Après avoir déploré l'absence d'un «signal clair» pour le SRB, le Réseau électrique métropolitain et la ligne bleue du métro de Montréal dans le budget fédéral, le gouvernement Couillard fait sa profession de foi envers le transport en commun dans son propre opus.

Le SRB d'abord, le troisième lien ensuite

Le gouvernement du Québec débloque 56 millions $ pour réaliser les plans et devis du système rapide par bus (SRB), mais ne chiffre pas encore sa participation dans le projet élevé au rang de priorité. Une somme de 20,5 millions $ est également réservée pour la création du bureau de projet sur un éventuel troisième lien routier entre Québec et Lévis.
Après avoir déploré l'absence d'un «signal clair» pour le SRB, le Réseau électrique métropolitain et la ligne bleue du métro de Montréal dans le budget fédéral, le gouvernement Couillard fait sa profession de foi envers le transport en commun dans son propre opus.
Le Plan économique du Québec réitère l'appui à ces trois initiatives majeures et assure que les sommes pour les concrétiser sont réservées sans toutefois donner de détails car des estimations plus justes sont attendues. 
Le projet de SRB récolte néanmoins 56 millions $, lesquels seront versés au bureau d'étude en place pour réaliser les plans et devis en fonction du tracé et du matériel roulant en voie d'être choisis. L'enveloppe permettra également de compléter le dossier d'affaires, la clé pour obtenir les dernières autorisations avant la phase de réalisation. 
L'échéancier prévoit toujours le début des travaux de construction en 2019 et l'ouverture d'un premier segment en 2022, malgré la volonté du maire Régis Labeaume d'aller plus vite. Il y a toutefois encore moyen d'économiser du temps d'ici là. 
Le ministre des Transports, Laurent Lessard, considère avoir livré la marchandise pour la région de Québec. «Ça correspond à 100 % de la demande du maire de Québec» pour le SRB, a-t-il souligné d'entrée de jeu. 
Quant à savoir quel pourcentage du montage financier final le provincial assumera, M. Lessard affirme qu'il est trop tôt pour le dire. «Dans les plans et devis, on va être capable d'illustrer le coût de ce projet-là et identifier la cible budgétaire. Rendu là, on précisera notre intention.» Les estimations varient entre 1 et 1,4 milliard $. 
La Ville de Lévis, et dans une moindre mesure celle de Québec, s'inquiètent de la décision du fédéral de plafonner à 40 % son financement des nouveaux projets de transport en commun. Selon le ministre des Transports, les villes pourront ajuster le projet à leurs ambitions, en revoyant les parcours pour diminuer les coûts. Il constate également qu'il y a moins de contraintes à la construction des corridors réservés pour les autobus articulés dans les rues de Lévis, ce qui pourrait l'avantager financièrement. «La facture est pas pareille en immobilisations [et en services] d'un côté et de l'autre», dit M. Lessard, qui refuse toutefois de conclure à un SRB substantiellement modifié sur la rive sud. 
Deux nouveaux projets de transport de la région de Québec font également leur apparition dans la section «à l'étude» du plan québécois des infrastructures (PQI) 2017-2027. Il s'agit de l'élargissement - qualifié d'«amélioration» - de l'autoroute Laurentienne entre la sortie Lebourgneuf et la rue de la Croix-Rouge à Québec ainsi que l'implantation d'un nouveau lien routier entre les deux rives. 
Il n'y a pas de trace du bureau de projet dans les documents du budget, mais le ministre Lessard a annoncé que l'organisation, essentiellement une réplique du comité politique déjà en place, sera doté d'un budget initial de 20,5 millions $ pour réaliser des études de circulation et techniques. Les maires de Québec et Lévis s'en réjouissent. 
À noter
• 56 M $ pour les plans et devis du SRB
• 20,5 M $ pour le bureau de projet du troisième lien
Objet de tension entre Québec et Lévis
Bras de fer inusité entre les maires de Québec et Lévis, mardi, après le dépôt du budget provincial. Régis Labeaume a annoncé son intention d'accaparer les 56 millions $ prévus pour les plans et devis du SRB pour les consacrer à une première phase de déploiement qui ne concernerait que la rive nord. Gilles Lehouillier ne l'entend pas ainsi.
«Avec ce que j'ai lu dans les journaux ce matin, le 56 millions $ va aller sur la rive nord, pour la première phase sur la rive nord tout simplement», a lancé le maire de Québec au détour d'une question. Il référait aux propos de son homologue lévisien, qui a réaffirmé être incapable de contribuer au financement du SRB.
Il n'en fallait pas plus pour que M. Labeaume conclue que «Lévis n'embarquait pas». Lui, au contraire, se dit prêt à participer pour garantir la réalisation du grand projet de transport en commun attendu depuis des années. Il en fait même une priorité politique. 
Jusqu'ici, il a été question de déployer d'abord le nouveau service dans le secteur des ponts, où la congestion est très importante aux heures de pointe. M. Labeaume assure maintenant que «ce sont des segments très précis sur la rive nord» qui lanceront le mégaprojet, qui pourrait compter trois ou quatre phases au total. 
«C'est la première nouvelle que j'en ai», a réagi Gilles Lehouillier quelques minutes plus tard. «C'est pas ce que M. Lessard (Laurent, le ministre des Transports) a dit. Il a dit qu'on devra revoir nos coûts, nos façons de faire. Ça, on le savait déjà. Nous, on attend la suite des choses. Au comité directeur, il n'y a eu aucune décision de prise à cet égard-là.»
M. Lehouillier a assuré qu'il «ne cherche pas la chicane» dans le dossier, mais «des terrains d'entente» pour que le SRB se concrétise. Il se dit «toujours dans la game», même si sa capacité de payer et la longueur du parcours sur la rive sud l'incitent à réviser le projet. 
Au cabinet du ministre des Transports, l'attaché de presse Mathieu Gaudreault a indiqué que le projet était toujours envisagé dans une perspective Québec-Lévis. «Le gouvernement s'est engagé, on a mis des sommes de l'avant pour le SRB pis on va continuer de travailler sur ce projet-là pour la capitale nationale», a-t-il déclaré.
Motion contre la démolition du pont de Québec
Une motion ayant pour but de reconnaître «le caractère historique et patrimonial du pont de Québec» et déclarant que «sa disparition serait une perte importante et qu'il ne saurait être question de le démolir» a été présentée mardi à l'Assemblée nationale. C'est la députée du Parti québécois Agnès Maltais qui a déposé la motion avec l'appui de tous les partis politiques et des indépendants. Le vote sera pris mercredi, mais tout indique que la motion sera adoptée. Cette démonstration de force survient après que Le Soleil eut révélé lundi que la candidature du pont de Québec n'a pas été soumise en vue d'une reconnaissance par l'UNESCO. Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a aussi affirmé le même jour qu'il n'était «pas en position de fermer la porte» à une démolition. Son parti assure qu'il n'a jamais souhaité que cela se concrétise et qu'il votera donc en faveur de la motion. «Dans la région, il n'y a jamais personne qui a imaginé un instant qu'on puisse démolir le pont de Québec qui est célébré comme un monument patrimonial», a souligné Mme Maltais, célébrant la volte-face caquiste.