Feu rouge

Le virage à droite au feu rouge remis en question par la FADOQ

La conduite peu enviable des Québécois nous force à remettre en question le droit de tourner à droite au feu rouge, estime la Fédération de l'âge d'or (FADOQ) du Québec.
La Table québécoise de la sécurité routière a déposé vendredi son troisième rapport, dans lequel elle demande notamment aux municipalités de revoir la pertinence de permettre le virage à droite au feu rouge. Le président de la table, Jean-Marie De Koninck, a plaidé que les personnes vulnérables faisaient les frais de ce privilège accordé aux automobilistes.
Depuis 10 ans, six piétons sont décédés après avoir été frappés par des automobilistes tournant à droite sur un feu rouge. Toutes les victimes étaient âgées de 65 ans et plus.
Aujourd'hui, la Fédération de l'âge d'or du Québec applaudit le questionnement soulevé par Jean-Marie De Koninck. «Malheureusement, ce qu'on voit souvent - et ce n'est pas pour se distinguer -, mais au Québec, on ne conduit pas nécessairement aussi bien que dans d'autres provinces et dans d'autres endroits où l'on peut tourner sur le feu rouge», fait remarquer au Soleil le directeur général du Réseau FADOQ, Danis Prud'homme.
Surveillance policière accrue
Les Québécois n'ont pas bien compris l'essence du virage à droite, estime Danis Prud'homme. «On sait qu'il faut faire un arrêt complet, regarder comme il faut. Souvent, les gens continuent sans même faire d'arrêt, ce qui est très dangereux. Qu'on soit une personne âgée, un enfant ou un adulte.»
Le directeur général du Réseau FADOQ demande que la surveillance policière soit accrue aux intersections problématiques. Il croit aussi que les municipalités devraient tout simplement interdire le virage à droite dans les artères où vivent ou travaillent des personnes vulnérables. «Il faut réévaluer dans les endroits plus achalandés. Peut-être qu'il y a lieu de se questionner au niveau des écoles, autour des hôpitaux», souligne Danis Prud'homme. «Il faut sérieusement se poser la question, parce que comme Québécois, on n'est pas les meilleurs conducteurs pour ce qui est de la politesse pour laisser traverser les piétons - même quand ils ont droit de traverser!»
Le virage à droite au feu rouge est un privilège depuis 10 ans au Québec, et non un droit. Les automobilistes peuvent effectuer cette manoeuvre - lorsque la signalisation le permet - en arrêtant complètement leur véhicule avant de tourner. Lors d'un feu piétonnier - comme à Québec -, les piétons conservent la priorité en tout temps sur les automobilistes souhaitant tourner à droite.
Courte traversée
Le rapport de la Table québécoise de sécurité routière appelle également les municipalités à revoir les temps de traversée lors des feux piétons. Une réalité qui touche particulièrement les aînés, souvent plus lents à traverser les artères. La capitale est visée de plein fouet par cette recommandation, la Ville ayant fait le choix de recourir à des feux piétons exclusifs. Les piétons ont ainsi le droit de circuler seulement lors des feux piétonniers.
Alors que plusieurs villes d'Amérique du Nord permettent aux piétons d'avancer lors des feux verts, Québec l'interdit. La durée du temps de traversée officiel devient donc fort importante.
Or, les personnes âgées n'y arrivent tout simplement pas, soutient le directeur général du Réseau FADOQ. «On le voit dans bien des cas, avec des intersections relativement courtes, mais où l'on a 40 secondes pour traverser. Pour d'autres intersections, qui sont relativement longues, on a seulement 20 secondes!» dénonce Danis Prud'homme. «Il y a une attention particulière à apporter au niveau de l'urbanisation dans les villes pour s'assurer qu'on donne le temps de traverser.»