Si tout va comme prévu, l’Apollo débutera sa nouvelle vie de récif artificiel à compter de l’été 2020.

Le traversier «Apollo» sera coulé pour créer un récif artificiel à Godbout

BAIE-COMEAU – L’Apollo, ce traversier qui devait assurer la relève du F.-A.-Gauthier entre Matane et la Côte-Nord, mais qui n’aura finalement fait le travail que quelques jours, finira en toute logique ses jours au fond du Saint-Laurent. Il coulera toutefois de façon tout à fait volontaire.

En effet, la Société des traversiers du Québec (STQ) a finalement accepté le projet de la municipalité de Godbout, sur la Côte-Nord, de lui céder l’Apollo au coût d’un dollar afin d’en faire un récif artificiel pour la plongée sous-marine. Le projet sera concrétisé par un nouvel organisme à but non lucratif, la Société Apollo de Godbout.

Le maire du village de 250 résidents, Jean-Yves Bouffard, avait émis cette idée le printemps dernier afin que la STQ «redore un peu son blason» auprès de la localité, qui a souffert de l’absence du F.-A.-Gauthier et des péripéties de ses nombreux remplaçants. Avec Baie-Comeau, Godbout est l’autre quai du traversier sur la Côte-Nord. La présence du navire représente une source de revenus non négligeable pour le village.

«On a eu un gros hiver de misère», de rappeler M. Bouffard, appuyé sans réserve dans ce projet par son collègue de Baie-Comeau, Yves Montigny. Si tout va comme prévu, l’Apollo débutera sa nouvelle vie de récif artificiel à compter de l’été 2020.

Dans l’entente, la STQ s’engage à défrayer les coûts de préparation du navire pour sa dernière expédition, jusqu’à hauteur de 2 millions $. Il s’agit du coût minimum qu’aurait dû débourser la Société de toute façon pour expédier le rafiot chez un recycleur. «On s’attend qu’on va être capable d’arriver avec ça sans problème», d’enchaîner le maire. Les travaux de décontamination seront réalisés par une firme de Vancouver spécialisée dans le domaine des récifs artificiels.

«Non seulement ce projet deviendra une nouvelle attraction pour de nombreux visiteurs, mais il permettra de conclure l’aventure de l’Apollo sur une note positive», a souligné pour sa part le président-directeur général de la STQ, Stéphane Lafaut. L’organisme a bien tenté de vendre l’Apollo, mais sans succès.

On se souviendra que l’épopée de l’Apollo entre Matane et la Côte-Nord n’a guère été reluisante. Acquis en janvier sans inspection préalable au coût de 2,1 millions $ de Labrador Marine, qui s’en débarrassait parce qu’il ne pouvait plus assurer le service entre Blanc-Sablon et St.Barbe, à Terre-Neuve, le navire a nécessité des travaux de 1,5 million $ avant de reprendre la mer. 

Au fil des problèmes de toutes sortes, il n’aura finalement fait son service que quelques jours et la STQ a annoncé en mars qu’elle le retirait de la circulation.

L’Apollo est notamment entré en collision avec les quais de Matane et de Godbout. Durant de longues semaines, les usagers de la traverse en ont été quittes pour faire le trajet par la route en passant par Québec, un détour de huit heures au bas mot, ou bien prendre la desserte aérienne instaurée durant les absences du traversier.