Construit en 1966 et en 1967, le stationnement de la rue Sainte-Marguerite a mal à son ossature. Il faudra rebâtir complètement les dalles de béton qui forment le plancher des troisième et quatrième étages.

Le stationnement Odéon en vente

Un lot spacieux du quartier Saint-Roch sera bientôt sur le marché. L’Université du Québec (UQ) mettra incessamment en vente le stationnement Odéon dont la structure abîmée requiert des soins de quelques millions de dollars… À moins qu’il soit démoli pour laisser place à une tour.

«L’infrastructure du stationnement est un gros boulet à traîner», explique au Soleil Christian Gingras, directeur des ressources matérielles et immobilières au siège social de l’UQ. «Quand on a réalisé l’ampleur des travaux à venir, on s’est demandé si on devait prendre nos énergies et nos ressources à faire ça, ou si c’était mieux que quelqu’un d’autre le fasse. Et on a décidé que l’idéal, ce serait que quelqu’un d’autre le fasse.»

Construit en 1966 et en 1967, le stationnement de la rue Sainte-Marguerite a mal à son ossature. Il faudra rebâtir complètement les dalles de béton qui forment le plancher des troisième et quatrième étages. Un chantier majeur.

Lorsque les experts de l’UQ ont précisé qu’il faudrait réaliser cette besogne «dans les deux prochaines années», la réflexion s’est accélérée.

D’autant plus que la possession et l’exploitation du stationnement étagé se situent en périphérie de l’enseignement, ajoute Isabelle Boucher, vice-présidente à l’administration du réseau universitaire national. «C’est très loin de notre mission.»

Déjà, donc, l’institution a entrepris de reloger les voitures de ses employés. Il en va de même pour les bolides des travailleurs de l’École nationale d’administration publique (ENAP) et de l’Université TELUQ. 

Plusieurs ont accepté de payer un peu plus pour parquer leur engin au chaud dans le sous-sol de l’Institut national de la recherche scientifique (INRS) situé quelques rues à l’ouest.

L’acquéreur aura donc de l’espace pour manœuvrer.

Tel quel

Aussi, le stationnement est vendu tel quel, poursuit Isabelle Boucher. «On l’offre à la vente dans l’état où il est, sans avoir fait les travaux, parce qu’un éventuel acheteur pourrait avoir des visées par rapport à cette infrastructure : l’améliorer, y ajouter autre chose, faire les rénovations…»

Intéressés? «L’appel d’intérêt devrait être publié dans les prochaines semaines», mentionne Christian Gingras. Les gens d’affaires auront environ deux mois pour faire leurs calculs et déposer une offre.

Prix de vente? «C’est une information qu’on va garder pour nous!» L’Université du Québec a mandaté la Société québécoise des infrastructures pour sonder le marché, obtenir le meilleur prix possible. M. Gingras ne veut donc pas s’épancher sur la valeur du bien.

Selon le rôle d’évaluation municipal, le bâtiment et son terrain vaudraient autour de 6,84 millions $. Notre interlocuteur fait cependant remarquer qu’il faut additionner la valeur commerciale de l’exploitation du stationnement. Nous pourrions ajouter qu’il faudra sans doute soustraire les rénovations d’envergure à réaliser.

Cependant, note Isabelle Boucher, si aucune offre attrayante n’est déposée, l’Université du Québec ne ferme pas complètement la porte à conserver la propriété dans son portefeuille immobilier. «Si on demeure propriétaire du stationnement, on ne le démolit pas. On va le rénover, on va faire ce qu’il y a à faire dessus pour le garder en état à long terme, puis on va l’opérer.»

Huit étages permis

Quoi qu’il en soit, un promoteur argenté aura de la latitude pour rêver de l’avenir du lot. Le zonage du terrain de la rue Sainte-Marguerite est permissif. Logements; commerces de vente au détail; lieu de rassemblement; restauration; stationnement; établissement de santé ou d’éducation; industrie de haute technologie…

Sans qu’une dérogation soit exigée, l’administration autoriserait 26 mètres de hauteur. «Ce qui correspond à environ sept ou huit étages», calcule Audrey Perreault, conseillère en communication de la division du marketing de la Ville. Elle précise : «Le projet devra respecter les normes et sera soumis à l’approbation de la Commission d’urbanisme et de conservation de Québec [CUCQ].»