Un décès et une quarantaine de personnes malades ont été recensées dans les dernières semaines en lien avec l'éclosion d'E. coli dans la laitue romaine.

L'éclosion d'E. coli dans la laitue démontre des lacunes de traçabilité

TORONTO - Un expert du secteur de la distribution alimentaire et professeur à l'Université Dalhousie, Sylvain Charlebois, s'étonne qu'il n'y ait toujours pas eu de rappel de produit depuis le début de la crise de contamination de la laitue romaine à la bactérie E. coli.

Selon lui, la difficulté d'identifier la source de la contamination démontre les lacunes du système de traçabilité et que celui-ci doit être amélioré.

Un décès et une quarantaine de personnes malades ont été recensées dans les dernières semaines en lien avec l'éclosion d'E. coli dans la laitue romaine.

Sylvain Charlebois note que ce genre de crise est particulièrement dangereuse durant la période des Fêtes, alors que les gens sont très occupés et qu'ils ne portent pas trop attention à ce qu'ils mangent.

L'Agence de la santé publique du Canada a mis la population en garde, une première fois en début de semaine dernière, annonçant 21 cas de personnes contaminées dans trois provinces en lien avec la laitue romaine.

Depuis, le bilan affiche un décès et 40 personnes malades dans cinq provinces. L'agence de la santé publique conseille maintenant les citoyens de l'Ontario, du Québec, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de Terre-Neuve-et-Labrador de consommer d'autres types de laitue que la laitue romaine jusqu'à ce qu'on en sache plus sur la source de la contamination.

«La bactérie E. coli dans la laitue, c'est quasiment fatal - on ne cuit pas la laitue, alors les risques sont très grands», observe M. Charlebois.

Le chercheur soutient qu'il y a de plus en plus d'intérêt envers la technologie des chaînes de blocs (blockchain) chez les épiciers. Ce système permet de rassembler des données numériques sur les aliments à chaque étape de la distribution. Dans une chaîne d'approvisionnement traditionnelle, un détaillant majeur peut avoir besoin d'une semaine pour retracer l'origine d'un produit, alors qu'il peut traverser 10 étapes avant d'atteindre les tablettes. Avec la technologie en chaîne de blocs, la recherche ne nécessite que quelques secondes.