Jean-Francois Gosselin (au centre) considère que l’administration Labeaume manque de neutralité concernant l’option du métro.

Le tramway «sur pause», exige Québec 21

Québec 21 interpelle le gouvernement Legault pour qu’il exige de l’administration Labeaume de mettre «sur pause» le projet de réseau structurant de transport en commun et qu’une firme indépendante réalise l’étude qui soutient le choix d’un tramway sur celui d’un métro.

Le chef de l’opposition officielle, Jean-François Gosselin, réagissait mardi, à la demande du ministère de l’Environnement de détailler les raisons qui ont mené la Ville de Québec à choisir un tramway plutôt qu’un métro dans le cadre d’une étude environnementale. Le ministère fait ainsi écho à des questions soulevées dans le cadre d’une consultation citoyenne menée du 9 février au 10 mars sur les enjeux que l’étude d’impact devrait aborder. 

«Ça fait des mois qu’on demande ça, que les études soient faites pour s’assurer que c’est le meilleur projet», a lancé M. Gosselin, alléguant que l’exigence du ministère lui donne raison.

«C’est un pas dans la bonne direction. On demande d’aller plus loin. Ça prend les études de besoins pour tous les modes de transport», affirme-t-il. 

Selon lui, le gouvernement du Québec doit aussi confier à une firme indépendante la réalisation de ces études. Comme son collègue Stevens Melançon, il doute de la bonne foi de l’administration Labeaume. 

Il fait référence à la mise au point lundi du vice-président du comité exécutif et président du RTC, Rémy Normand. Ce dernier a dit qu’il se pliera à l’exercice bien qu’il considère l’exigence ministérielle un «peu farfelue», tenant compte que les gouvernements refuseront de financer un projet de métro, jugé beaucoup trop onéreux.

M. Normand a ajouté que les membres du bureau de projet sur le tramway feront l’analyse rigoureuse qui s’impose pour faire la «démonstration éloquente» que le tramway est toujours le meilleur choix retenu.

«Avant même d’avoir fait les analyses sérieusement, M. Normand a qualifié la demande de farfelue. Il n’y a pas de neutralité. J’ai assisté à une conférence de presse qui frôlait le burlesque», s’offusque le conseiller Melançon.

Enfin, Québec 21 demande de mettre un frein à tout autre investissement dans le réseau structurant de transport en commun avant de connaître les conclusions des études demandées. «Fini l’octroi de contrats de plusieurs centaines de milliers de dollars. Fini l’embauche de personnel pour le projet le temps de compléter les analyses. Au lieu de ça, on a convoqué la presse pour ridiculiser le projet de métro et le soir même on a confirmé l’embauche pour le tramway d’un professionnel des communications pour 150 000 $», s’insurge M. Gosselin.

Le ministre nuance

En impromptu de presse, mardi, le ministre de l’Environnement, Benoît Charette, a précisé la nature de la démarche de son ministère envers la Ville de Québec. «Dans les nouvelles procédures de consultation du ministère, on fait un résumé de ce qui est échangé pendant les consultations [avec les citoyens]».

«Il ne faut pas voir une prise de position du ministère envers le métro, ajoute le ministre. Le ministère ne demande pas d’envisager de construire un métro. On invite la municipalité à répondre à la question des citoyens. C’est à la ville de les rassurer.»

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