Projection du SRB dans le secteur de l'amphithéâtre

Le SRB pas suffisant pour répondre à la demande, croit un expert

L'argument des coûts ne fait pas foi de tout et Québec aurait avantage à envisager sérieusement de se doter d'un tramway plutôt qu'un service rapide par bus (SRB), estime un expert, qui juge que le jeu en vaut la chandelle.
«Un SRB, ça coûte cher. Et la différence entre 1,2 milliard $ [pour un SRB] et 2 milliards $ [pour un tramway] n'est pas si grande que ça. Et peut-être que ça vaut la peine d'aller vers une solution plus intéressante à long terme. Les faibles coûts, ce n'est pas toujours un argument. Il n'y a pas grand monde qui prend toutes ses décisions en fonction de la minimisation des coûts.»
C'est l'avis de Paul Lewis, doyen de la faculté de l'aménagement de l'Université de Montréal. M. Lewis participait ce matin à un panel lors du déjeuner du Colloque de l'Institut de développement urbain (IDU) du Québec, à l'Université Laval.
Questionné sur la capacité du SRB à répondre à la cible qui vise à doubler la part modale du transport en commun d'ici 2031, établie dans le plan métropolitain d'aménagement et de développement de la Ville, il a émis des doutes. «Est-ce que le SRB va nous permettre d'atteindre les objectifs qu'on s'est donnés? Moi, j'en doute.»
Plusieurs villes de la taille de Québec dans le monde se sont déjà dotées de systèmes sur rail, souligne-t-il, et c'est le moyen le plus efficace d'amener les gens vers le transport en commun.
Il souligne qu'avec la mise en service du SRB prévue seulement en 2025, le délai est trop long. «Il va s'en passer des choses d'ici 10 ans. (...) Plus on attend, moins les gens sont capables de prendre des décisions en fonction du transport collectif.»