Le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier, le pdg du Port de Sept-Îles, Pierre Gagnon, ainsi que les ministres Marc Garneau et Jonatan Julien étaient tout sourire pour la confirmation des travaux de réfection du terminal Pointe-aux-Basques.

Le terminal Pointe-aux- Basques rouvrira

SEPT-ÎLES — Le Bella-Desgagnés, le navire qui assure le ravitaillement des villages de la Basse-Côte-Nord, retrouvera enfin son port d’attache. Québec, Ottawa et l’administration portuaire de Sept-Îles se partageront à parts égales la note de travaux évalués à 20 millions $ pour la réfection du terminal Pointe-aux-Basques, fermé depuis octobre 2018.

Le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, était sur la Côte-Nord mercredi matin pour cette annonce qui a réjoui le milieu des affaires de Sept-Îles. Le gouvernement du Québec était représenté par Jonatan Julien, entre autres fonctions ministre responsable de la Côte-Nord.

La part du fédéral provient du Fonds national des corridors commerciaux, nommé programme Transports 2030. La portion provinciale est puisée dans le programme de soutien aux investissements dans les infrastructures de transport maritime.

Le ministre Garneau a souligné que le quai rénové aidera les entreprises de la région à soutenir la concurrence en acheminant leurs produits vers les marchés internationaux. Ce quai «servira de porte d’entrée pour les projets du Nord», a renchéri le ministre Julien.

«Le terminal de Pointe-aux-Basques est un actif stratégique pour la région», n’a pas manqué de faire valoir le président-directeur général du Port de Sept-Îles, Pierre Gagnon. «Il est au cœur du développement régional depuis 70 ans. Il a été le fer de lance pour la construction de Schefferville, Labrador City, Fermont et Churchill Falls», a-t-il ajouté.

Ravitaillement

De nos jours, Pointe-aux-Basques sert principalement à l’entreprise Relais Nordik, pour son navire Bella-Desgagnés. Il se chargeait à cet endroit de conteneurs et de vrac général pour son périple de ravitaillement vers les communautés de la Basse-Côte-Nord qui ne sont pas reliées au reste du Québec par la route 138. Depuis octobre dernier, le Bella accoste au quai des croisières, une infrastructure qui n’est pas conçue pour ce type de manutention.

Les travaux de réfection du quai, qui devraient s’amorcer cet automne pour se conclure 10 mois plus tard, visent notamment la reconstruction du mur de façade, un allongement d’une quarantaine de mètres, l’ajout de bornes d’amarrage et l’amélioration des infrastructures intermodales.

Les autorités du port souhaitent en effet que ces nouvelles installations facilitent le transfert du transport routier vers le maritime, ainsi qu’un meilleur arrimage entre les transports maritime et ferroviaire. «Il faut améliorer l’efficacité du transbordement ferroviaire et maritime», a reconnu M. Gagnon, désirant aussi par la bande réduire le transport lourd sur la 138 en diminuant le nombre de camions de marchandises.

Marché du fer

Cette modernisation arrive également à un bon moment pour le Port de Sept-Îles, car le terminal Pointe-aux-Basques sera appelé à jouer un rôle prépondérant dans l’accroissement prévu du marché du fer. Selon le port, les entreprises minières du nord du Québec et du Labrador pourraient accroître leurs exportations de 20 à 30 millions de tonnes au cours des prochaines années, ce qui fera pratiquement doubler le volume expédié à partir de Sept-Îles.

Pour 2019, le Port de Sept-Îles, le plus important port minéralier en Amérique du Nord, anticipe un volume de 35 millions de tonnes. L’activité économique qu’il génère est évaluée à près de 1 milliard $.