Le toit du stade Canac gonflé

Jean-Nicolas Patoine
Jean-Nicolas Patoine
Le Soleil
Un immense ballon blanc sort des entrailles du stade Canac. Le dôme permettant le baseball en hiver a été gonflé, vendredi matin, devant plusieurs dizaines de curieux venus admirer l'élévation de l'imposante structure de 80 pieds de hauteur.

Il s'agit de la troisième étape dans le réaménagement du terrain de l'amphithéâtre du parc Victoria, après la pose d'un tapis synthétique au printemps et la subdivision temporaire en trois surfaces de jeu cet été.

«Enfin, être capable de voir que tout ça fonctionne, qu'on va pouvoir jouer à l'année longue ici, c'est réjouissant», a commenté le président des Capitales, Michel Laplante.

Fascinant de voir cette immense toile de plus de 100 000 livres se hisser tranquillement vers le ciel. Tranquillement pour l'oeil, mais somme toute à vive allure, considérant sa grosseur. Il a fallu environ deux heures pour qu'elle atteigne sa pleine gloire. En son centre, elle flirte avec la hauteur des projecteurs du stade Canac.

Le dôme permettra d'augmenter par neuf fois le temps d'utilisation de la nouvelle surface synthétique du stade. Les joueurs du sports-études des Canonniers de Québec en seront les principaux utilisateurs cet hiver, mais le public peut aussi réserver l'espace pour le baseball, la balle-molle, le soccer et l'ultimate frisbee. Les plages horaires affichent toutefois presque complet, même si plus de 3000 heures de location étaient disponibles.

Pour les jeunes athlètes, le dôme permettra «de récupérer le manque à gagner qu'on a à cause de notre température», explique Jean-Philippe Roy, à la fois entraîneur adjoint des Capitales, directeur du programme des Canonniers et directeur général de Complexe Baseball Victoria (CBV), l'organisme à but non lucratif responsable des travaux au stade Canac. «On joue quatre mois par année ici, versus douze ailleurs. On pense que nos jeunes vont être meilleurs» grâce à cette infrastructure.

«De façon indirecte, si le baseball est en santé, les Capitales vont demeurer plus en santé, souligne Laplante. On a l'impression de remplir notre mandat, celui d'aider au développement du sport, des jeunes, de la communauté. Tout ça est très satisfaisant.»

Cet équipement a coûté 900 000 $ pour le dôme lui-même et 300 000 $ pour le solage nécessaire à son installation. Le dôme a été conçu par The Farley Group, entreprise torontoise considérée comme un leader mondial dans le domaine. Plusieurs structures du genre sont déjà utilisées pour différents sports, dont bon nombre en Ontario. Le terrain de football des Gee Gees de l'Université d'Ottawa, par exemple, est ainsi recouvert pendant l'hiver.

Étant donné l'abondance de neige à Québec, le dôme du stade Canac est plus haut, explique Roy. La neige tombera sur les côtés grâce à l'inclinaison de la tour de toile. Il sera aussi possible de chauffer davantage à l'intérieur pour faire fondre la neige récalcitrante. Cet équipement aurait une durée de vie d'une vingtaine d'années.

L'entrée des sportifs se fera par une porte-tambour (tournante) installée du côté du champ droit. Son utilisation permettra de limiter les fuites d'air. Des roulottes-vestiaires seront aussi placées tout près, le stade Canac n'étant pas isolé pour l'hiver.

La bulle de 230 pieds par 230 pieds sera prête lundi, après l'installation des lumières LED, et de la couche isolante à l'intérieur. Le CBV organise d'ailleurs une inauguration pour les médias, lundi après-midi. Vendredi, il était impossible de pénétrer à l'intérieur de l'enceinte.

Une fois bien gonflé, le dôme sera presque de la même hauteur que les lumières des projecteurs.
La toile est en place, prête (ou presque) à être gonflée au stade Canac.