Le Camille-Marcoux (à gauche) prendra la relève du F.-A.-Gauthier, dès la fin mai ou le début juin.

Le vieux traversier Camille-Marcoux de retour à Matane

L'ancien traversier Camille-Marcoux, qui a assuré la liaison entre Matane et la Côte-Nord pendant 41 ans, est de retour dans son ancien port d'attache de Matane. Il prendra la relève de son successeur, le F.-A.-Gauthier, qui entrera en cale sèche chez Verreault Navigation dès la fin mai ou le début juin.
«Je suis pas capable de donner une date spécifique parce qu'on a d'autres navires avant le Gauthier», fait savoir le président de Verreault Navigation, Richard Beaupré.
Le F.-A.-Gauthier a été construit par le chantier italien Fincantieri au coût de 175 millions $ et livré à la Société des traversiers du Québec (STQ) en avril 2015, après plusieurs mois de retard. Moins de six mois de navigation plus tard, une centaine de bris et de dérèglements ont été recensés sur le nouveau bateau, dont son système de propulsion au gaz naturel liquéfié, le premier du genre en Amérique du Nord, qui ne fonctionnait pas.
Certains aspects liés à la négociation du contrat entre les chantiers bas-laurentien et italien ont été litigieux avant d'en arriver à une entente. «Ils nous ont envoyé un contrat à signer avec certaines clauses qu'on ne pouvait pas respecter, a précisé la présidente et chef de la direction du Groupe maritime Verreault, Denise Verreault. Après négociation, on s'est entendus.»
Les travaux en cale sèche sont prévus pour une durée de 7 à 10 jours. Selon le président de Verreault Navigation, le contrat n'inclut pas la liste des éléments à réparer ou à ajuster en vertu de la garantie d'un an convenue au contrat entre Fincantieri et la STQ. «Le seul arrangement qu'on a avec Fincantieri, c'est d'entrer le bateau en cale sèche et de fournir les services, explique Richard Beaupré. Après ça, on sait pas ce qu'on va faire en cale sèche. On va le savoir après.»
Selon l'homme d'affaires, Fincantieri mandatera des sous-traitants qui ont travaillé sur les systèmes du F.-A-Gauthier afin de faire les vérifications et les supervisions au chantier maritime Verreault. «La garantie, dans un sens, c'est pas notre affaire, précise M. Beaupré. Notre contrat, il est avec Fincantieri et non avec la Société des traversiers du Québec. C'est eux qui vont décider ce qu'ils ont besoin de faire faire pour respecter la garantie et on va faire les réparations nécessaires.»
Plusieurs citoyens de Matane se réjouissent du retour du Camille-Marcoux, après être resté amarré au port de Québec pendant tout l'hiver. «Notre bon vieux Camille, c'est le meilleur», dit une dame en apprenant son retour. «Ça, c'est un bon bateau, renchérit un citoyen de Matane. C'est pas comme la scrap des Italiens!»