Le premier ministre François Legault
Le premier ministre François Legault

Legault: «Le message est clair et c’est une amende de 1000$!»

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Mercredi soir, mettez la visite dehors pas trop tard! À compter de minuit, en zone rouge, les policiers peuvent venir vous donner une contravention de 1000 $ si vous avez des visiteurs non essentiels à la maison. Tout rassemblement extérieur s’avère aussi interdit, toujours en zone rouge, et le port du masque devient obligatoire dans n’importe quelle manifestation, n’importe où.

«Le message est clair et c’est une amende de 1000 $!» a résumé le premier ministre François Legault, lors de son point de presse tenu mercredi en fin de journée.

«Il y a des vies en jeu. Notre réseau d’éducation est en péril, notre réseau de santé est en péril. Il faut agir. S’il y a encore des gens qui ne comprennent pas, ils vont comprendre», a-t-il tranché.

À quelques heures de faire passer Québec et ses environs, la majorité de la région de Chaudière-Appalaches et le grand Montréal en zone rouge d’alerte maximale à la COVID-19, dernier niveau du système à quatre paliers mis en place par le gouvernement il y a trois semaines, M. Legault s’est adressé aux Québécois en compagnie de sa vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, ainsi que du fidèle directeur national de santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Des retrouvailles

M. Legault et Mme Guilbault se retrouvaient en personne pour la première fois depuis le début de la pandémie. Au gouvernement, on s’assure que si le premier ministre tombe malade, par exemple de la COVID-19, la vice-première ministre sera en mesure de prendre le relais.

Ils se sont retrouvés presque coude à coude derrière le grand bureau de bois à l’avant de la salle Evelyn-Dumas, dans l’édifice adjacent au parlement où se déroule la majorité des points de presse du premier ministre Legault depuis le 12 mars. L’endroit est équipé depuis quelques jours de panneaux de plastique transparent pour séparer les intervenants assis devant.


« Il y a des vies en jeu. Notre réseau d’éducation est en péril, notre réseau de santé est en péril. Il faut agir. S’il y a encore des gens qui ne comprennent pas, ils vont comprendre »
Le premier ministre François Legault

L’heure aussi était différente. Pour la deuxième fois en trois jours cette semaine, le premier ministre a donné sa conférence de presse juste avant le souper. Il pourrait en prendre l’habitude. Il veut avoir l’attention directe de plus de Québécois, la plupart étant retournés au travail depuis les fameux points de presse de 13h durant le confinement.

Ils ont d’abord annoncé que trois municipalités régionales de comté (MRC) de Chaudière-Appalaches évitaient la zone rouge pour l’instant, celles des Etchemins, de Montmagny et de L’Islet. Et contrairement à ce qui avait été annoncé lundi, les bibliothèques publiques en zone rouge fermeront leurs allées, mais les citoyens pourront continuer d’y emprunter des livres.

Un bon vieux ticket

Puis ils ont abordé ce qui devient illégal. «À cause de l’insouciance ou la négligence d’une minorité», a insisté M. Legault.

Donc. Recevoir une visite non essentielle dans sa maison devient interdit par la loi. On entend par personne essentielle un proche aidant, une gardienne d’enfants ou un plombier, par exemple.

Mais si ce n’est pas le cas, contrairement à ce qui prévalait avant, les policiers pourront désormais vous donner un constat d’infraction sur-le-champ, chez vous. Un véritable et authentique ticket, mais de 1000 $. Plus les frais, ce qui fait grimper la facture à 1500 $ ou 1600 $.

Les forces de l’ordre ne peuvent toujours pas entrer chez vous sans mandat, par contre. Si jamais vous ne leur ouvrez pas la porte ou refusez qu’ils entrent, les policiers devront tourner les talons et aller quérir un télémandat auprès d’un juge. Ce qui prend quelques minutes à quelques heures.

Une fois entrés, ils devront constater l’infraction sur place. Un ou des visiteurs étrangers à la bulle familiale en zone rouge, plus que six en zone orange et plus que 10 en zone jaune. Ils pourraient alors constater toutes autres infractions, mais devront pour celles-là dresser un rapport d’infraction général, comme avant.

«Les policiers ne vont pas commencer à cogner au hasard à toutes les portes du Québec. Il n’y aura pas de chasse aux sorcières. On va le faire, puis les policiers vont le faire seulement s’il y a des motifs de croire que la loi n’est pas respectée», souligne le premier ministre.

Masque dans les manifs anti-masque

Quant aux rassemblements extérieurs, ils deviennent interdits en zone rouge. Donc à part avec les membres de votre bulle-foyer, vous devez vous tenir à 2 mètres de toute autre personne, que ce soit dans la rue, au parc ou ailleurs. Sinon, c’est aussi passible de 1000 $ d’amende.

Les participants à une manifestation, dans toutes les zones, doivent maintenant obligatoirement être munis d’un couvre-visage et le porter.


« Les policiers ne vont pas commencer à cogner au hasard à toutes les portes du Québec. Il n’y aura pas de chasse aux sorcières. On va le faire, puis les policiers vont le faire seulement s’il y a des motifs de croire que la loi n’est pas respectée »
Le premier ministre François Legault

Dans tous les cas, un rappel à l’ordre initial de la part des policiers devrait permettre aux gens de se conformer aux règles de santé publique et d’éviter la contravention de 1000 $.

«On s’attend à ce que dans la majorité des cas, les gens vont se conformer. Les gens vont quitter puis, donc, l’objectif va être atteint. Les gens vont s’être conformés puis on va éliminer le risque qu’on encourt de propagation du virus, explique-t-elle.

«L’objectif, ce n’est pas de donner autant de contraventions que possible, c’est évidemment d’amener les gens à se conformer aux règles. Donc, s’ils se conforment, n’auront pas de constat, mais à défaut de se conformer vont pouvoir avoir un constat.»

Pas possible de déjouer en zone orange

Pour les fins finauds qui espèrent déjouer la loi en se déplaçant d’une zone rouge à une zone orange, donc plus permissive, les restrictions vous suivront, prévient-on. Par exemple, avec la fermeture des salles à manger des restaurants en zone rouge, tout comme les bars, les cinémas et nombre d’autres lieux publics, un résidant d’une zone rouge qui irait manger dans un restaurant en zone orange se placerait dans l’illégalité.

Mme Guilbault parle de gradation des moyens. «On ne peut plus tolérer qu’une minorité d’insouciants compromettent les efforts d’une majorité de gens», résume la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique.

Les policiers se feront aussi plus visibles dans les zones rouges dans les parcs urbains, autour des cours des écoles et aux abords des zones rouges. Pas pour donner de contraventions, ici, mais bien dans un effort de sensibilisation, assure la ministre Guilbault.