Le train de pales éoliennes prévu pour samedi ne passera pas au blocus ferroviaire de Listuguj. Ces trains de 72 wagons portant 48 pales représentent la première source de revenus de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, une entité sous contrôle municipal.
Le train de pales éoliennes prévu pour samedi ne passera pas au blocus ferroviaire de Listuguj. Ces trains de 72 wagons portant 48 pales représentent la première source de revenus de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, une entité sous contrôle municipal.

Le train de pales éoliennes ne passera pas à Listuguj

Gilles Gagné
Gilles Gagné
Collaboration spéciale
LISTUGUJ – La Société du chemin de fer de la Gaspésie a essuyé un refus jeudi avant-midi, lors d’une tentative de convaincre les manifestants bloquant la voie ferrée à Listuguj de laisser passer un train de pales éoliennes prévu pour samedi.

Luc Lévesque, directeur du transporteur ferroviaire, a dépêché un employé afin de souligner que ce train transporte des composantes destinées à produire une énergie renouvelable, espérant ainsi toucher une corde sensible au sein du groupe manifestant pour une cause écologique, l’opposition au pipeline Coastal GasLink, en Colombie-Britannique.

«On a essayé, sans succès. Le canal de communications demeure ouvert. On ne peut rien exiger. Le blocus est dépendant des décisions du groupe. On ne passera pas tant qu’il n’y aura pas de règlement national», dit M. Lévesque.

Les manifestants mi’gmaqs assurent depuis lundi qu’ils n’ouvriront pas la voie ferrée à Listuguj tant que les chefs héréditaires de Wet’suwet’en, en Colombie-Britannique, n’auront pas obtenu satisfaction dans leur effort de protéger un territoire traditionnel, visé par le pipeline de TC Energy sensé acheminer d’ici 2025 du gaz de schiste de Dawson Creek à Kitimat.

Les Mi’gmaqs sont aussi sensibles à ce qui se passe près de Belleville, en Ontario, où des Mohawks entravent le passage des trains depuis le 7 février.

Le président de la Société du chemin de fer de la Gaspésie, Éric Dubé, est d’avis que «le règlement doit venir du gouvernement fédéral», considérant l’ampleur de la crise, même si elle origine d’un projet britanno-colombien.

Les réactions découlant du blocus ferroviaire gaspésien fusent de partout. Le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy, exhorte les Mi’gmaqs à se souvenir que «nous les avons appuyés dans un projet de plus de 300 millions en arrière d’Escuminac», en faisant référence à la construction d’un parc éolien duquel les autochtones de la Gaspésie sont copropriétaires.

À l’inverse, le groupe Environnement vert-plus a invité les élus à montrer de la solidarité à l’endroit des manifestations. «Il y a un consensus large contre la fracturation, tant en Gaspésie qu’à l’international. Les élus municipaux, provinciaux et fédéraux de la région qui se sentent interpelés par la manifestation mi’gmaq doivent résister à la tentation de la dénoncer en raison des conséquences immédiates dans la région. Nous les invitons à se solidariser avec les Wet’suwet’en et à intervenir auprès du gouvernement fédéral afin d’arrêter le pipeline Coastal GasLink», souligne Pascal Bergeron, d’EVP.