Une demande sera bientôt formulée auprès de David Heurtel, nouveau ministre de l'Environnement, afin d'exiger une étude concernant les impacts possibles de l'élargissement de l'autoroute Henri-IV.

L'échéancier de l'autoroute Henri-IV sous pression

Le ministre des Transports du Québec (MTQ) croit être en mesure de retrancher «un an ou deux» à l'échéancier du mégachantier d'élargissement de l'autoroute Henri-IV, qui serait donc complété au mieux en 2022.
Robert Poëti et Régis Labeaume, maire de Québec, ont comparé leurs échéanciers respectifs, mardi. «On était proches», ont-ils dit en choeur. M. Labeaume avait pourtant resserré le sien au maximum, en réaction aux dernières projections du MTQ. Celles-ci sont passées de 14 ans à 10 ans de travaux en l'espace de quelques jours, fin juin, mais c'était «encore trop long» pour la Ville de Québec. 
M. Labeaume et son vice-président exécutif, Jonatan Julien, un ancien d'Infrastructures Québec, avaient alors évoqué la possibilité de passer outre à la Directive sur la gestion des projets majeurs d'infrastructure publique du gouvernement du Québec, qui détaille les étapes à suivre avant d'engager des fonds publics dans un grand projet. Mais l'idée n'a pas été retenue. 
«Il y a des lois, il y a des règlements, il y a des technologies. On ne peut pas sauter par-dessus ça, mais on va faire le maximum [...] Demandez-nous pas combien de temps ça va prendre, mais je peux vous dire qu'on va faire le maximum», a résumé l'élu municipal. 
Robert Poëti a confirmé que le provincial allait suivre le parcours imposé par la directive, mais qu'il tenterait de raccourcir, voire d'éliminer les délais entre les différentes étapes. En sauvant quelques mois par-ci par-là, il pense pouvoir gagner une année ou deux au final. 
«On ne peut pas le faire dans tous les projets, je dois vous l'avouer, mais dans ce cas-ci, c'est une urgence, c'est une priorité. Notre gouvernement, M. Couillard s'est engagé. Comme ministre, je crois aussi à la réalisation de ce projet-là d'une façon plus réaliste», a-t-il insisté. 
M. Poëti a répété que l'élargissement d'Henri-IV était sa priorité pour la région de Québec, au même titre que le recouvrement de l'autoroute Ville-Marie pour Montréal, dont il parlait justement la veille. Cela ne veut pas dire que d'autres projets routiers seront mis sur la glace dans la Capitale-Nationale, a-t-il assuré, convaincu de pouvoir «faire mieux avec ce qu'on a». 
Le ministre s'est engagé à suivre le dossier de près et le maire Régis Labeaume en était ravi. «Comme maire de Québec, je peux vous dire aujourd'hui que j'ai la certitude que le gouvernement du Québec veut réaliser Henri-IV le plus tôt possible et ça, pour moi, c'est important», a lancé ce dernier. 
Il a tempéré en rappelant que c'est un grand projet qui demande un minimum de temps. «C'est 400 millions $, c'est un amphithéâtre cette affaire-là. Et en passant, comme le dit le ministre, on peut le faire plus vite, mais il faut tout fermer. Pas sûr que le monde de Québec a le goût de ça.»