Carl Lavoie, archéologue, Louise Slater, présidente de la Société historique du Cap-Rouge, Linda Even, présidente des Fêtes du 100e du tracel et Yvon Lirette, trésorier de la Société historique du Cap-Rouge

Le tracel: majestueux, intrigant... et centenaire

Quand on descend la grande côte de Cap-Rouge, il nous surprend au détour, majestueux, intriguant. Le tracel, de son petit nom, cet énorme viaduc ferroviaire qui enjambe la vallée et la rivière de l'endroit, fait pourtant partie du quotidien des Carougeois depuis belle lurette! La Société historique du Cap-Rouge (SHCR) a décidé de lui réserver cette année un traitement royal pour fêter les 100 ans de sa mise en service officielle.
«C'est le coeur du village. C'est notre paysage à nous!» lance Linda Even, présidente du comité organisateur des festivités entourant les 100 ans du tracel.
«Les plus vieux se rappellent avoir fait des petites folies de jeunesse autour du tracel, des excès de bravoure», lance, sourire en coin, Louise Slater, présidente de la SHCR. «À l'époque, ça rythmait la vie quotidienne des gens», complète Linda Even.
Aujourd'hui, le tracel n'est plus que l'ombre de ce qu'il a été en termes de trafic ferroviaire. Trois ou quatre trains de marchandises le parcourent chaque jour, à une vitesse maximale de 10 miles à l'heure, pour atteindre le parc industriel de Saint-Augustin-de-Desmaures ou encore Saint-Marc-des-Carrières. À son apogée, le mastodonte d'acier pouvait supporter le passage d'une centaine de trains en 24 heures!
<p>Carte postale du tracel de Cap-Rouge, vers 1910</p>
Conférences dans les écoles et tours guidés historiques ont déjà mis la table des festivités ce printemps et cet été. Le point culminant sera toutefois deux jours de fête, les 7 et 8 septembre, en plein coeur du Vieux-Cap-Rouge,sous le thème Cent ans d'histoires, parce qu'«on voulait raconter non seulement la grande histoire, mais aussi toutes les petites histoires qui ont fait ce lieu», explique Linda Even.
Le tracel sera d'ailleurs reconnu cette année comme site historique national de génie civil par la Société canadienne du génie civil.
La Commission de la capitale nationale du Québec (CCNQ) a aussi décidé d'honorer à sa façon l'histoire du tracel, un «ouvrage d'ingénierie important et intéressant», souligne Frédéric Smith, de la CCNQ.
L'organisme a dévoilé mercredi une oeuvre commémorative reprenant un élément du mur mémoire Cartier-Roberval érigé au bas la falaise de Cap-Rouge.
Une occasion de souligner que le tracel fait partie d'une histoire beaucoup plus large, celle d'une communauté érigée sur les fondations de la première tentative de colonisation française en Amérique du Nord. «À Cap-Rouge, il y a un diamant à faire briller!» conclut Linda Even.