L’église du Très-Saint-Sacrement est située sur le chemin Sainte-Foy à Québec.
L’église du Très-Saint-Sacrement est située sur le chemin Sainte-Foy à Québec.

L'église du Très-Saint-Sacrement en voie d'être classée

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
Judith Desmeules
Judith Desmeules
Le Soleil
La ministre de la Culture du Québec a annoncé vendredi son intention de protéger l’église du Très-Saint-Sacrement pour éviter sa démolition.

«Mme Nathalie Roy, a récemment signé un avis d’intention de classement à cet effet. Par ce geste, elle souhaite que soit préservée cette église dont l’intérêt patrimonial repose sur ses valeurs historique, artistique, architecturale et paysagère», peut-on lire dans un communiqué de presse.

L’église située sur le chemin Sainte-Foy à Québec se voit donc en voie d’être classée en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel. Elle semblait pourtant vouée à la démolition. La paroisse ­Bienheureuse-Dina-Bélanger évaluait qu’il faudrait plusieurs millions de dollars pour seulement remettre en état le bâtiment. Il fallait ensuite trouver d’autres fonds pour lui offrir une nouvelle vocation.

D’ailleurs, une bonne part du contenu du lieu de culte a déjà été distribuée. Des discussions se poursuivaient afin de déménager les derniers vestiges, dont l’orgue et les bancs.

Pression du milieu

La députée solidaire Catherine Dorion, qui s’était prononcée à maintes reprises sur l’importance de sauver l’église, indique que la pression du milieu a fait bouger les choses.

«Les citoyens dans ­Saint-Sacrement ont été hallucinants, ils ont fait une grosse pétition, ils ont fait des études [...] ils ont fait beaucoup de choses. Beaucoup de monde fait partie de cette victoire-là, qui n’en est pas une encore. C’est un avis d’intention de classement. Il faut rester vigilants, il faut regarder ça», rappelle-t-elle.

Elle se réjouit toutefois de la décision. «C’est un bon pas, c’est une vraiment bonne nouvelle.»

Dès maintenant, avec la publication de l’avis d’intention de classement patrimonial émis, l’église du Très-Saint-Sacrement doit être traitée comme si elle était déjà classée. Elle échappe donc pour l’instant à la démolition, alors que la paroisse avait peine à imaginer un autre dénouement il y a à peine quelques mois.

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Histoire du quartier

Le communiqué diffusé par le ministère de la Culture fait aussi été de la valeur de l’église, on y rappelle son histoire et ses atouts. 

«Ce lieu de culte est étroitement associé à la congrégation du Très-Saint-Sacrement et à l’histoire du quartier Saint-Sacrement. Les religieux de cette communauté s’établissent au Québec en 1890. En 1915, ils fondent à Sainte-Foy un noviciat et un centre consacré à la dévotion eucharistique. Une première chapelle est inaugurée cette même année, mais elle est rapidement remplacée par l’église actuelle, qui est construite de 1920 à 1924. La paroisse du Très-Saint-Sacrement, érigée en 1921, relève de la congrégation du même nom jusqu’en 1994.»

«Cette église est représentative de l’architecture religieuse des premières décennies du XXe siècle par sa monumentalité et son style inspiré des lieux de culte médiévaux. [...] L’église contient aussi des vitraux exécutés par le maître verrier Marius Plamondon entre 1953 et 1961, et du mobilier intégré dessiné par l’architecte Adrien Dufresne entre 1943 et 1951.»