura plus une seule voiture en circulation. C’est une utopie.»